Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a félicité dimanche soir la chancelière allemande Angela Merkel, réélue pour un quatrième mandat, affirmant qu’elle était une « amie sincère d’Israël ». Il est cependant resté silencieux sur l’entrée au Parlement, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, d’un parti d’extrême-droite.

« Félicitations à Angela Merkel, une amie sincère d’Israël, pour sa réélection au poste de chancelier d’Allemagne », a publié Netanyahu sur ses réseaux sociaux.

Yehuda Glick, député du Likud, le parti de Netanyahu, a pour sa part semblé défendre le parti d’extrême-droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), écrivant sur Twitter que « à ceux qui paniquent après l’élection d’un parti d’extrême-droite en Allemagne, vous devriez savoir que Frauke Petry, qui dirige le parti, travaille intensément [pour expulser du parti] quiconque est suspecté d’antisémitisme. »

Les premiers résultats créditaient l’AfD d’environ 13 % des voix, faisant de lui la troisième force politique d’Allemagne, un résultat impressionnant pour un parti fondé il y a quatre ans.

Frauke Petry de l'Alternative anti-immigration pour l'Allemagne (AFD), Marine Le Pen, du FN, Matteo Salvini de la Ligue du Nord italienne et Geert Wilders de l'extrême droite néerlandaise, à Koblenz, en Allemagne, le 21 janvier 2017. (Crédit : Roberto Pfeil/AFP)

Frauke Petry de l’Alternative anti-immigration pour l’Allemagne (AFD), Marine Le Pen, du FN, Matteo Salvini de la Ligue du Nord italienne et Geert Wilders de l’extrême droite néerlandaise, à Koblenz, en Allemagne, le 21 janvier 2017. (Crédit : Roberto Pfeil/AFP)

Plusieurs grandes organisations juives se sont alarmées et ont exprimé leur consternation devant la poussée du parti anti-immigrant, qui a également été condamné par les grands partis allemands, mais célébré par les dirigeants de l’extrême-droite européenne, comme Marine Le Pen et le Néerlandais Geert Wilders.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué qu’il n’avait pas de commentaire sur les résultats de l’élection dans l’immédiat.

Le Conseil central des Juifs d’Allemagne, présidé par Josef Schuster, a appelé le pays « à se battre pour la démocratie et à défendre avec véhémence ses valeurs ».

Schuster a dit que le parti « tolère les pensées d’extrême droite et agite les minorités », espérant que les autres partis allemands « révéleront le vrai visage de l’AfD et démasqueront leurs promesses vides et populistes. »

« Je suis très préoccupée par la démocratie dans notre pays », a réagi dimanche Charlotte Knobloch, présidente de la communauté juive de Munich et ancienne présidente du Conseil central des Juifs en Allemagne.

Charlotte Knobloch (Crédit : autorisation)

Charlotte Knobloch (Crédit : autorisation)

« Ce résultat est un cauchemar devenu réalité, un changement historique. Pour la première fois [depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale], un parti d’extrême droite sera fortement représenté au Parlement. »

Le résultat a également déclenché plusieurs manifestations contre l’AfD en Allemagne.

A Berlin, des centaines de personnes se sont rassemblées au cri de « nazis dehors » devant le club où le parti fêtait sa victoire.

Le Congrès juif mondial (WJC) a félicité Merkel de sa victoire, la saluant pour son amitié envers Israël et le peuple juif, et « son engagement sincère et sans faille pour combattre l’antisémitisme et défendre l’Etat d’Israël. »

Ronald S. Lauder, le président du WJC, a ajouté dans un communiqué publié dimanche que l’antisémitisme « est en hausse dans le monde entier, y compris dans certains endroits de l’Allemagne », et qu’il était « odieux que le parti AfD, un mouvement réactionnaire honteux qui rappelle le pire du passé de l’Allemagne et devrait être interdit, puisse à présent promouvoir son programme infâme au Parlement allemand. »

En plus de son hostilité affichée à l’immigration, le programme de l’AfD inclut de revenir sur la culture de rédemption de l’Allemagne vis-à-vis de la Seconde Guerre mondiale et du massacre de six millions de Juifs et d’autres pendant la Shoah.

Lauder a ajouté que « Merkel a montré des signaux remarquablement forts de dévouement à la protection des citoyens juifs de son pays et à la répression des discours et des actes haineux. »

Nachman Shai, député de l'Union sioniste. (Crédit : Flash90)

Nachman Shai, député de l’Union sioniste. (Crédit : Flash90)

Nachman Shai, député israélien de l’Union sioniste, a affirmé que l’élection de l’AfD au parlement devait envoyer un « avertissement à Israël et au peuple juif. »

« La xénophobie, le racisme et l’extrémisme ont conquis une partie importante de la population allemande », a dit Shai, qui préside le groupe d’amitié parlementaire israélo-allemand, ajoutant que Merkel était maintenant chargée de « stopper l’extrême-droite. »