Alors que la conférence d’une faction nationaliste de droite s’est réunie mardi pour adopter une initiative diplomatique encourageant l’émigration palestinienne depuis la Cisjordanie, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré aux personnes présentes, par vidéo, qu’il était « heureux » de voir les participants s’intéresser à l’avenir d’Israël.

Les propos de Netanyahu ont été tenus par le biais d’une vidéo pré-enregistrée, diffusée lors de l’ouverture de la première conférence diplomatique du parti de l’Union nationale à l’hôtel Leonardo de Jérusalem.

« J’ai été heureux d’entendre que vous alliez consacrer les discussions de cette conférence à l’avenir de la Terre d’Israël », a déclaré Netanyahu dans la vidéo.

Netanyahu s’est ensuite enorgueilli des accomplissements de l’Etat au cours des 70 dernières années, ajoutant que « nous construisons la terre et nous nous y établissons. Dans les montagnes, dans les vallées, en Galilée, dans le Néguev, et oui, en Judée et Samarie aussi. Parce que c’est notre terre. Le foyer du peuple juif. La seule terre promise à nos aïeux. On nous a donnés le droit de nous établir ici. Et nous devons la garder avec attention. »

« Et c’est ce que nous faisons », a-t-il ajouté, concluant par une citation biblique.

Faction du parti nationaliste HaBayit HaYehudi, l’Union nationale est représentée à la Knesset par le ministre de l’Agriculture Uri Ariel, de la sous-faction Tekuma, et par le vice-président de la Knesset Bezalel Smotrich, tous deux présents dans le public mardi.

Bezalel Smotrich, député du parti HaBayit HaYehudi, pendant la conférence de l'Union nationale à Jérusalem, le 12 septembre 2017. (Crédit :  Hillel Meir et Or Alexenberg)

Bezalel Smotrich, député du parti HaBayit HaYehudi, pendant la conférence de l’Union nationale à Jérusalem, le 12 septembre 2017. (Crédit : Hillel Meir et Or Alexenberg)

La centaine de membres de l’Union ont voté ensuite à l’unanimité l’adoption du plan « Un espoir » de Smotrich comme solution au conflit israélo-palestinien. Le « plan de la victoire », comme il l’appelle, encourage les Palestiniens vivant en Cisjordanie à émigrer dans les pays arabes voisins s’ils n’acceptent pas de « renoncer à leurs aspirations nationales et à vivre en tant qu’individus au sein de l’Etat juif […] sans droit de vote à la Knesset. »

Les forces de sécurité qui, selon Smotrich, bénéficieront de plus de libertés qu’elles n’en ont aujourd’hui, « seraient amenées à gérer avec fermeté » les Palestiniens qui refuseraient d’accepter l’une de ces options.

Le député du parti HaBayit HaYehudi a également évoqué les critiques qui affirment qu’un tel scénario pourrait être considéré comme un apartheid. « Ne pas avoir le plein droit de vote au parlement national n’entraîne pas une gouvernance basée sur l’apartheid. Au maximum, c’est un élément qui manquera dans le panier des libertés ou encore, si on veut, un déficit de démocratie », a-t-il jugé.

Utilisant des phrases empruntées au président américain Donald Trump, Smotrich a expliqué que son plan, qui appelle l’annexion par Israël de toute la Cisjordanie, « nettoie le terrain » du discours actuel sur le conflit en « s’attaquant à ses racines ».

Netanyahu s’est publiquement opposé à l’annexion et aux efforts de « transfert » visant à délocaliser les Palestiniens.