Le Premier ministre israélien a exprimé mardi sa « grave préoccupation » au président russe Vladimir Poutine en estimant que la décision de lever l’interdiction de vendre de missiles S-300 à l’Iran augmenterait son « agressivité ».

Lors d’un entretien téléphonique, Netanyahu a déclaré que cette mesure allait « augmenter l’agressivité de l’Iran dans la région et saper la sécurité au Moyen-Orient », selon un communiqué de son bureau.

Mais Vladimir Poutine l’a assuré qu’une éventuelle livraison de batteries sol-air sophistiquées S-300 à l’Iran ne représentait « aucune menace » pour Israël, a indiqué le Kremlin dans un communiqué.

Le président russe a expliqué en détail la logique des décisions du gouvernement russe dans le contexte actuel et souligné le fait que compte tenu de leurs caractéristiques tactiques et techniques, « les S-300 ont une signification purement défensive et ne représentent aucune menace pour Israël ».

La Russie n’a annoncé aucune date de livraison, et a souligné qu’il faudrait de toute façon au moins six mois pour achever la fabrication.

L’annonce du Kremlin, qui a déplu aussi aux Etats-Unis, intervient après la conclusion le 2 avril d’un accord-cadre entre l’Iran et le groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Allemagne) qui permet certaines activités nucléaires civiles iraniennes avec la garantie qu’elles resteront exclusivement pacifiques, contre la levée des sanctions internationales.

Restent à régler des modalités techniques et juridiques complexes d’ici à la fin juin pour parvenir à un accord définitif. Les négociations doivent reprendre le 21 avril, selon Téhéran.

Israël, qui considère l’Iran comme une menace existentielle, assure que l’option militaire d’une frappe contre les installations nucléaires iraniennes est toujours sur la table.

Dans un nouveau communiqué publié en soirée, Netanyahu a estimé que « la vente d’armement sophistiqué à l’Iran » était « le résultat direct de l’accord dangereux sur la table entre l’Iran et le groupe 5+1 ».

« Est ce que quelqu’un peut encore sérieusement prétendre que l’accord avec l’Iran améliorera la sécurité au Moyen-Orient », a demandé le Premier ministre israélien.

L’Iran a affirmé que la décision de Moscou, annoncée lundi, serait un pas en direction d’une « stabilité et sécurité durables dans la région ».