Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a demandé mardi à ses ministres de préparer une nouvelle loi pour lutter contre l’immigration illégale, après que la Haute cour a cassé une précédente législation autorisant le maintien prolongé en détention des migrants sans procès.

Cette ordre a été donné lors d’une réunion avec les ministres de la Justice, de l’Intérieur et de la Sécurité publique, au lendemain d’un débat houleux au Parlement, au cours duquel des députés ont vivement critiqué la décision de la Haute cour.

« A la fin de la réunion, le Premier ministre a demandé à ce qu’une nouvelle loi soit préparée, qui traduirait la détermination du gouvernement israélien à agir contre les infiltrés », selon un communiqué du bureau de M. Netanyahu reprenant un terme fréquemment utilisé pour décrire les immigrés vivant de façon illégale en Israël.

Selon ce communiqué, la politique menée par le gouvernement a mené à l’expulsion de 6 000 migrants.

« Il a été acté que le ministre de l’Intérieur rédigerait dès que possible les contours d’une nouvelle loi, qui permettra de poursuivre les arrestations de nouveaux infiltrés et leur transfert vers un centre pénitentiaire pour une durée efficace », poursuit le communiqué.

La décision rendue le 22 septembre par la Haute cour stipule que le gouvernement n’est plus autorisé à maintenir en détention les migrants pendant un an sans procès, et ordonne la fermeture dans les 90 jours du centre d’Holot, en plein désert du Neguev (sud), où environ 2 000 Africains y sont actuellement retenus.

L’an passé, la Haute cour avait cassé une loi du même genre, qui prévoyait la possibilité de maintenir en détention des migrants jusqu’à trois années sans procès.

« Il est du plus haut intérêt national d’empêcher l’entrée de nouveaux infiltrés en Israël, et d’encourager le départ de ceux qui y sont », selon le communiqué, citant M. Netanyahu.

Selon les chiffres officiels israéliens, 48 000 Africains résident dans le pays, en majorité des Érythréens, dont le gouvernement est régulièrement accusé de violations des droits de l’Homme, et du Soudan du Sud, ravagé par la guerre.

La plupart d’entre eux vivent dans des zones pauvres de Tel Aviv, où plusieurs manifestations contre leur présence ont été organisées.