Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a avoué lundi à la police, pendant son interrogatoire, avoir reçu des cadeaux d’hommes d’affaires, mais a souligné qu’ils étaient totalement légaux, a déclaré mardi son avocat.

Yaakov Weinroth a déclaré à la Deuxième chaîne que le Premier ministre avait nié toute malversation. Les deux hommes d’affaires en question sont de vieux amis du Premier ministre, a-t-il déclaré, et les cadeaux en question ne représentent que « la plus petite des broutilles ».

D’autre part, la Dixième chaîne a annoncé que les cadeaux seraient estimés à des centaines de milliers de shekels. Elle n’a pas précisé si le Premier ministre s’était prononcé sur leur valeur.

Netanyahu sera à nouveau interrogé par la police vendredi matin pour des soupçons de corruption, a annoncé la Deuxième chaîne.

Weinroth a déclaré que Netanyahu était « calme avant » l’interrogatoire de lundi et était toujours calme après. Ayant entendu les questions de la police et les réponses de son client, a-t-il ajouté, « je peux dire avec certitude qu’il peut rester très calme. »

Yaakov Weinroth, l'avocat du Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur la Deuxième chaîne, le 26 novembre 2016. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)

Yaakov Weinroth, l’avocat du Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur la Deuxième chaîne, le 26 novembre 2016. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

Cependant, des sources policières ont déclaré à la Deuxième chaîne que Netanyahu n’avait vu qu’une petite portion des preuves de l’affaire.

Les détails de l’enquête ne sont pas rendus publics. Le procureur général Avichai Mandelblit s’est contenté de déclarer que Netanyahu était soupçonné d’avoir « reçu des cadeaux inappropriés de la part d’hommes d’affaires. »

Quand il lui a été demandé si la population ne devrait pas avoir plus d’informations quand l’objet de l’enquête est le dirigeant du pays, Weinroth a reconnu que les détails devraient être publiés, mais seulement après la fin de l’enquête.

« La population a le droit de savoir et la population saura, une fois que l’enquête sera terminée », a-t-il déclaré, soulignant que dévoiler maintenant ces informations ferait obstacle à l’enquête.

Il a accusé des rivaux du Premier ministre, dont il n’a pas cité les noms, de porter de fausses accusations contre lui, citant comme preuve la fermeture de quatre autres enquêtes contre Netanyahu.

« Il est très simple de prendre un journaliste, d’aller voir la police, de vendre une fausse histoire, a-t-il déclaré. Le Premier ministre est constamment attaqué […] et à chaque fois, il s’avère qu’il n’y avait rien [dans les accusations]. »

Avichai Mandelblit, procureur général d'Israël, pendant une réunion de la commission de la Justice, du Droit et de la Constitution de la Knesset, le 18 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Avichai Mandelblit, procureur général d’Israël, pendant une réunion de la commission de la Justice, du Droit et de la Constitution de la Knesset, le 18 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Après l’interrogatoire de Netanyahu pendant trois heures lundi soir, Mandelblit a confirmé pour la première fois dans un communiqué avoir ordonné une enquête criminelle sur les accusations de malversations du Premier ministre, publiant une déclaration détaillant le prélude de l’enquête.

Même si Mandelblit a omis les précisions sur l’enquête, il a détaillé quatre affaires de malversations présumées qui n’ont pas été prises en compte pour l’enquête en raison d’un manque de preuve. Il s’agit des accusations de financement de campagne illégal pendant les élections de 2009, d’avoir truqué les résultats des primaires du Likud cette même année, et d’avoir été payé à deux reprises pour des vols lui permettant de se rendre à des évènements organisés à l’étranger et où il devait prononcer un discours.

Netanyahu, pour sa part, a fustigé mardi, dans ses premières déclarations publiques depuis son interrogatoire, la couverture médiatique de plusieurs de ces affaires de corruption à présent clôturées, jurant que la dernière accusation se révèlerait elle aussi être « rien ».