Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a répondu aux vives critiques émises à l’encontre du projet de loi sur « l’Etat juif » en affirmant qu’aucun pays n’était plus démocratique qu’Israël.

Ce projet de loi, qui constitutionnaliserait l’identité juive de l’Etat d’Israël dans les Lois fondamentales d’Israël, a été critiqué au niveau national. Certains ministres ont même menacé de quitter la coalition. Mais il a aussi été dénoncé par le Département d’Etat américain et aussi dans un éditorial du New York Times.

Ce projet de loi a connu plusieurs versions, dont plusieurs qui avaient une ligne plus dure. La dernière version en date proposée par le cabinet n’est pas encore finalisée. Elle devrait être présentée à la Knesset la semaine prochaine.

« Israël est un Etat démocratique, comme il l’a toujours été, comme il le sera toujours », a déclaré Netanyahu lors d’une conférence de presse avec le Premier ministre tchèque, Bohulsav Sobotka, à Jérusalem.

« Je ne connais aucun pays dans le monde qui ne soit plus démocratique, ou qui ne soit une démocratie plus dynamique qu’Israël, et certainement pas dans la région. Ce qui est contesté aujourd’hui, c’est l’existence d’Israël en tant qu’Etat-nation du peuple juif, et de ce fait, nous ancrerons juridiquement ce droit du peuple juif aux côtés de la protection des droits individuels de tous les citoyens d’Israël ».

Dans son éditorial de mardi, le New York Times estime qu’il est « navrant » que ce projet de loi soit présenté à la Knesset. Il suggère aussi à Israël de tenir compte des leçons que les Etats Unis ont apprises lorsqu’ils ont refusé de respecter les droits des Noirs en Amérique.

La Déclaration d’indépendance d’Israël garantit « ‘une complète égalité des droits sociaux et politiques à tous ses citoyens, sans distinction de croyance, de race ou de sexe’ », peut-on lire dans l’article.

« C’est pourquoi il est navrant de voir que le cabinet israélien approuve ce projet discutable qui définira officiellement Israël comme l’Etat-nation du peuple juif, et qui réservera les ‘droits nationaux’ qu’aux Juifs ».

« Ce n’est pas qu’une inquiétude théorique. Ce déni systématique des droits des minorités – principalement des Afro-américains et des Américains du sud, dans une moindre mesure – dans les années 1960 a causé un énorme préjudice à notre pays. Ce problème n’est pas encore entièrement résolu et continuera d’entacher notre démocratie ».