Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est dit dimanche « obligé » de s’adresser au Congrès américain sur la question du nucléaire iranien, alors que son invitation à Washington a déclenché une polémique entre l’Etat hébreu et son grand allié américain.

Devant ses ministres réunis en Conseil hebdomadaire, Netanyahu a estimé que « dans les semaines à venir, les puissances mondiales pourraient parvenir à un accord avec l’Iran qui lui permettrait de conserver sa puissance nucléaire, ce qui menacerait en premier lieu l’existence d’Israël ».

« En tant que Premier ministre d’Israël, je suis obligé de faire tous les efforts possibles pour empêcher l’Iran d’obtenir les armes nucléaires qu’il pointerait contre l’Etat d’Israël », a-t-il poursuivi, selon des propos rapportés par son bureau.

« J’irai partout où je serai invité pour faire entendre la position d’Israël et pour protéger son avenir et son existence ».

Le dirigeant israélien doit s’exprimer le 3 mars devant le Congrès américain, où des élus menacent de voter de nouvelles sanctions contre Téhéran, contre l’avis du président américain Barack Obama et alors que l’Iran est en pleine négociation avec les grandes puissances sur son programme nucléaire controversé.

Cette visite a totalement pris de court la Maison Blanche, informée de l’invitation faite par les républicains peu de temps avant son annonce mercredi. Dans des termes rares illustrant l’état des relations entre MM. Netanyahu et Obama, le porte-parole de ce dernier a évoqué un apparent « écart » par rapport au protocole.

M. Obama et ses alliés craignent que ce déplacement soit l’occasion pour Israël et les républicains, qui contrôlent le Congrès, de rallier davantage d’opposants à un accord avec l’Iran, au risque de faire échouer les discussions en cours.