Dépeignant Israël comme une victime potentielle de l’accord sur le nucléaire iranien récemment conclu, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a lancé mardi une attaque cynique sans précédent à l’encontre du secrétaire d’Etat américain John Kerry dans une conversation privée, a rapporté la Radio de l’armée.

Commentant la décision de Kerry de ne pas se rendre en Israël lors d’un voyage au Moyen-Orient la semaine prochaine, dans laquelle le secrétaire discutera de l’accord iranien avec les dirigeants égyptiens et du Golfe, Netanyahu aurait déclaré : « Il n’a vraiment aucune raison de venir ici. »

L’accord iranien, que Netanyahu critique amèrement, « n’a rien à voir avec nous, et n’a pas d’influence sur nous, » a poursuivi le Premier ministre, selon la radio.

« Nous n’étions pas à la table », où il a été négocié. «Nous sommes un des plats sur le menu lui-même. »

Netanyahu parlait dans des «conversations privées» suite à l’annonce par Kerry d’un voyage au Moyen-Orient et en Asie.

Le haut diplomate américain doit commencer sa visite au Caire, à l’occasion du Dialogue stratégique américano-égyptien dimanche. Il se rendra ensuite à Doha, au Qatar, pour rencontrer les ministres des Affaires étrangères du Conseil de coopération du Golfe, qui comprend l’Arabie saoudite, le Koweït, les Emirats arabes unis, Qatar, Bahreïn et Oman.

Le secrétaire voyage suite à l’accord signé entre les P5 + 1 et l’Iran il y a deux semaines, visant à freiner le programme nucléaire iranien. Le gouvernement israélien accuse l’accord de paver la voie à la bombe iranienne et de donner au régime de Téhéran des dizaines de milliards de dollars sous forme d’allégement de sanctions.

Kerry a accusé Netanyahu d’ « exagérer de beaucoup » dans ses critiques. Netanyahu veut persuader le Congrès de rejeter l’accord, avec suffisamment de voix pour contrer un veto présidentiel.

L’Union sioniste a déclaré lundi que la décision de Kerry de ne pas se rendre en Israël lors d’un voyage au Moyen-Orient prouve que la gestion de la relation américano-israélienne par Netanyahu « ne renforce la sécurité d’Israël ». L’approche de Netanyahu « incite les Américains à chercher de nouveaux alliés dans notre région », avance le parti.

Kerry a mis en garde les membres du Congrès mardi que s’ils votaient contre l’accord nucléaire négocié avec l’Iran, Téhéran se dirigerait vers une bombe atomique, les sanctions internationales s’effriteraient et les États-Unis n’auraient aucun accès aux inspections prévues par l’accord.