Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a nommé un ancien ministre pour développer un nouveau cadre pour les conversions au judaïsme reconnues par l’État mercredi.

Moshe Nissim, 82 ans et ancien juge et ministre des finances, du Likud de Netanyahu, a été chargé de trouver une nouvelle façon de régler le contentieux qui a déclenché une crise opposant le gouvernement et la Diaspora.

Avocat de profession, Nissim est le fils de l’ancien grand-rabbin sépharade Isaac Nissim.

Sa nomination s’inscrit dans « la promesse faite par l’État à la Cour suprême de justice, suite aux retombées du projet de loi sur les conversions, et le Premier ministre s’engage à atteindre un consensus sur cette question importante », a indiqué un communiqué du bureau du Premier ministre mercredi.

Le nouveau projet, a ajouté le bureau du Premier ministre, aidera à cultiver « l’unité juive », tout en « respectant les traditions juives ».

En juin, Netanyahu avait suspendu un projet de loi controversé qui prévoyait la non-reconnaissance des conversions réalisées en Israël par des rabbins – y compris des rabbins orthodoxes – non habilités par le rabbinat d’État. Il avait promis de nommer une commission pour étudier la question dans les six mois.

Le mouvement réformé en Israël a critiqué la nomination de Nissim, manifestant son peu de confiance à le voir prendre en considération les courants non-orthodoxes.

« Sans surprise, le personnel du Premier ministre n’a pas demandé l’avis des courants non-orthodoxes… en ce qui concerne la nomination de Mr Nissim et sur le cadre de sa mission. C’est une prolongation de la méthode unilatérale et écrasante qu’emploie le gouvernement [pour gérer lui-même] les questions sur le mur Occidental et la conversion. »

Le communiqué ajoute : « tant que les choses sont gérées de cette façon, il est difficile d’envisager un accord ou la progression de l’unité juive ».

Netanyahu a fait l’objet de vives critiques sur la progression de ce projet de loi sur les conversions, et sur sa décision simultanée, de revenir sur un engagement de janvier 2016 relatif à la création d’un espace de prière égalitaire au mur Occidental.

Ces deux décisions ont été perçues comme si le gouvernement cédait la pression des membres ultra-orthodoxes de la coalition.

Ces décisions avaient rencontré une vive opposition auprès des groupes juifs américains, des philanthropes, des hommes d’affaires et d’autres personnalités actives du monde juif, ainsi que chez certains politiciens israéliens, qui avaient manifesté leur mépris et leur déception. Certains avaient prédit que cette mesure pourrait signer la fin du soutien des juifs de Diaspora envers l’État hébreu.