Le Premier ministre israélien a réagi avec âpreté aux commentaires du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas qui a déclaré que six millions de réfugiés palestiniens, lui-même inclus, attendaient de « revenir » en Israël et que « nous devons trouver des solutions créatives parce que nous ne pouvons pas fermer la porte à ceux qui souhaitent revenir ».

Un porte-parole de Benjamin Netanyahu a accusé Abbas de promouvoir un « fantasme irréalisable » et d’adopter une « position maximaliste ».

La population d’Israël est composée d’un peu plus de 8 millions de personnes, plus d’un cinquième d’entre elles sont des Arabes. Les gouvernements israéliens ont toujours rejeté les demandes palestiniennes pour un « droit au retour » pour les millions de descendants d’anciens résidents arabes de ce qui est devenu aujourd’hui Israël.

Ils ont justifié leur refus en affirmant que cette demande équivalait à la destruction d’Israël par des moyens démographiques et qu’un Etat palestinien devra les intégrer de la même manière qu’Israël a intégré les réfugiés juifs qui ont été forcés de quitter les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord quand Israël a été fondé.

« Les dirigeants palestiniens ne rendent pas service au peuple palestinien lorsqu’ils entretiennent des fantasmes irréalisables », s’insurge le porte-parole Mark Regev lors d’un entretien avec le Times of Israel lundi. « Il est grand temps que les dirigeants palestiniens abandonnent ce genre de positions maximalistes qui rendent difficile de parvenir à un accord ».

Netanyahu a été mis au courant du contenu de l’interview d’Abbas et il a décidé d’y répondre lors d’une allocution lundi dans laquelle il se réfère à la demande d’Abbas pour un retour des réfugiés, indique Regev.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de son allocution filmée au Forum Saban le 7 décembre 2014 (Crédit : Capture d'écran Saban Forum)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de son allocution filmée au Forum Saban le 7 décembre 2014 (Crédit : Capture d’écran Saban Forum)

« La véritable paix n’aboutira que lorsque les dirigeants exigeront des Palestiniens qu’ils acceptent les trois piliers de la paix », soutient Netanyahu dans une vidéo enregistrée et diffusée au forum Saban à Washington:« Premièrement : une véritable reconnaissance mutuelle ; deuxièmement : la fin de toutes les exigences, dont le droit au retour, et enfin troisièmement, une présence sécuritaire israélienne. Maintenant, jamais je n’abandonnerai ce triangle pour une véritable paix. »

Abbas a accordé une interview inhabituellement percutante et révélatrice le 30 novembre au quotidien égyptien Akhbar Al-Yawm. Il a été traduit en anglais par MEMRI, l’institut de veille des médias basé à Washington.

Au cours de cette entrevue, Abbas a exclu la reconnaissance d’Israël en tant qu’Etat juif, comparé de manière sous entendue Israël et l’Etat islamique, révélé qu’il n’a jamais cru au printemps arabe, et a dévoilé que lors de sa récente rencontre avec Barack Obama, il lui a fait comprendre que n’importe quelle branche de l’organisation des Frère musulmans en Egypte ne pourrait pas être considérée comme modérée.

Il a également expliqué que la secrétaire d’Etat de l’époque Hillary Clinton a cherché à enrôler son aide pour convaincre l’ancien président égyptien Hosni Moubarak de démissionner en 2011, elle l’a mis en garde contre une possible implantation de l’EI en Cisjordanie.

Il a réservé ses commentaires les plus durs pour le Hamas. Il a qualifié les dirigeants du Hamas d’être « une bande de menteurs ». Il a également déclaré que le Hamas l’a « supplié de déclarer un cessez-le-feu sans réserve ni condition » pour mettre fin à la guerre de 50 jours cet été.

Le président américain Barack Obama et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas en réunion à la Maison Blanche à Washington (Crédit : AFP PHOTO/Saul Loeb)

Le président américain Barack Obama et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas en réunion à la Maison Blanche à Washington (Crédit : AFP PHOTO/Saul Loeb)

Dans ses commentaires sur la reconnaissance d’Israël en tant qu’Etat juif, Abbas a été clair : « nous ne pouvons pas reconnaître un Etat juif. Nous nous opposerons à cette entreprise, et non par entêtement, mais parce qu’elle contredit nos intérêts. (..) Les premiers à souffrir de cette loi seraient les 1 500 000 Arabes qui n’appartiendraient plus à Israël, en raison de leur religion. Les premiers à protester contre cette loi étaient les Druzes … »

