Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président Reuven Rivlin ont refusé les invitations à rencontrer l’ancien président américain Jimmy Carter lors de sa prochaine visite en Israël en raison de ses positions « anti-Israël ».

Aussi bien le président que le Premier ministre ont refusé les invitations après avoir consulté le ministère des Affaires étrangères et le Conseil national de la sécurité.

Un haut fonctionnaire diplomatique a déclaré sur la Dixième chaîne, qui a révélé l’information, que Carter est « un désastre pour Israël » et que tous les dirigeants israéliens devraient s’abstenir de rencontrer l’ancien président en raison de ses « positions anti-israéliennes ».

Le fonctionnaire a également précisé que, bien que Netanyahu et Rivlin aient refusé de le rencontrer, Israël a approuvé la demande de Carter de visiter la bande de Gaza.

Carter devrait arriver dans les 10 prochains jours pour s’entretenir avec les dirigeants israéliens et palestiniens.

Au cours des dernières années, Carter a critiqué avec une virulence croissante la politique d’Israël et de Netanyahu.

Pendant la guerre d’Israël avec le Hamas de l’année dernière, Carter a affirmé qu’il n’y avait « aucune justification dans le monde pour ce que fait Israël ». Il a également accusé Netanyahu de bloquer les étapes vers une solution à deux Etats et de travailler pour instaurer un « Grand Israël ».

L'ancien président américain Jimmy Carter dans The Daily Show sur Comedy Central le 12 janvier, 2015 (Crédit : capture d'écran YouTube / Comedy Central)

L’ancien président américain Jimmy Carter dans The Daily Show sur Comedy Central, le 12 janvier, 2015 (Crédit : capture d’écran YouTube / Comedy Central)

En 2010, quand il était le président de la Knesset, Rivlin avait accueilli Carter dans son bureau et l’avait réprimandé pour avoir rencontré des responsables du Hamas. Il avait ajouté que le peuple israélien le considérait comme un « partisan du Hamas » et percevait ses actions comme un encouragement au terrorisme. Rivlin avait également accueilli Carter en 2009.

Le bureau de Rivlin a déclaré lundi soir que le président avait accepté la recommandation du ministère des Affaires étrangères de ne pas rencontrer Carter lors de cette visite.

Carter a fait l’objet de nombreuses critiques en Israël pour son livre publié en 2006 : « Palestine: Peace Not Apartheid » [Palestine : la Paix et non l’apartheid], dans lequel il écrit : « le contrôle et la colonisation continu de la terre palestinienne par Israël ont été les principaux obstacles à un accord de paix global au Moyen-Orient. »

En 2013, Carter a appelé l’Union européenne à étiqueter les produits provenant des implantations de Cisjordanie, qui, selon lui, sont illégales au regard du droit international, bien qu’il ait rejeté l’idée d’un boycott économique complet pour faire pression sur Israël au sujet des implantations.

Dans une récente interview avec Jon Stewart du Daily Show, il a déclaré qu’Israël devrait renoncer à la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est, et que les Palestiniens « devraient garantir qu’ils s’engagent sans équivoque le droit d’Israël à vivre en paix aux côtés eux ».

Stuart Winer a contribué à cet article.