Être « trop connecté » au public à travers les réseaux sociaux peut être problématique pour les politiciens, et cela conduit à des mauvaises prises de décisions, a déploré le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans un entretien diffusé sur Fox News dimanche soir.

Au cours de sa conversation d’une heure sur sa vie personnelle avec le tsar des célébrités Harvey Levin, Netanyahu a évoqué son enfance et a défendu sa femme Sara, qui devrait être mise en examen pour des délits, contre les attaques des médias, déclarant qu’elles lui font plus de mal que les critiques qui le visent directement.

Interrogé par Levin, mieux connu pour avoir créé le site de potins TMZ, qui lui demandait si le dispositif de sécurité imposant qui l’entoure l’a conduit à se déconnecter du public, Netanyahu a mentionné ses deux fils, Avner et Yair :

« Ils sont sur internet. Ils me disent ce que les jeunes gens pensent. Ils me disent ce que leurs amis pensent. Parfois je voudrais bien qu’ilsne le fassent pas parce que j’aimerais bien être déconnecté de ce qui se passe dans le monde actuellement », a déclaré Netanyahu.

« Internet a créé ce concept de référendums instantanés. Alors on se retrouve dans une situation où vous avez des dirigeants politiques qui sont constamment bombardés par des opinions contradictoires. Et je ne pense pas que ça soit une bonne chose. Je pense que c’est inévitable, c’est ici. Nous travaillons tous avec cela, nous le comprenons. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu répond aux questions sur Twitter, dans sa résidence de Jérusalem, alors qu'Israël célébrait sa 68e Journée de l'indépendance, le 12 mai 2016 (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu répond aux questions sur Twitter, dans sa résidence de Jérusalem, alors qu’Israël célébrait sa 68e Journée de l’indépendance, le 12 mai 2016 (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Netanyahu a de nombreux comptes sur les réseaux sociaux, y compris en français, où ses assistants postent régulièrement de nouveaux messages politiques qui touchent des millions d’utilisateurs à travers le monde. Connu pour ses critiques des médias israéliens, Netanyahu a souvent utilisé ses comptes pour se défendre contre les attaques de la presse, étant comparé parfois avec le président américain Donald Trump.

Pourtant, répondant à Levin, Netanyahu a indiqué qu’il préférerait que les dirigeants politiques soient libres d’agir sans devoir constamment satisfaire l’opinion publique.

« Le gouvernement représentatif dit que vous êtes élus, on vous donne une période pour exercer ce pouvoir et ensuite on peut se débarrasser de vous, a-t-il déclaré. Le problème pour les politiciens aujourd’hui n’est pas d’être déconnecté. Le problème, c’est d’être trop connecté. Nous sommes totalement à la merci de ces changements d’opinion publique qui sont reflétés sur le net. Et cela n’est pas bon. »

L’entretien était mené dans le cadre du programme OBJECTIfied (objectifié) de Fox News, dans lequel Levin conduit les célébrités, et occasionnellement des chefs de gouvernements, à discuter de leurs histoires et philosophies personnelles.

Netanyahu a rendu hommage à sa femme Sara, « le pilier de la famille ».

Même si Sara Netanyahu est visée par des accusations selon lesquelles elle aurait utilisé frauduleusement l’argent public – des centaines de milliers de shekels – pour des repas privés, il a affirmé qu’elle était ciblée par ses ennemis politiques pour le faire tomber.

« Cela me fait beaucoup plus de mal quand ils l’attaquent elle que quand il m’attaquent directement », a-t-il déclaré.

Dans un passage de l’entretien diffusé plus tôt cette semaine, on pouvait voir Netanyahu en train de décourager ses enfants de suivre ses traces dans la politique.

Yoni Netanyahu, peu avant sa mort à Entebbe en 1976 (Crédit : Wikipedia)

Yoni Netanyahu, peu avant sa mort à Entebbe en 1976 (Crédit : Wikipedia)

Sa propre entrée dans l’arène politique, a-t-il expliqué, était attribuable à la mort de son frère aîné Yoni.

« C’était un être humain exceptionnel », a déclaré Netanyahu au sujet de Yoni, tué en 1967 lors du raid légendaire pour libérer des otages israéliens en Ouganda.

« Il n’avait pas besoin de mourir pour être une légende. Il était une légende de son vivant », a dit le Premier ministre.

Petit, il voulait devenir « joueur de football universitaire », a déclaré Netanyahu.