« Il y a une autre raison », poursuit-il. « [Israël] n’autorisera pas le retour des réfugiés. Il y a six millions de réfugiés qui souhaitent revenir, et soit dit en passant, j’en fais partie. Nous avons besoin de trouver une solution créative parce que nous ne pouvons pas fermer la porte à ceux qui souhaitent revenir. Israël aspire à un Etat juif, l’EI aspire à un Etat islamique, et nous on se retrouve coincé entre l’extrémisme juif et l’extrémisme islamique. Abu Bakr Al-Baghdadi, le chef de l’ISIS, aura une excuse pour établir un État islamique après que la loi sur l’Etat juif sera approuvée. C’est un autre élément pour lequel nous et tout le monde allons souffrir ».

Ces commentaires semblent représenter les positions plus dures d’Abbas. En septembre 2012, il a déclaré à la Deuxième chaîne israélienne qu’il ne sentait pas qu’il avait le droit de retourner vivre à Safed, dans le nord d’Israël où il était né.

Abbas a également été cité en disant à ses propres négociateurs qu’il ne prévoyait pas de noyer Israël avec des réfugiés, même si la position formelle de l’Autorité palestinienne dans les négociations de paix avec Israël a toujours été de
demander le « droit au retour ».

Les officiels israéliens ont déclaré lundi qu’ils ne croyaient pas qu’Abbas ait évoqué le chiffre de six millions comme une balance aux six millions de victimes juives de l’Holocauste, dont les dimensions ont été mises en doute auparavant.

Plutôt, expliquent les officiels, Abbas exagère les chiffres des réfugiés palestiniens. Généralement, le nombre donné se situe entre 4 à 5 millions, déclarent les officiels, mais cela correspond à l’inclusion des descendants des réfugiés originaux dans leur ensemble, ce qui signifie que les troisièmes et quatrièmes générations de Palestiniens sont donc formellement considérées par les Nations unies comme des réfugiés. Si comparaison il y a, ont déclaré les officiels, le chiffre de six millions pourrait avoir été évoqué par Abbas en opposition évidente aux 6 millions de Juifs vivant actuellement en Israël.

Le Premier ministre  Benjamin Netanyahu avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas le 15 septembre 2012 (Crédit : KOBI Gideon/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas le 15 septembre 2012 (Crédit : KOBI Gideon/Flash90)

Abbas a souvent affirmé que les membres du gouvernement Netanyahu « ne croient pas en la paix. Vous demandez la paix, et ils ne la veulent pas… Netanyahu m’a dit : ‘Je veux [qu’Israël soit responsable de] la sécurité à la frontière jordanienne pendant 40 ans’. J’ai fait semblant de l’avoir mal entendu, et j’ai demandé : ‘Combien ?!’ Il a dit : ’40 ans’. Je lui ai dit au revoir, ‘Serrons-nous la main’. J’ai quitté sa maison et lui ai dit, ‘C’est de l’occupation’. Je ne l’ai pas vu depuis… »

Abbas a déclaré qu’il acceptait le principe d’échanges de terre pour s’ajuster aux lignes d’avant 1967, mais il a aussi exigé que les territoires soient équivalents.

« Par exemple, il est inapproprié qu’ils reçoivent de la terre à Jérusalem et qu’ils me donnent [en échange de la terre] dans le Negev », a-t-il déclaré.

Il n’a pas expliqué pourquoi il avait refusé d’accepter l’offre de paix très intéressante d’Ehud Olmert, qui comprenait des éléments pour partager Jérusalem et céder la souveraineté israélienne sur le mont du Temple en faveur d’un contrôle international non souverain : « J’ai négocié avec Olmert qui a dit : ‘Echangeons de la terre, vous recevrez 20 kilomètres supplémentaires en plus de la Cisjordanie’… mais nous n’avons pas [réussi] à obtenir un accord et il est parti. »

Le ministre des Affaires étrangères, Avidgor Liberman, le 10 novembre 2014 (Crédit :  Yonathan Sindel/Flash90)

Le ministre des Affaires étrangères, Avidgor Liberman, le 10 novembre 2014 (Crédit : Yonathan Sindel/Flash90)

Il a dit qu’il n’accepterait aucun plan israélien pour redéfinir l’actuel territoire israélien avec des groupes de résidents arabes comme une partie intégrante de la nouvelle Palestine, une idée lancée par le ministre de Affaires étrangères Avidgor Liberman.

