Le refroidissement des relations entre le Premier ministre israélien et le ministre de l’Economie Naftali Bennett s’est accentué ce vendredi, malgré les excuses proférées par ce dernier. En cause : une série d’interviews donnée par Benjamin Nethanyahu en 1999.

D’après le journaliste Hagai Segal du quotidien Makor Rishon, Benjamin Netanyahu désapprouvait l’idée que des juifs puissent habiter dans un futur Etat palestinien. Il la trouvait même « absurde ».

« Connaissez-vous une personne qui puisse soutenir une telle proposition ? » s’interrogeait Benjamin Netanyahu, il y a 15 ans. « Peut-on trouver ne serait-ce qu’un seul Israélien qui accepterait de vivre sous administration palestinienne ? C’est absurde. »

« Peut-on trouver ne serait-ce qu’un seul Israélien qui accepterait de vivre sous administration palestinienne ? C’est absurde » Benjamin Netanyahu

« C’est une autre façon de dire que nous allons démanteler les colonies en les donnant à l’Autorité palestinienne. C’est absurde. »

Quinze plus tard, son discours a bien changé, à tel point que le Premier ministre et le Likoud ont fustigé Naftali Bennett pour avoir contesté que l’idée que les colons puissent vivre dans un Etat palestinien.

Cette interview a refait surface peu de temps après une autre déclaration embarrassante d’un député du parti Foyer Juif. Lors d’une interview télévisée, Ayelet Shaked a défendu la position du Premier ministre, arguant que les Israéliens devaient être autorisés à rester sous administration palestinienne s’ils le souhaitaient. Néanmoins, il lui semble peu probable que le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas cède à cette demande.

« S’il doit y avoir un accord de paix, je ne vois pas pourquoi les implantations [sic] ne peuvent pas rester dans un futur Etat palestinien, si tel est leur désir », a-t-elle déclaré sur le plateau de la chaine anglophone I24news.

« Je ne crois pas que la solution des deux Etats aboutira un jour », a-t-elle ajouté. « Pourquoi Abu Mazen [Mahmoud Abbas] voudrait-il d’un Etat palestinien vidé de ses juifs ? Je ne comprends pas… Il y a des villages arabes [en Israël] et ils doivent avoir les mêmes droits que moi. Il me semble donc que des juifs peuvent habiter dans un Etat palestinien. »

Naftali Bennett, chef du parti Foyer Juif – auquel appartient Ayelet Shaked – a suscité la polémique cette semaine après avoir réagi aux propos d’un responsable israélien proche du Premier ministre. Dans une interview accordée au Times of Israel, celui-ci avait déclaré que Benjamin Netanyahu insistait pour que les colons aient le choix de rester habiter dans un futur Etat palestinien, après la signature d’un accord de paix.

Naftali Bennett avait répondu que l’histoire « ne pardonnerait pas » un dirigeant israélien qui renonce à des parties de la terre d’Israël en vertu d’un accord de paix. Le 29 janvier, ce dernier a présenté ses excuses au Premier ministre mais maintient sa position quant aux colonies.

De son côté, le ministre du Logement Uriel Ariel – numéro 2 du parti Foyer Juif – a défendu la position d’Ayelet Shaked. Il a expliqué que ses déclarations étaient recevables « en principe », mais qu’ « en réalité », aucun juif ne pourrait vivre sous administration palestinienne.

« C’est une question de principe : ceux qui défendent la paix mais qui ne nous laissent pas vivre dans nos maisons, sont des racistes et des antisémites. En réalité, personne ne croit que le Hamas autorisera [des Juifs] à habiter en Palestine », a-t-il conclu.