Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé dimanche que la proposition de la France de relancer son projet de conférence internationale sur la solution de deux Etats « va inciter les Palestiniens à refuser la moindre concession ».

« Vous avez certainement entendu parler de la proposition, soulevée dans les cercles français, d’organiser une conférence internationale, en y faisant planer une menace : si cela ne réussit pas, alors la France adoptera la position palestinienne, à un plus grand degré, a déclaré Netanyahu. Cela motive les Palestiniens à venir et à ne pas faire de compromis. L’essence de la négociation est le compromis, et l’initiative française, de la façon dont elle a été annoncée, donne raison aux Palestiniens de ne pas le faire. »

« Notre position est très claire, a ajouté Netanyahu. Nous voulons entrer en négociations directes sans conditions préalables et sans termes prescrits », a déclaré Netanyahu devant le conseil des ministres.

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a annoncé vendredi que son pays allait relancer rapidement son projet d’une conférence internationale pour « faire aboutir la solution de deux Etats », Israël et la Palestine.

« Nous ne devons pas laisser se déliter la solution des deux Etats », a souligné le ministre français, regrettant que « malheureusement, la colonisation continue ».

Fabius a ajouté qu’en cas d’échec de cette initiative, « nous devrons prendre nos responsabilités en reconnaissant l’Etat palestinien ».

Le négociateur en chef avec Israël, Saeb Erekat, a salué samedi la déclaration française.

« Nous saluons l’appel de la France pour une implication internationale globale et sérieuse dans le but de mettre fin à l’occupation qui a commencé en 1967 et d’établir un Etat de Palestine libre, indépendant et souverain dans les frontières de 1967 », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le processus de paix israélo-palestinien est au point mort depuis plus d’un an, quand avait échoué une énième médiation américaine.