Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a lancé une attaque virulente contre le journal Yedioth Ahronoth et le site qui lui est affilié, Ynet, lundi.

Il accuse l’éditeur, Arnon, « Noni » Mozes d’être personnellement derrière les récents papiers qui affirmaient que sa femme et lui-même commettaient des abus.

Sur son compte Facebook, Netanyahu a posté des messages déclarant que Mozes menait une campagne diffamatoire contre le gouvernement Likud dans le but évident d’influencer les votes aux élections du 17 mars pour qu’il y ait un changement de majorité.

« Le moment est venu de mettre les cartes sur table », a écrit Netanyahu en hébreu sur Facebook.

« La source principale qui se cache derrière cette vague de calomnies à mon encontre et celle de ma femme est Noni Mozes, l’éditeur de Yedioth Ahronoth et de Ynet. »

« Ces deux plate-formes [Yedioth et Ynet] initient et organisent une campagne pour entacher de manière provocante, fausse et ridicule ma femme et moi-même dans le cadre d’une campagne médiatique pour remplacer le gouvernement du Likud par un gouvernement de gauche », poursuit le Premier ministre.

Netanyahu a aussi affirmé que Mozes visait le quotidien gratuit Israel Hayom qui est considéré comme un supporter du Premier ministre et du parti Likud.

« Il utilise tous les moyens pour entraîner la chute du gouvernement du Likud qui est sous ma direction, faire fermer le journal Israel Hayom et ramener Yedioth dans une position où il aurait un contrôle écrasant sur les médias papiers », a ajouté Netanyahu.

Il a tenu à souligner, cependant, qu’il ne rejetait pas les critiques des médias.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'adressant aux nouveaux immigrants français et les supporter Likud à Jérusalem le 8 février 2015 (Crédit :  Hadas Parush/Flash90))

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’adressant aux nouveaux immigrants français et à des partisans du Likud le 8 février 2015 (Crédit : Hadas Parush/Flash90))

« Il y a de nombreux médias qui font leur travail correctement et qui critiquent le gouvernement de manière rationnelle, même si cela peut-être grinçant. Mais ici nous parlons de quelque chose d’autres : un homme d’affaires qui possède de nombreuses branches dans le domaine des médias et mène une campagne systématique contre le Premier ministre en fonction, dans le but de changer le gouvernement d’Israël, et cela clairement en raison d’intérêts commerciaux et de gains personnels. »

Le journal en hébreu Israël Hayom est détenu par le milliardaire juif américain Sheldon Adelson, qui est un fervent partisan de Netanyahu.

Adelson, dont la fortune est estimée à 37 milliards de dollars, est un contributeur connu du parti républicain américain, ainsi que de différents groupes pro-Israël d’extrême-droite et des causes telles que Taglit et Yad Vashem.

Un projet de loi étudié à la Knesset jusqu’à la dissolution du Parlement cherchait à obliger à fixer un prix au journal Israël Hayom, qui s’appuie sur sa politique de gratuité pour maintenir son chiffre de distribution.

« Le likud et moi-même ne baisseront pas les bras face à ces  calomnies », affirme Netanyahu.

« Nous continuerons à lutter contre ces diffamations dangereuses pour la sécurité et la prospérité d’Israël. Personne ne nous arrêtera. »

Le train de vie de Netanyahu et de son épouse Sara est examiné minutieusement par les médias en raison d’allégations persistantes d’un style de vie somptueux financé par l’Etat.

Le couple a été critiqué suite à un rapport datant de 2013 qui a révélé que les Netanyahu recevaient un budget annuel de 10 000 shekels pour acheter de la crème glacée auprès d’un glacier haut de gamme qui se situe à proximité de la résidence du Premier ministre à Jérusalem. Ils auraient souvent acheté de la glace à la pistache et de la glace à la vanille.

Les Netanyahu ont été récemment au cœur d’un scandale surnommé ‘Bottlegate’ après que la femme du Premier ministre a été accusée d’avoir escroqué l’État de 24 000 shekel en empochant les remboursements de dépôts de bouteilles pendant les quatre premières années où son mari était en fonction.

Le couple a également été accusé d’avoir dépensé 100 000 shekels d’argent public en alcool sur une période de deux ans. Cette affirmation a été tournée en dérision par le Likud comme étant un complot de gauche « pour faire tomber le Premier ministre ».

Face à ces accusations des médias, Netanyahu a contre-attaqué en tournant un clip vidéo publié ce week-end où on le voit écouter ses assistants lui rapporter les articles publiés dans les médias qui sont de plus en plus contre lui, de façon absurde.

Finalement, le Premier ministre s’adresse à son public tout en restant assis à son bureau, accusant ses détracteurs d’essayer de détourner l’attention des électeurs des questions plus importantes.

« Ils veulent détourner votre attention des véritables choses en publiant ces bêtises, mais nous, nous gérons ces véritables choses », affirment Netanyahu, en faisant référence aux sujets liés à l’économie et la sécurité.