Benjamin Netanyahu s’en est pris jeudi au maire d’Ashkelon pour sa décision d’arrêter la construction d’abris dans les écoles maternelles de la ville pour que les travailleurs arabes ne travaillent plus sur ces chantiers.

Netanyahu a rejoint d’autres hommes politiques israéliens qui ont critiqué l’annonce d’Itamar Shimoni mercredi via Facebook disant qu’il mettrait fin à la construction d’abris où des travailleurs arabes sont employés et d’autres sites de construction qui emploient des travailleurs arabes.

« Il n’y a pas de place pour la discrimination contre les Arabes israéliens. Nous ne devons pas généraliser sur toute une population à cause d’une petite minorité de violents et d’individus belliqueux, » a déclaré le Premier ministre dans un communiqué. « La grande majorité des citoyens arabes d’Israël sont respectueux de la loi, et ceux qui violent la loi – nous travaillons contre eux avec détermination et fermeté. »

Le ministre de l’Intérieur Gilad Erdan a qualifié la décision d’ « inacceptable » et va lancer une enquête sur son caractère légal.

« Je comprends les inquiétudes du maire et des citoyens, » a déclaré le ministre du Likud « mais ils devraient laisser la tâche de réstaurer la sécurité à la police militaire. »

Le ministre de l’Economie Naftali Bennett a réitéré aux cadres supérieurs du ministère « notre politique de tolérance zéro à l’égard des discriminations de race ou de religion. »

« J’ai ordonné une application accrue des mesures contre les discriminations, » a déclaré Bennett au Times of Israel jeudi, « et j’ai l’intention de suivre cette question de près. »

Bennett a critiqué des décisions telles que celles de Shimoni qui pointent le doigt sur les Arabes israéliens. Alors qu’Israël doit « sévir résolument contre le terrorisme» issu de la communauté arabe d’Israël, a-t-il dit, « cela ne justifie pas le racisme. »

« L’écrasante majorité des Arabes israéliens sont fidèles à l’Etat d’Israël, » a insisté Bennett. « Ils veulent s’intégrer. Nous voyons un nombre croissant d’entre eux rejoindre le service national et leurs femmes travailler.

La ministre de la Justice, Tzipi Livni, a demandé au procureur général Yehuda Weinstein d’enquêter sur la nature illégale de l’instruction de Shimoni.

« Ceci est un ordre qui porte atteinte aux principes de base de l’égalité et de la prévention des discriminations (…) La discrimination contre des employés ou demandeurs d’emploi sur la base de la nationalité ou de la religion est interdite et doit être traitée avec toute la rigueur de la loi. »

Plus tôt jeudi, une organisation des droits de la population arabe a dit qu’elle poursuivrait le maire d’Ashkelon pour sa décision d’interdire les travailleurs arabes dans la ville côtière.

Shimoni aurait apparemment pris cette décision dans le but d’assurer la sécurité d’Ashkelon à la suite du massacre de Har Nof dans la capitale mardi. Il a fait savoir que la mesure visait à « accroître la sécurité personnelle des parents, des enfants et du personnel éducatif, » a rapporté le site Walla.

Mis à part l’illégalité probable de la décision, le député Yesh Atid Ofer Shelah l’a accusé d’être irresponsable au moment où « le tissu de la coexistence en Israël est en danger. »

Sans mentionner de nom, l’homologue de Shimoni à Tel Aviv, le maire Ron Huldai a décrit cet appel à licencier les travailleurs arabes comme honteux.

« J’ai honte des appels entendus ces derniers jours visant à licencier des Arabes simplement en raison de leur origine, » a-t-il déclaré. « Nous, les Juifs, en particulier devons être prudents pour éviter ce comportement. Je suis fier du fait que la municipalité de Tel Aviv emploie des centaines de travailleurs arabes dévoués et il en sera encore ainsi à l’avenir. »

Après avoir essuyé des attaques d’hommes politiques de droite comme de gauche, Shimoni a fait savoir à la radio militaire dans une interview jeudi matin qu’il s’agissait d’une mesure temporaire qu’il ne regrettait pas d’avoir prise.

« Pour le moment il y a un sentiment qui prévaut chez les parents d’élèves, j’étais à un carrefour et j’ai dû prendre une décision, » a déclaré Shimoni. « Je suis à l’aise avec cette décision et je souhaite vivement que toute cette affaire va se calme rapidement, et je vais accueillir [les travailleurs arabes] de retour avec des bonbons. »

Mais Avivit Simani, présidente de l’Association des parents de la ville, estime que les parents ne sont pas consultés de manière systématique.

« Je tiens à préciser sans équivoque que le maire a pris la décision de retirer les travailleurs arabes des jardins d’enfants sans en avertir l’Association des Parents ni consulter les représentants des groupes de parents, » a déclaré Simani dans un communiqué.

Les parents avaient appelé le maire pour demander des gardiens de sécurité supplémentaires pour dans les écoles maternelles, a assuré Simani mais « nous n’a jamais soulevé la question de l’expulsion des travailleurs [arabes]. »

Les relations entre Juifs et Arabes en Israël ont été particulièrement tendues au cours des derniers mois, après que plusieurs attaques violentes aient eu lieu.