Il n’y a eu ni tambours ni fanfares pendant la visite du Premier ministre Netanyahu au Japon, selon Kenneth Grossberg, un professeur israélien vivant à Tokyo.

Dans la déclaration commune de Netanyahu et du Premier ministre japonais Shinzo Abe, on y parle de la sécurité en générale et des problèmes de coopération régionale mais pas des accords commerciaux, ni des projets de coopération et d’affaires qui accompagnent habituellement ce genre de notes officielles, en particulier lorsque les pays concernés sont deux puissances économiques.

Kenneth Grossberg, un expert des liens commerciaux existant entre ​​Israël et le Japon, souligne que le silence avant une annonce importante reflète les moeurs japonaises.

« Les Japonais sont très intéressés par la croissance de leurs relations économiques et commerciales avec Israël, mais préfèrent le passer sous silence, en partie parce qu’ils craignent encore le boycott arabe. »

Netanyahu a visité mardi le siège du géant de l’électronique Panasonic Tokyo et, lors d’un déjeuner d’affaires, a fait l’éloge des relations entre Israël et le Japon, en expliquant que l’activité de la Chambre de Commerce Israël-Japon a été « significative et importante ».

Cette réunion n’a pas été suivie par de grandes annonces, mais il est probable que des annonces de nouveaux accords avec Panasonic ou une autre société viendront après le retour de Netanyahu en Israël jeudi soir.

Elles seront faites « d’une manière mesurée et contrôlée qui apaise la nervosité des Japonais », a déclaré Grossberg. « En fait, je n’ai aucun doute que de telles transactions et accords sont signés par les deux dirigeants. »
Si les dirigeants des entreprises japonaises craignent encore le boycott arabe, ils sont peut être les dernières personnes en Asie qui craignent des dommages économiques en raison de liens avec Israël.

L’Inde, la Chine, la Corée du Sud, Singapour et le Vietnam ont une relation prospère et croissante avec la Nation Start-Up.

Selon un récent rapport de ministère de l’économie, Israël, pour la première fois, exportera plus dans les pays d’Asie de l’Est que ce les États-Unis.

L’Israël Trade Mission [mission commerciale d’Israël] en Chine recense près de 300 entreprises israéliennes qui font des affaires là-bas, et, selon l’Israel Export Institute [Institut israélien des exportations], la présence des entreprises israéliennes en Inde va croître de manière significative dans les années à venir grâce à la mise en œuvre d’un accord de libre-échange entre les deux pays.

Le Japon a apparemment quitté « la fête de l’Asie » d’Israël, ou du moins a poliment décliné son invitation.

La faute en incombe plus à Tokyo qu’à Jérusalem, dit Grossberg, un nouvel immigrant américain [oleh] en Israël qui a travaillé dans des sociétés israéliennes pendant des années, avant de devenir le premier professeur non-Japonais à être titularisé au programme de MBA en gestion internationale à l’Université de Waseda de Tokyo, connue comme le «Yale du Japon ». »

« Le Japon est une société très conservatrice, et les points de vue et les préjugés qui ont prévalu pendant des décennies sont très difficiles à briser. Israël a été considéré comme un endroit « dangereux » pour faire des affaires dans le passé, et beaucoup de Japonais s’accrochent encore à cette croyance, même si les temps ont vraiment changé ».

Les fissures dans le mur qui sépare les deux pays s’accroissent de plus en plus, dit Grossberg.

« En avril, un fonds de capital-risque de Tokyo et incubateur appelé Samurai Incubate a annoncé qu’il agira comme un pont entre les start-ups israéliennes et les entreprises japonaises, aidant ces derniers à trouver la technologie israélienne qui peut les aider dans leurs entreprises ».

Grossberg a emmené des dizaines d’hommes d’affaires japonais de haut niveau en Israël dans le cadre de sa tournée annuelle Start-Up Nation [Nation Start-Up].

La visite permet aux participants de visiter certaines des meilleures entreprises israéliennes et des centres multinationaux de R&D, tels que Given Imaging , Mind CTI , Nanometrics, IBM, Google, Philips et Microsoft, ainsi que pour les lieux où se trouvent les start-up, comme le boulevard Rothschild de Tel Aviv, où des dizaines de start-ups ont des bureaux.

Les hommes d’affaires japonais qui se joignent à Grossberg lors de son voyage, tels que ceux qui sont derrière Samurai Incuber, commencent à comprendre la valeur de l’innovation israélienne pour les entreprises japonaises.

La culture japonaise conservatrice met l’accent sur le respect des modes de vie traditionnels, la déférence aux aînés et sur le fait de ne jamais sortir du lot, en contraste direct avec la culture israélienne des start-up, qui encourage les questions, l’exploration, des idées et des styles jeunes.

« Ces Japonais qui sont familiers avec Israël le considèrent comme une société très avancée, mais la plupart ne savent pas grand-chose», déclare Grossberg.

« Quand vous vous asseyez et leur expliquez, ils commencent à comprendre ce qu’est Israël. Dans les jours à venir, je suis sûr que nous allons en apprendre davantage sur les accords passés pendant ce voyage, mais j’ai le sentiment que quelque chose de grand entre Israël et le Japon dans leurs relations d’affaires se passera ».