« Netanyahu m’a dit une fois que c’était une ‘idée de l’enfer’, de son point de vue, de me donner le Triangle de la [Galilée] et tout ce qu’il y avait. [Le Triangle] a été occupé en 1949 et à l’époque, il y avait 38 00 résidents. Maintenant, il y en a certainement 400 000. J’ai dit : ‘je ne prendrai personne. Oubliez cela, parce qu’honnêtement je ne permettrai, ou ne forcerai, aucun Arabe à abandonner sa citoyenneté israélienne.' ».

Dans ce contexte, il a aussi expliqué avoir rejeté une suggestion qui aurait pu éviter la rupture des négociations de paix au printemps dernier sur la question du refus d’Israël de libérer les terroristes arabes israéliens emprisonnés. « Vous pourriez être surpris, mais c’est important. En ce qui me concerne, ce n’est pas sacré. Par exemple, dans la quatrième série de libération de nos prisonniers palestiniens, 15 sur 30 sont des Arabes israéliens de 1948. Ils m’ont dit : ‘Prenez-les en Cisjordanie, ils abandonneront leur citoyenneté.’ Je leur ai dit : ‘C’est impossible. Ils devraient rentrer chez eux et garder leur citoyenneté.’ En ce qui me concerne, le fait que les Arabes restent des citoyens d’Israël est un sujet sacré », a déclaré Abbas.

Abbas insiste sur ce point : « Je ne veux pas de la destruction d’Israël et je n’appelle pas à sa destruction. Nous voulons vivre en sécurité et en paix, mais seulement lorsque mes droits me seront accordés et vous les vôtres… Nous voulons un Etat sur les frontières de 1967 avec Jérusalem comme capitale, et nous voulons [fixer] une date pour mettre fin à l’occupation. C’est tout ce que nous voulons. Si Israël accepte cela ici et maintenant, nous négocierons. »

Il a ensuite énoncé les mesures qu’il prendrait pour parvenir à la création d’un Etat si les négociations ne reprenaient pas.

Il a reconnu que sa démarche auprès du Conseil de Sécurité de l’ONU pour fixer un calendrier du retrait israélien des territoires annexés en 1967 n’obtiendrait probablement pas les neufs votes nécessaires. Il a aussi admis que dans le cas où sa proposition réunissait ces votes, les Etats-Unis utiliseraient sûrement leur droit de veto. Dans tous les cas, explique-t-il, cela ne permettrait pas à la Palestine de devenir un Etat. « Tout ce que le conseil [de sécurité] m’apporte est un certificat ; il ne m’accorde pas un territoire », précise-t-il.

Mais il souligne que « l’Assemblée générale a convenu que le territoire de l’AP était un territoire occupé, donc maintenant, nous sommes comme tous les territoires occupés soumis à la première, deuxième, troisième et quatrième Conventions de Genève. Et pas conséquent, nous avons l’intention de participer à la conférence des Etats-membres à Genève [en décembre] dans le but de mettre en place cette résolution ».

Si cela ne marche pas, précise-t-il, l’AP rejoindra différentes organisations internationales, « comme la Cour pénale internationale (CPI) et la Cour internationale de justice (CIJ). Il y a 520 organisations internationales, et [si nous les rejoignons touteS] cela dérangera sûrement tout le monde. S’il y a un appel auprès de la CPI et si les Palestiniens poursuivent un Israélien, ils [les Israéliens] auront peur parce qu’ils seront recherchés et ne pourront plus voyager ».

Et enfin, il a prévenu que l’AP mettrait fin à la coopération sécuritaire avec Israël – « aucun lien, aucune sécurité, et aucune discussion avec personne ». L’AP dirait « à Netanyahu : ‘vous êtes un Etat d’occupation, s’il vous plait prenez vos responsabilités pour l’occupation’. Beaucoup de mes camarades me disent : ‘l’Autorité [palestinienne] est un accomplissement en soi’. Mais je n’abandonne pas l’autorité. Je dis juste que je n’ai pas d’autorité et que je n’ai rien… ».

