Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé vendredi qu’il abandonnerait temporairement le poste de ministre des Communications pendant une période de trois mois. La décision a été prise alors que la pression s’accroit sur lui pour qu’il démissionne suite au scandale pour corruption.

S’adressant aux journalistes lors de son vol retour des États-Unis, Netanyahu a déclaré que le ministre de la Coopération régionale, Tzachi Hanegbi, le remplacerait pendant cette période.

Netanyahu n’a pas justifié sa décision, mais il a été soumis à des pressions croissantes qu’il le poussait à renoncer au ministère en raison de l’enquête policière sur des allégations selon lesquelles Netanyahu et l’éditeur du quotidien Yedioth Ahronoth, Arnon Mozes, auraient négocié un accord illicite, où le Premier ministre se serait engagé à faire adopter une loi pour entraver la distribution d’un quotidien rival en échange d’une couverture plus favorable du journal Yedioth Ahronoth.

Le dirigeant de l’Union sioniste Isaac Herzog a critiqué cette décision temporaire et la nomination de Hanegbi par Netanyahu.

Vendredi après-midi, Herzog a déclaré que « le transfert de l’autorité du portefeuille des Communications pour une période de trois mois après mon appel à la Haute Cour de justice est une triste plaisanterie de la part de Netanyahu ».

« Ce n’est qu’une fuite temporaire par rapport à ce qui est connu à l’avance », a-t-il ajouté.

Herzog et l’Union sioniste ont déposé une requête le mois dernier auprès du tribunal demandant que Netanyahu soit suspendu de son poste auxiliaire en tant que ministre des Communications, arguant que les dernières révélations sur les enquêtes criminelles qui pèsent sur Netanyahu ne lui permettaient plus de rester à ce poste.

« Il est clair pour tout le monde que Netanyahu fait face à un grave conflit d’intérêts en tant que ministre des Communications, et je demande à nouveau que le portefeuille soit transféré immédiatement », avait déclaré Herzog à l’époque.

Netanyahu a expliqué qu’il examinerait la situation dans trois mois. Il occupe actuellement le poste de ministre des Affaires étrangères ainsi que son poste de Premier ministre.

Le Premier ministre fait l’objet d’une enquête dans deux affaires distinctes. Le premier, connu sous le nom d’ « Affaire 1 000 », examine des allégations selon lesquelles lui et sa famille ont reçu des cadeaux de luxe qui s’élèvent à une valeur de plusieurs centaines de milliers de shekels d’hommes d’affaires, dont le producteur de films israélien Arnon Milchan.

La deuxième enquête, connue sous le nom d’ « Affaire 2000 », concerne les enregistrements de conversations entre Netanyahu et Mozes.

Même avant les scandales pour corruption, il avait été appelé à renoncer à certains de ses ministères.

En avril dernier, le parti Yesh Atid avait déposé une requête à la Haute Cour contre le nombre de portefeuilles que Netanyahu s’était réservé à l’époque : la Santé, la Coopération régionale, les Communications et les Affaires étrangères, ainsi que le poste de Premier ministre.