Jérusalem restera unie pour toujours, a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu mardi, rejetant les exigences palestiniennes que la ville soit une capitale partagée. Israël fête l’anniversaire de la prise de Jérusalem Est à la guerre des Six-Jours de 1967.

S’adressant à la Yeshiva Mercaz Harav, un centre d’études juif de nationalistes religieux dans la capitale, Netanyahu a déclaré qu’au cours des 47 ans, depuis qu’Israël a repris Jérusalem Est du contrôle jordanien, la cité a été unie : « C’est comme cela depuis 1967 et cela le sera toujours ».

« Jérusalem, c’est aussi le mont Sion, Jérusalem, c’est le mont du Temple, Jérusalem, c’est le mur Occidental, et Jérusalem, c’est Israël pour l’éternité », a déclaré le Premier ministre en passant en revue les sites revêtant une signification historique et religieuse pour les Juifs dans les zones de la ville prises en 1967.

Considérée auparavant comme un tabou dans les cercles politiques israéliens, l’idée de diviser ou de partager Jérusalem avec les Palestiniens a pris de l’ampleur parmi certains politiciens israéliens au cours des dernières années.

Le Premier ministre de l’époque Ehud Olmert a proposé de séparer la ville lors de négociations avec les Palestiniens en 2008, et d’autres législateurs de haut rang, y compris Tzachi Hanegbi du Likoud, ont également proposé de négocier au sujet de la capitale.

En octobre, la ministre de la Justice Tzipi Livni a fait serment de contrecarrer un projet de loi à la Knesset qui empêcherait le gouvernement de négocier sur la division de Jérusalem.

Les Palestiniens revediquent Jérusalem Est, y compris la Vieille Ville, comme la capitale de leur Etat indépendant. Bien qu’Israël ait dans l’ensemble annexé Jérusalem Est en 1980, la communauté internationale ne reconnaît pas ce statut, et les bâtiments israéliens qui y sont construits sont considérés par beaucoup comme illégaux.

Selon les chiffres du Bureau central des statistiques publiés pour fêter le Jour de Jérusalem, 37 % des 815 000 résidents de Jérusalem sont arabes.

Netanyahu a décrit Jérusalem comme le « cœur de la nation » dans son discours devant une assemblée d’étudiants d’une yeshiva orthodoxe. « Nous protégeons notre cœur, le cœur de la nation ».

« Il y a un esprit spécial ici, cet esprit est transmis à travers un endroit, Jérusalem », a-t-il déclaré.

Selon le Bureau des statistiques, 35 % des habitants juifs de Jérusalem se définissent comme des ultra-orthodoxes en 2013, soit 5 % de plus qu’en 2007.

30 % se définissent comme religieux, 14 % se considèrent traditionnalistes et 20 % se déclarent laïcs. La population traditionnaliste et laïque de la ville a chuté de sept points lors de la décennie passée, a noté l’enquête du Bureau central des statistiques.

Le Premier ministre a également fait la promotion des nombreux projets d’infrastructures qui sont actuellement en cours, y compris une liaison de train à grande vitesse vers Tel Aviv et un élargissement de l’autoroute entre Jérusalem et Tel Aviv.

« Nous nous occupons de la construction, du développement et de la prospérité de Jérusalem. Il y a beaucoup de travail », a-t-il déclaré.

Les critiques sont depuis longtemps pointées vers les négligences systématiques de l’infrastructure de Jérusalem Est.

En mars de cette année, 50 000 Arabes résidents de Jérusalem Est ont été privés d’eau pendant quelques jours, après que la compagnie municipale de l’eau ait coupé l’approvisionnement.

Le Jour de Jérusalem a été marqué par des affrontements entre la police et les manifestants sur le mont du Temple, où au moins un policier et plusieurs croyants musulmans ont été blessés.

Selon la police israélienne, le complexe du mont du Temple, qui comprend la mosquée Al-Aqsa et le Dôme du Rocher, a été fermé tout le reste de la journée pour des raisons de sécurité.