Le Français d’origine algérienne de 29 ans, interpellé à Marseille (sud de la France) le 30 mai avant d’être extradé fin juillet en Belgique, a comparu à huis-clos devant la chambre du conseil de Bruxelles, dans un palais de justice placé sous haute sécurité.

Ses avocats ont indiqué après l’audience qu’ils n’avaient pas réclamé sa remise en liberté, « ce qui n’est absolument pas un aveu de culpabilité ». Mehdi Nemmouche est accusé d’avoir commis l’attaque qui a fait quatre morts –deux Israéliens, une Française et un Belge– le 24 mai.

« Ce dossier est le théâtre des extravagances les plus incroyables », a lancé l’un de ses avocats belges, Sébastien Courtoy. « Il y a quand même un grand problème: c’est qu’il n’y a pas de preuve directe de la présence directe de M. Nemmouche sur les lieux », a-t-il ajouté.

« A un moment, ça devient embarrassant et gênant. Alors on nous sort des journalistes qui viennent dire +On a été pris en otage, c’était un bourreau, c’était Klaus Barbie+ », a ajouté Me Courtoy.

Après des informations du journal Le Monde, un ex-otage français en Syrie, le journaliste Nicolas Hénin, a révélé le 6 septembre que Mehdi Nemmouche avait été l’un de ses geôliers et l’avait frappé pendant sa détention.

Il est soupçonné d’avoir été membre du mouvement jihadiste radical de l’Etat islamique (EI).

Bien que n’ayant « reçu aucune information » officielle sur ces accusations, les avocats de Mehdi Nemmouche ont « demandé que ce dossier soit joint au dossier belge ». « En cours d’assises, nous expliquerons également comment il se fait que M. Nemmouche se soit retrouvé en présence d’un sac avec les armes », a dit Me Courtoy.

Contrôlé à la descente d’un autocar arrivant de Bruxelles, six jours après la tuerie, Nemmouche avait été trouvé en possession d’un fusil d’assaut Kalachnikov et d’un revolver similaires à ceux utilisés dans l’attentat, ainsi que d’une caméra portative GoPro.

Capture d'écran montrant le tueur masqué muni de deux sacs à l'extérieur du Musée juif de Bruxelles (Crédit :  AFP PHOTO  BELGA / FEDERAL POLICE HAND OUT)

Capture d’écran montrant le tueur masqué muni de deux sacs à l’extérieur du Musée juif de Bruxelles (Crédit : AFP PHOTO BELGA / FEDERAL POLICE HAND OUT)

Selon le parquet fédéral belge, une vidéo avait aussi été trouvée dans la mémoire de son appareil photo, dans laquelle une voix semblable à la sienne déclarait avoir commis le massacre.

Parmi les vêtements du suspect, il y avait aussi une casquette semblable à celle que portait le tueur, d’après les images de vidéosurveillance diffusées par la police belge.

Me Courtoy a par ailleurs qualifié de « pitreries » et « d’excentricités » les informations du quotidien français Libération, qui a affirmé que Mehdi Nemmouche avait projeté un attentat à Paris le 14 juillet.

« Le ministre de l’Intérieur (Bernard Cazeneuve), dans lequel nous avons trouvé un allié inattendu, a été obligé, étant donné la déraison massive des accusations qui circulent dans la presse, de démentir lui-même cette information », a-t-il ajouté.

Libération a maintenu sa version.