Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a été interrogé jeudi par la police pendant quatre heures dans deux enquêtes criminelles impliquant des soupçons de pots-de-vins et de faveurs reçues de la part d’hommes d’affaires dont il aurait fait avancer les intérêts.

« Nous confirmons que le Premier ministre a été interrogé pendant plusieurs heures à sa résidence de Jérusalem, dans le cadre de l’enquête menée par [l’unité anti-corruption] Lahav 433 », a indiqué la police dans un communiqué.

La police n’a donné aucun autre détail sur l’interrogatoire, le premier depuis le mois de mars et la cinquième depuis qu’il a été désigné comme potentiel suspect à la fin de l’année dernière.

La Dixième chaîne a rapporté jeudi soir que Netanbyahu pourrait repasser sur le grill à nouveau au moins trois fois suite à ce dernier interrogatoire.

Après, Netanyahu est allé sur Twitter pour répéter qu’il n’avait rien à se reprocher dans le cadre de ses enquêtes.

« Il n’y aura rien parce qu’il n’y a rien », a-t-il dit.

Arrivée de la police à la résidence du Premier ministre à Jérusalem pour interroger Benjamin Netanyahu, le 6 mars 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Netanyahu affronte deux enquêtes criminelles séparées, connues sous les noms d’Affaire 1000 et d’Affaire 2000.

Dans l’une des enquêtes, M. Netanyahu est soupçonné d’avoir reçu, illégalement, des cadeaux de personnalités très riches, dont le milliardaire australien James Packer et un producteur à Hollywood, Arnon Milchan. La valeur totale de ces cadeaux a été chiffrée par les médias à des dizaines de milliers de dollars.

Une autre enquête cherche à déterminer s’il aurait essayé de conclure un accord secret avec le propriétaire du Yedioth Ahronoth pour une couverture favorable de la part du quotidien israélien.

M. Netanyahu s’est constamment défendu de tout méfait et se dit victime d’une campagne pour le chasser du pouvoir.

Il n’est pas formellement mis en cause à ce stade. Selon la ministre de la Justice Ayelet Shaked, il ne serait pas tenu de démissionner s’il était inculpé.

M. Netanyahu, 68 ans, à la tête du gouvernement depuis 2009 après un premier mandat entre 1996 et 1999, a été soupçonné à plusieurs reprises par le passé, sans être inquiété.

Sans rival apparent sur la scène politique, il a dépassé les onze ans de pouvoir au total et pourrait battre le record de longévité de l’historique David Ben Gourion, fondateur de l’Etat d’Israël, si l’actuelle législature va à son terme en novembre 2019.

Deux de ses proches ont été interrogés cette semaine à plusieurs reprises par les policiers enquêtant sur des malversations présumées autour de la vente par l’Allemagne à Israël de trois sous-marins militaires du géant industriel ThyssenKrupp. M. Netanyahu lui-même n’est pas en cause dans ce dossier.

Le procureur général a informé en septembre l’épouse du Premier ministre, Sara Netanyahu, qu’elle risquait d’être jugée pour avoir fait passer des dizaines de milliers de dollars de repas fins aux frais du contribuable.