Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré vendredi qu’Israël se tenait aux côtés du peuple britannique dans le « combat commun » contre le terrorisme après l’explosion d’une bombe artisanale dans le métro de Londres qui a fait 22 blessés.

« Nous sommes aux côtés de la Première ministre May et du peuple du Royaume-Uni dans notre combat commun contre les forces du terrorisme », a tweeté Netanyahu, qui se trouve actuellement en déplacement aux Etats-Unis.

L’ambassadeur d’Israël à Londres, Mark Regev, a écrit qu’Israël « exprime sa solidarité avec la population de Londres. Nos pensées se tournent vers les victimes & les familles de #ParsonsGreen en cette période difficile ».

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan, se référant au festival Tel Aviv à Londres, a tweeté que « la semaine dernière, nous avons apporté l’amour et la culture à Londres. Aujourd’hui, des terroristes ont envoyé un message de haine. Israël et le Royaume-Uni font face ensemble au terrorisme. »

L’explosion a fait au moins 22 blessés et a créé un mouvement de panique chez les usagers, qui ont couru pour se mettre en sécurité.

La police britannique a arrêté un deuxième suspect dans l’attentat à la bombe. L’homme âgé de 21 ans a été arrêté samedi dans la banlieue ouest de Londres, à Hounslow, aux alentours de 23h50, a précisé la police dans un communiqué dimanche.

Samedi matin, un premier suspect âgé de 18 ans avait été interpellé, au lendemain de l’attentat qui a fait 30 blessés, une arrestation jugée « très importante » par les enquêteurs.

« Notre priorité […] est d’identifier et localiser tout autre suspect potentiel », avait déclaré samedi soir Neil Basu, un responsable de l’antiterrorisme au sein de la police londonienne lors d’un point presse.

Vers 7h50 samedi, le premier suspect avait été arrêté pour son implication présumée dans « la perpétration, la préparation ou l’instigation d’un acte de terrorisme », selon Basu.

Selon les médias britanniques, le jeune homme était hébergé en famille d’accueil.

L’arrestation du premier suspect est intervenue dans la zone de départ du port de Douvres, un point de transit vers l’autre rive de la Manche. Elle a entraîné l’évacuation partielle du port vers 11h40 afin de permettre « de fouiller les lieux par mesure de précaution ». Cette opération a permis à la police de mettre la main sur « plusieurs objets », tandis que le suspect a été transféré dans un commissariat de Londres, a détaillé Basu.

Vendredi matin, des témoins avaient déclaré avoir vu un « mur de feu » lorsque la bombe – cachée dans un seau en plastique à l’intérieur d’un sac de congélation de supermarché – a explosé aux environs de 8 heures 20 du matin, alors que le train se trouvait à la station Parsons Green située dans le sud-ouest de Londres.

L’explosion n’a pas été importante et n’a pas fait de blessés graves, selon les informations transmises par la police britannique et les responsables des secours. Les forces de l’ordre ont malgré tout confirmé qu’il s’agissait d’un attentat terroriste, le cinquième cette année dans le pays.

Le lieu de l’explosion se situe dans un quartier arboré et fréquenté de la ville, à l’écart malgré tout des sites touristiques les plus importants de Londres. Les médias ont révélé que l’engin artisanal était doté d’un minuteur. Aucune information ne confirme pour le moment que la bombe était bien programmée pour exploser à ce moment-là précisément.

Un technicien médico-légal travaille à côté du métro arrêté à la station Parsons Green située à l'ouest de Londres, le 15 septembre 2017, suite à l'explosion d'un engin artisanal (Crédit : (AFP/Daniel Leal-Olivas)

Un technicien médico-légal travaille à côté du métro arrêté à la station Parsons Green située à l’ouest de Londres, le 15 septembre 2017, suite à l’explosion d’un engin artisanal (Crédit : (AFP/Daniel Leal-Olivas)

La police a été alertée lorsque les usagers ont fait savoir qu’il y avait eu un bruit assourdissant et un vif éclat de lumière à bord de la rame. Lauren Hubbard, qui se trouvait dans un wagon, a raconté avoir entendu une forte détonation.

« J’ai regardé autour de moi et ce mur de feu arrivait vers nous. On a simplement couru », dit Hubbard, qui a fui la station souterraine avec son petit ami.

D’autres ont décrit un « chaos absolu » alors que des centaines de personnes se pressaient, paniquées, pour échapper au danger.

« J’ai fini écrasé sur les escaliers. Les gens tombaient les uns sur les autres, certains s’évanouissaient, d’autres pleuraient, il y avait des petits enfants qui me marchaient sur le dos », a témoigné Ryan Barnett, 25 ans.

Mark Rowley, chef de l’anti-terrorisme à la police métropolitaine, a fait savoir qu’il s’agissait d’ « un dispositif improvisé qui a explosé ».

