Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré mardi qu’il avait bien l’intention de prononcer en mars son discours controversé sur l’Iran devant le Congrès américain, mais qu’il était prêt à entendre les arguments de ceux qui s’opposent à son intervention.

Netanyahu a fait cette déclaration lors de sa rencontre avec les membres républicains du Congrès Robert Pittenger (Caroline du Nord) et Dennis A. Ross (Floride) à Jérusalem.

« Nous avons un intérêt national à empêcher l’Iran d’acquérir la capacité de développer des armes nucléaires, a expliqué Netanyahu à ses invités avant la réunion. C’est pourquoi je pense qu’il est important que je m’adresse aux membres du Congrès, à tous les membres du Congrès, et que je leur explique la position israélienne. »

« Maintenant, je suis prêt à entendre les arguments de ceux qui pensent le contraire et j’espère qu’ils vont faire preuve de courtoisie envers Israël, dont l’existence est menacée par l’Iran. »

Le Premier ministre a accepté une invitation présentée le mois dernier par le républicain John Boehner (R-Ohio), le président de la Chambre des représentants, à s’exprimer devant le Congrès, mais la Maison Blanche s’est plainte du fait que Boehner n’avait pas été autorisé à présenter l’invitation par le président Barack Obama ou les démocrates du Congrès.

Un certain nombre de groupes juifs ont déclaré que cette visite n’était pas raisonnable et ont appelé Netanyahu et Boehner à reporter le discours au moins après les élections israéliennes le 17 mars. Certains législateurs démocrates ont annoncé qu’ils n’assisteront au discours.

Netanyahu a insisté, mardi, pour que la fureur politique au sujet de son prochain discours ne pèse pas sur la question de l’accord sur le nucléaire qui se profile entre les puissances mondiales et l’Iran qui, à son avis, échouera à empêcher l’Iran de produire des armes nucléaires.

« Nous sommes persuadés que ce n’est pas une question partisane, a-t-il insisté. Ce n’est pas une question démocratique ; ce n’est pas une question républicaine. C’est une question israélienne. C’est une question américaine. C’est une question mondiale et nous sommes persuadés que la proposition actuelle présentée par le P5+1 à l’Iran est extrêmement dangereuse pour Israël et pour la région et pour la paix mondiale. »

Le 3 mars, Netanyahu a l’intention de demander, devant le Congrès, que la communauté internationale devrait augmente la pression sur l’Iran, plutôt que d’assouplir les sanctions imposées selon les termes d’un accord émergents.

La Grande-Bretagne, la Chine, la France, la Russie, les Etats-Unis et l’Allemagne – connu sous le nom P5 + 1 – sont à la recherche d’un accord global qui empêcherait Téhéran de développer une bombe nucléaire en échange d’un assouplissement des sanctions économiques.

La date butoir pour se mettre d’accord sur les détails techniques d’un accord global est le 30 juin.