Evoquant le sujet de l’Egypte et du Printemps arabe, Abbas a parlé de ses récents voyages aux Etats-Unis et en Afrique du Sud. « J’ai été clair là-dessus, et j’ai affirmé à tout le monde que l’Egypte nous avait sauvé – et toute la région – du terrorisme dans la région… Lors de ma dernière rencontre avec Obama, il m’a demandé mon avis sur la situation en Egypte. Je lui ai expliqué que le processus de démocratisation [là-bas] était sur le point de s’achever. Il m’a interrogé au sujet des Frères [les Frères musulmans] et je lui ai expliqué qu’il n’y avait pas de Frères là-bas. Obama a éclairci [ses propos], ‘les Frères modérés’ et lui a précisé que les ‘Frères modérés’ n’existaient qu’aux Etats-Unis, mais qu’ils [les Frères musulmans] avaient créé les organisations extrémistes dans la région, dont l’EI, le Front al-Nosra et al-Qaeda. Toutes ces organisations terroristes ont émergé des entrailles des Frères musulmans. Ils ne reviendront pas [au pouvoir en] Egypte une nouvelle fois. »

« Dès le départ », poursuit-il, « je n’ai jamais cru au Printemps arabe. Un jour avant la révolution du 25 janvier, j’étais avec le président de l’époque Hosni Moubarak, et quand les événements du 25 janvier ont débuté, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton m’a appelé et m’a demandé d’appeler le président Moubarak et de le convaincre de quitter le pouvoir. Je lui ai demandé, ‘quel est mon rapport avec le problème égyptien ?’… Nous faisons face au chaos, à l’essor des Frères musulmans.»

Il dévoile que le président égyptien suivant, Mohammed Morsi, le dirigeant des Frères musulmans qui a été évincé du pouvoir un an après, « ne comprenait pas le problème palestinien. Ses connaissances sur ce sujet équivalaient mes connaissances en japonais. Il voulait l’exploiter pour qu’il serve les intérêts des Frères musulmans. Si vous vous souvenez du plan Giora Eiland [un ancien général de l’armée israélienne et ancien conseiller national de la sécurité], il voulait transformer les territoires du Sinaï en un Etat Palestinien [et Morsi était d’accord avec ce plan. Mais] nous ne serons jamais d’accord pour prendre ne serait-ce qu’un seul millimètre de la terre égyptienne et nous n’accepterons jamais un accord où un Palestinien devra quitter sa terre… [De plus,] Morsi voulait établir un consulat de Gaza en Egypte pour creuser encore plus le fossé entre les Palestiniens. »

Abbas met aussi en garde : « Si la situation actuelle continue d’évoluer comme elle le fait, l’EI va bientôt apparaître en Cisjordanie. Et à l’intention de la bande de Gaza – toutes les branches des Frères musulmans sont l’EI ».

Au sujet de la situation actuelle à Gaza, Abbas soutient l’Egypte dans sa quête de la destruction des tunnels de contrebande creusés sous la frontière entre l’Egypte et Gaza, et cela « une bonne fois pour toute. Cela a été mon opinion depuis neuf ans, et j’ai demandé à plusieurs reprises à l’Egypte de fermer ces tunnels. A gaza, 1 800 résidents sont devenus des millionnaires en utilisant ses tunnels dans leur propre intérêt. De même, ils utilisent ces tunnels pour agir contre l’Egypte en passant des armes et de la drogue, et [ils nuisent aussi à l’Egypte] en fabriquant des billets contrefaits et en falsifiant des documents. La destruction de ces tunnels est la seule solution pour mettre fin à ces phénomènes. J’ai proposé à plusieurs reprises de détruire les tunnels, en les inondant à une profondeur de 30 mètres – qui est la profondeur de ces tunnels. On doit procéder à ces inondations après avoir détruit les maisons qui abritent les entrées des tunnels et en punissant les propriétaires de ces résidences. Aucun pays au monde ne tolérerait le problème des tunnels, sauf peut-être l’Egypte et la Palestine », s’insurge-t-il.

Il a ensuite clairement et fermement affirmé que « le mouvement du Hamas fait partie des Frères musulmans. Cela est explicitement déclaré et affirmé par tout le monde. Le Hamas reçoit ses instructions du Bureau du guide mondial des Frères musulmans… »

