Le cabinet du Premier ministre a repoussé mercredi un rapport paru dans le journal The Atlantic sur une critique vigoureuse du Premier ministre Benjamin Netanyahu, où un haut responsable américain a été cité comme traitant le leader israélien de « poule mouillée. »

Des sources proches de son burau ont declaré à la Israel Radio que Netanyahu « continuera de défendre les intérêts israéliens, et qu’aucune pression ne le fera devier. »

Le ministre de l’Economie Naftali Bennett a répliqué fermement mardi soir aux déclarations virulentes de responsables anonymes, les qualifiant d’affront fait aux Juifs à travers le monde et exhortant Washington à y renoncer.

Une article dans The Atlantic a décrit mardi la colère des États-Unis vis-à-vis du gouvernement Netanyahu comme étant « noire » et que les relations entre Jérusalem et Washington étaient actuellement en « pleine crise », et qu’un haut responsable américain avait traité le dirigeant israélien de « poule mouillée » en raison de sa réticence perçue à peser de son poids politique pour faire avancer les efforts diplomatique avec les Palestiniens et les Etats arabes modérés.

Bennett a écrit sur ​​sa page Facebook : « Si ce qui est écrit [dans The Atlantic] est vrai, alors il semble que l’administration actuelle envisage de pousser Israël sous le bus. »

« Ni le dirigeant syrien qui a massacré 150 000 de ses citoyens, ni celui d’Arabie Saoudite qui lapide femmes et homosexuels, ni le leader iranien qui a tué les manifestants pour la liberté, n’ont été qualifiés de ‘poules mouillées' », a rappelé Bennett.

« Le Premier ministre n’est pas une personne privée, mais le chef de l’Etat juif et de l’ensemble du monde juif. Ces insultes graves envers le Premier ministre d’Israël portent atteinte à des millions de citoyens israéliens et de Juifs dans le monde entier », a-t-il insisté.

Et d’ajouter : « Israël est le seul pays démocratique du Moyen-Orient et se bat pour son existence depuis 66 ans. Israël est le bastion du monde libre face au terrorisme islamique de l’Etat islamique, du Hezbollah, du Hamas et de l’Iran ».

« Au lieu d’attaquer Israël en le forçant à accepter des conditions suicidaires, il devrait le renforcer. Je demande à l’administration américaine de cesser ces commentaires grossiers et de les rejeter d’emblée ».

Selon The Atlantic, les responsables américains perçoivent de plus en plus le chef israélien comme agissant en fonction « d’un désir quasi pathologique de conserver sa carrière » et pas beaucoup plus.

Le chroniqueur Jeffrey Goldberg fait observer que la relation entre Obama, Netanyahu et leurs cabinets respectifs était « la pire qu’il n’y ait jamais eu, et devrait devenir bien pire après les élections de mi-mandat de novembre. »

La rhétorique diplomatique a chauffé ces derniers jours, les Etats-Unis ayant utilisé des termes forts pour condamner lundi l’accord de Netanyahu pour un millier de nouveaux logements dans les quartiers juifs à Jérusalem Est.

La porte-parole du département d’Etat Jen Psaki a declaré que la poursuite de la construction israelienne au-delà de la Ligne verte était « incompatible avec la volonté affirmée de vivre dans une société paisible. »

Mais Netanyahu a repoussé les critiques de dirigeants américains, européens et palestiniens.

« Nous avons construit à Jérusalem, nous construisons à Jérusalem et nous continuerons à construire à Jérusalem », a déclaré Netanyahu.

« J’ai entendu que notre construction dans les quartiers juifs de Jérusalem éloignait la paix. Ce sont les critiques qui nous en éloignent« .

Le président israélien Reuven Rivlin a déclaré que les relations d’Israël avec Washington sont de la plus haute importance pour l’Etat juif dans une interview publiée mercredi.

S’exprimant à la radio militaire israélienne lors d’une visite d’Etat en Pologne, Rivlin a tenté de minimiser l’ampleur des différends rapportés dans les médias mardi sur les liens entre Washington et Jérusalem.

« Israël a trois grandes priorités dans ses relations extérieures – la première sont les relations avec les Etats-Unis, la seconde – les relations avec les États-Unis. La troisième, qui est non moins importante, sont les relations avec les Etats-Unis », a-t-il dit.