Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rejeté la candidature de trois juges du panel du Prix Israël : Avner Holtzman, Ariel Hirschfeld et Chaim Sharir.

En réaction, deux juges, Ram Levi et Gail Hareven, ont démissionné.

Le Prix Israël est considéré comme l’un des plus grands honneurs accordé par l’État d’Israël.

Chaque année, le Jour de l’Indépendance, un panel de juges décerne le prix à des individus ou des groupes qui se sont distingués dans les lettres, les sciences ou les arts.

En outre, chaque année est remis un prix qui récompense l’action d’ensemble menée à l’échelle d’une vie.

Des représentants du ministère de l’Education, ministère responsable du Prix Israël, se sont adressés à Holtzman, Hirschfeld et Sharir il y a environ un mois pour les inviter à être des juges du panel.

Les trois ont ensuite été informés par un représentant du ministère que leur approbation finale serait bientôt formellement signée.

Holtzman et Hirschfeld, des professeurs de littérature hébraïque respectivement à l’Université de Tel-Aviv et à l’Université hébraïque de Jérusalem, devaient être juges pour le prix de littérature, et Sharir, producteur de télévision et de films de renom, devait couvrir le domaine du Septième art.

Mais la semaine dernière, Holtzman, Hirschfeld et Sharir ont été à nouveau contactés, après avoir reçu des informations sur les candidats et entamé le processus d’évaluation. Ils ont appris que leur approbation a été refusée par Netanyahu, ministre intérimaire de l’Education depuis la démission de Shai Piron, en décembre.

« Il y a quelques jours, la personne en charge des prix au ministère de l’Education, David Felber, s’est confondue en excuses et a déclaré que le bureau du Premier ministre avait refusé d’approuver ma nomination. Il était incapable de me dire la raison », a confié Hirschfeld à Haaretz.

Hirschfeld relie son licenciement à une tribune écrite il y a plusieurs mois qui critiquait l’utilisation par le Premier ministre d’un poème de Haïm Nahman Bialik dans un discours sur le meurtre de trois jeunes Israéliens cet été. Il a qualifié sa révocation du panel de « déraisonnable ».

Sharir a déclaré à Haaretz que plusieurs jours après avoir été rejeté, Felber, l’a recontacté pour lui ré-offrir une place dans le panel. « Vendredi dernier, dans l’après-midi, Felber m’a rappelé une fois de plus, s’est excusé et m’a demandé de revenir dans le panel », dit-il.

Felber lui a expliqué que la personne qui devait le remplacer a démissionné. « Je lui ai dit que je n’ai pas l’intention de les aider dans ce qui semble être une tentative de réorganiser la composition du panel des juges », a déclaré Sharir. « Il a rappelé samedi soir, mais ma position n’avait pas changé. »

Hareven, un auteur primé, a quitté le panel de juges en signe de protestation, de même que Levi, lui-même lauréat du Prix Israël en communications.

Levi a décidé de démissionner « en raison de la gestion non éthique et illogique de la question par le bureau du Premier ministre ».

« J’ai plus d’une hypothèse expliquant pourquoi ces personnes ont été humiliées et pourquoi, après s’être vues proposer le poste et l’ayant accepté, et même ayant reçu les matériaux, elles ont soudainement été informées que, ‘en fait, non’ « , affirme Levi.

En règle générale, le ministère de l’Éducation n’intervient pas et laisse les professionnels de chaque domaine nommer le jury. Ainsi, refuser la nomination de trois juges est un événement exceptionnel.

Mais une source proche de l’événement a déclaré à Haaretz que le Premier ministre « a le droit d’affirmer qu’il ne veut pas d’eux dans le comité. »