Il a vertement critiqué le Hamas pour avoir enlevé et tué les trois adolescents israéliens – qu’il décrit comme des colons – le 12 juin en Cisjordanie et pour avoir ensuite menti au sujet de leur responsabilité dans ce drame. « Nous nous sommes mis d’accord [avec le Hamas] pour établir un gouvernement d’Union nationale, mais que celui-ci n’inclurait pas un seul membre du Hamas. Ce gouvernement a été assermenté le 2 juin, et exactement 10 jours après, le 12 juin, ils ont kidnappé les trois colons [près de Hébron]. J’ai essayé de ne pas créer une crise. Je me suis entretenu avec [le dirigeant du bureau politique du Hamas] Khaled Meshaal et je lui ai demandé si le Hamas avait quelque chose à avoir avec l’enlèvement des trois colons, et il m’a dit : nous n’avons rien à faire avec ça. Je voulais qu’il me le confirme encore une fois, et il m’a juré sur Allah qu’il n’avait rien à faire avec ça. Je lui ai répondu : ‘je vous crois’.
C’était à Doha. »

« Et la guerre de Gaza a éclaté, et… le membre du Hamas Salah Al-Arouri a officiellement déclaré à Istanbul que le Hamas avait enlevé ces trois colons et les avait tués, dans le but de promouvoir les tentatives du Hamas de mobiliser les Palestiniens de Cisjordanie et à Jérusalem. Et j’ai demandé à Meshaal encore une fois s’ils étaient impliqués dans cette affaire, et il m’a répondu qu’Arouri parlait en son nom et non pas au nom du Hamas. »

« Je souhaite le dire ici et maintenant : personne ne ment plus qu’eux [le Hamas] et les Frères musulmans. Je ne suis pas contre l’Islam, mais je m’oppose aux Frères musulmans. Je suis un bon musulman – je jeûne, je pris et je lis le Coran – alors qu’eux, ce sont une bande de menteurs… »

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas rencontre le dirigeant du Hamas Khaled Meshaal au Caire, en février 2012 (Crédit : Mohammed al-Hums/Flash90)

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas rencontre le dirigeant du Hamas Khaled Meshaal au Caire, en février 2012 (Crédit : Mohammed al-Hums/Flash90)

« A cause des mensonges du
Hamas », déplore Abbas, cette regrettable guerre de Gaza a éclaté. J’ai téléphoné au président égyptien et je lui ai demandé de soumettre une proposition pour mettre un terme à cette guerre. Je lui ai clairement précisé qu’une [telle] initiative sauverait le peuple palestinien et que c’est l’ensemble du peuple palestinien qui lui demande de faire cela, pas le Hamas… Le président Sissi a accédé à ma requête, et l’initiative égyptienne a été présentée. Ils [ont dû] la proposer pendant 51 jour à cause de l’obstination du Hamas, et pendant tout ce temps le territoire [de gaza] a été complètement détruit. Le dernier jour de la guerre, les membres du Hamas m’ont supplié de déclarer le cessez-le-feu sans aucune réserve et sans condition, après que beaucoup de personnes aient péri ou été blessées et que Gaza soit en ruine. »

« Pendant la guerre de 50 jours, tout le monde s’est élevé contre moi, et au premier rang, il y avait le Fatah. Je leur ai dit que je n’étais pas disposé à détruire la Cisjordanie et Ramallah. Le Hamas, par exemple, a tué trois [Israéliens] et voulait une intifada, et je n’ai pas répondu à leur demande… A la fin de la guerre, mes hommes m’ont dit : vous aviez raison. Si nous avions agi comme eux [c’est-à-dire comme le Hamas], le territoire [entier] aurait été en ruine », relate le dirigeant de l’AP.

Il ajoute que le Hamas continue de mentir aussi au sujet des domiciles des dirigeants du Fatah qui ont explosé le 7 novembre. Le Hamas est déterminé à empêcher la réconciliation palestinienne, poursuit-il, et maintenant, ils font tout pour faire dérailler la reconstruction de Gaza.

« Ils [le Hamas] se sont mis d’accord avec Robert Serry, l’émissaire de l’ONU pour la reconstruction de Gaza, pour que nous [l’Autorité palestinienne] en tant qu’Etat soyons à la frontière et aux points de passages pour recevoir les aides et les matériaux de construction, sous le contrôle de l’ONU, et pour que nous les transférions à ceux qui en avaient besoin. Mais ils ont fait marche arrière, et encore une fois ils créent des problèmes empêchant la reconstruction de Gaza. En dépit de cela, nous transférons l’aide de différentes manières. »

« Je demande au Hamas : ‘Organisez des élections. Peut-être que les résultats vous permettront de continuer à contrôler Gaza ou peut-être que vous ne seriez pas réélus’. Mais eux ils ne croient qu’en une élection unique », conclut-il amèrement.