Il a ajouté que 18 personnes ont été blessées, la plupart d’entre elles brûlées. Les responsables ont fait savoir plus tard que, parmi les victimes, quatre personnes s’étaient rendues d’elles-mêmes à l’hôpital.

Rowley a expliqué que le service de renseignement britannique, le MI5, participait à l’enquête qui est dirigée par l’unité anti-terroriste de la police.

Il n’a donné aucune information concernant de potentiels suspects, disant qu’il s’agit « d’une enquête en cours de déroulement ».

Le président américain Donald Trump a tweeté pour sa part qu’il s’agissait d’une nouvelle attaque perpétrée par un « terroriste loser », ajoutant que ce sont des « malades et des déments qui se trouvaient en ligne de mire de Scotland Yard ».

La police de Londres a refusé de commenter l’affirmation de Trump selon laquelle elle connaissait le terroriste.

Des photos prises à l’intérieur de la rame ont montré un seau en plastique blanc à l’intérieur d’un sac de courses revêtu d’aluminium. Des flammes et ce qui semble être des files émergeaient du haut du sac.

« Il y a eu, comme je l’ai vu du coin de l’œil, un éclat massif de flammes qui ont grimpé sur le côté de la rame », a raconté un témoin, Chris Wildish, à Sky News. Il a expliqué qu’une « odeur chimique âcre » avait suivi.

Il a indiqué qu’un grand nombre de personnes à bord de la rame étaient des écoliers, qui ont été bousculés alors que la foule se précipitait pour échapper à la boule de feu.

Richard Aylmer-Hall, un autre usager du métro, a affirmé avoir vu plusieurs personnes blessées, apparemment piétinées alors qu’elles tentaient de s’enfuir.

« J’ai vu des femmes en pleurs, il y avait de nombreux cris et des hurlements, il y avait des gens qui se faisaient écraser sur les escaliers qui accédaient à la rue », a dit Aylmer-Hall.

Aux heures de pointe, la rame de métro peut accueillir plus de 800 passagers. Des images aériennes prises suite à l’attentat ont montré les usagers d’autres rames évacuer le long de la voie surélevée.

Le maire de Londres, Sadiq Khan, a déclaré que la ville « condamne absolument ces individus atroces qui tentent d’utiliser le terrorisme pour détruire notre mode de vie ».

La ville de Londres a été visée par des terroristes à plusieurs occasions cette année, avec des attaques à la voiture-bélier meurtrières commises aux abords du Parlement, sur le pont de Londres et à proximité d’une mosquée à Finsbury Park, dans le nord de Londres. De plus, un attentat suicide commis à l’Arena de Manchester avait fait 22 morts le 22 mai.

Le métro de Londres a été pris pour cible plusieurs fois dans le passé, notamment en juillet 2005, lorsque des kamikazes se sont faits exploser à bord de trois rames et d’un bus, faisant 52 morts en plus d’eux-mêmes. Quatre autres kamikazes avaient tenté une attaque similaire quinze jours plus tard mais leurs engins explosifs ne s’étaient pas complètement actionnés.

L’année dernière, Damon Smith, un étudiant porté sur les armes et sur l’extrémisme islamiste, avait laissé un sac à dos rempli d’explosifs et qui contenait un roulement à billes dans le métro de Londres. Le dispositif n’avait pas explosé.

Dans l’édition la plus récente de son magazine, al-Qaida recommande vivement à ses partisans de cibler les trains.

Les autorités britanniques affirment avoir déjoué 19 projets d’attentats depuis le milieu de l’année 2013, dont six depuis les attaques au fourgon et au couteau qui ont eu lieu sur le pont de Westminster et au Parlement au mois de mars qui ont fait cinq morts.

Des techniciens médico-légaux travaillent à côté du métro arrêté à la station Parsons Green située à l'ouest de Londres, le 15 septembre 2017, suite à l'explosion d'un engin artisanal (Crédit : (AFP/Daniel Leal-Olivas)

Des techniciens médico-légaux travaillent à côté du métro arrêté à la station Parsons Green située à l’ouest de Londres, le 15 septembre 2017, suite à l’explosion d’un engin artisanal (Crédit : (AFP/Daniel Leal-Olivas)

Séparément, les autorités en charge de l’anti-terrorisme en France enquêtent sur une tentative d’attentat à l’arme blanche commise contre un soldat qui patrouillait dans le métro parisien.

Le bureau du procureur de Paris a indiqué que les enquêteurs de l’anti-terrorisme ont ouvert une enquête sur l’incident survenu vendredi matin à la station Châtelet, dans le centre de la capitale, sur la base des examens préliminaires des antécédents de l’attaquant.

L’agresseur, doté d’un couteau, a tenté d’attaquer un militaire appartenant à une force spéciale chargée de protéger les sites parisiens majeurs suite à des attentats meurtriers perpétrés par des extrémistes islamiques. L’homme a été rapidement arrêté et personne n’a été blessé.