Les encartés du Likud se rendent aux urnes, ce mercredi, pour élire le chef du parti et sa liste de candidats à la députation pour la future Knesset.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui affronte l’ancien vice-ministre de la Défense Danny Danon dans la course au poste de président du parti, devrait l’emporter haut la main.

Les 96 000 inscrits au Likud votent également l’approbation ou le rejet de la décision prise par le siège du parti qui autorise le Premier ministre à réserver deux places de la liste, les n° 11 et n° 23, à des candidats qu’il nommera personnellement.

Les urnes ont ouvert à 09h00 et fermeront à 22h00. Les résultats du vote devraient être diffusés d’ici jeudi matin.
Soixante-dix candidats, dont 17 députés, concourent aux primaires du parti, en quête d’une place qui leur donnera une chance réaliste de siéger dans la 20e Knesset.

Danon, s’adressant à Ynet mercredi matin, a déclaré que les primaires du Likud « représentent la démocratie dans toute sa splendeur. Cent mille personnes se réveillent, se rendent aux urnes et expriment leur opinion. Je suis fier de mon parti ».

Concernant la candidature de Netanyahu aux primaires, Danon a déclaré : « Il est clair aujourd’hui que le principal candidat est Netanyahu, mais des gens viendront et réfléchiront à leur choix dans les bureaux de vote, leur décision illustre la démocratie. »

Danon, qui a servi comme vice-ministre de la Défense, a été congédié par Netanyahu au cours de la guerre de cet été entre Israël et le Hamas. Dans des apparitions publiques et médiatiques, Danon a toujours adopté une position plus belliciste que Netanyahu, critiquant ouvertement sa gestion de la campagne.

Dans plusieurs conférences de presse données qui se sont tenues pendant la guerre, Netanyahu a fustigé les voix dissidentes au sein du gouvernement qui, selon lui, nuisaient à la position du gouvernement vis-à-vis du Hamas et dans l’arène internationale. Danon a même figuré dans un clip de propagande du Hamas et cité par le groupe terroriste comme une preuve de « la faiblesse et l’indécision de Netanyahu ».

Le Premier ministre Netanyahu s’est rendu au bureau de vote des Binyanei Hauma de Jérusalem avec son épouse Sara. « Ces primaires détermineront qui se verra octroyer le pouvoir de diriger le Likud et de préserver l’Etat. Nous avons besoin d’une bonne liste et j’ai demandé le droit de me réserver deux places. Le Likud fait partie des quelques partis qui bénéficient d’élections internes démocratiques. »

Lundi, le contrôleur du Likud, Shai Galili, a permis à Netanyahu de concourir aux primaires après l’avoir temporairement disqualifié pour une conduite considérée par Galili comme une violation de la Loi des partis.

Netanyahu a été chargé par le plus haut tribunal du Likud de licencier trois de ses conseillers, titulaires de postes de gestion au sein du parti, jusqu’à mercredi à minuit, ou à une date ultérieure en cas de second tour. C’était la condition pour lui permettre de se présenter aux primaires.

Selon les derniers sondages, la position dominante du Likoud est menacée par la montée en force du parti travailliste dirigé par Isaac Herzog, qui a conclu une alliance avec Tzipi Livni, ex-ministre de la Justice récemment limogée par M. Netanyahu et chef du parti centriste HaTnuah.

Le Likud et le parti travailliste font jeu égal avec chacun entre 22 et 24 mandats sur 120.

Pour Yoaz Hendel, du quotidien Yediot Aharonot plutôt hostile à Benjamin Netanyahu, le « Likud aujourd’hui n’a pas d’énergie nouvelle, jeune, charismatique. Le Likud savait dans le temps marier (…) nationalisme et libéralisme. Mais ce mariage n’existe plus ».

Selon lui, HaBayit HaYehudi, va « prendre des sièges au Likud ». Une analyse confirmée par les sondages, qui prévoit une percée du parti de Naftali Bennett qui pourrait obtenir de 16 à 18 sièges contre 12 dans le Parlement sortant.

« Lorsque le Likud ne parvient plus à se présenter comme un parti de droite, libéral, pragmatique, il perd sa capacité à gouverner et à attirer des électeurs centristes », poursuit-il.

Mme Livni prévoit que la liste élue mercredi va « entraîner Netanyahu vers des positions extrémistes et une alliance avec Naftali Bennett ».

« La plupart de ceux qui seront élus ne veulent pas d’accord » avec les Palestiniens, a encore accusé celle qui était chargée des négociations de paix, faisant allusion au chef de HaBayit HaYehudi, hostile à la moindre concession territoriale.

Arik Bender du quotidien de centre-droit Maariv affirme pour sa part que les dirigeants du Likud s’inquiètent du fait que la liste qui sera élue mercredi soit « trop grise en manquant de vedette » et « trop extrémiste » ce qui pourrait effrayer les électeurs modérés et les inciter à voter pour Koulanou (« Nous tous », en hébreu), le nouveau parti centriste à vocation sociale dirigée par Moshe Kahlon, un ancien ministre du Likud qui a fait scission.