Netanyahu : La paix est empoisonnée par les actions palestiniennes
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Netanyahu : La paix est empoisonnée par les actions palestiniennes

Le Premier ministre indique qu'il n’envisage pas de faire évacuer les habitants des implantations

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, vote pour les élections primaires du Likud le 31 décembre 2014 (Crédit photo: Miriam Alster / Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, vote pour les élections primaires du Likud le 31 décembre 2014 (Crédit photo: Miriam Alster / Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que les actions des Palestiniens – le dépôt d’une candidature pour l’entrée à la Cour Pénale Internationale et la volonté de créer l’Etat palestinien de façon unilatérale par le biais des Nations Unies – ont fait tomber les perspectives de paix de la table, rendant la possibilité d’un Etat palestinien non pertinente pour les temps à venir.

S’adressant à la Deuxième chaîne d’information, Netanyahu a aussi écarté la possibilité de faire évacuer les habitants des implantations dans son prochain mandat (s’il est réélu), en expliquant que les Palestiniens ont rendu un accord de paix impossible.

« Je ne vois pas [l’évacuation des habitants d’implantations] comme quelque chose de concret pour le moment parce que chaque territoire que nous quittons sera saisi… Je ne veux pas que cela se produise », a-t-il déclaré.

Il a indiqué qu’il voulait une solution avec les Palestiniens, mais que la solution à deux États était impossible pour le moment étant donné la stratégie palestinienne.

Interrogé pour savoir s’il soutenait la création d’un État palestinien, y compris le démantèlement des implantations, Netanyahu a répondu : « Avec les conditions qu’ils veulent, actuellement, c’est tout simplement hors de question. Chaque territoire que nous évacuerions dans la réalité actuelle, et tout le monde le comprend, sera immédiatement saisi [par des forces extrémistes]. »

Netanyahu a déclaré que la stratégie palestinienne avait « totalement épuisé » sa volonté de travailler pour une solution à deux États comme il l’avait déclaré dans un discours marquant de 2009 à l’Université Bar-Ilan.

« Je ne veux pas d’un Etat binational… mais les Palestiniens ont choisi la confrontation. Ils vont aux Nations unies, à la Cour Pénale Internationale pour poursuivre des soldats israéliens, des commandants et des criminels de guerre. Devrions-nous sérieusement leur donner le territoire ? Fermer les yeux ? Nous l’avons déjà fait à Gaza. Nous avons vu ce qui s’est passé. Le Hamas a gagné. »

La semaine dernière, les dirigeants palestiniens ont déposé les documents pour rejoindre la CPI, une décision qui pourrait ouvrir la voie à de futures poursuites contre des dirigeants israéliens ou des commandants de l’armée pour crimes de guerre.

La décision a suivi l’échec palestinien de remporter une majorité au Conseil de Sécurité des Nations unies pour une résolution imposant une date limite de trois ans à un retrait total des Israéliens vers les frontières de 1967 en Cisjordanie et à Jérusalem.

La décision d’adhésion à la CPI a été fortement condamné à Jérusalem et Washington, avec le gel des transferts de taxes d’Israël vers les Palestiniens.

Aux Etats-Unis, des officiels du Congrès ont déclaré qu’ils envisageaient de couper les aides de paiement à Ramallah et l’administration Obama a déclaré qu’elle prenait en considération l’arrêt éventuel du financement de l’Autorité palestinienne.

Evoquant les questions intérieures, Netanyahu a détourné la critique pour l’augmentation des prix du logement. Il a rejeté la faute sur le gouvernement de 2006-2009 du Premier ministre Ehud Olmert, et les échecs de Yair Lapid, chef du parti Yesh Atid, qui a servi en tant ministre des Finances sous Netanyahu jusqu’en novembre dernier.

« Pourquoi les prix des appartements ont-ils autant augmenté ? Parce que le gouvernement Olmert a pris l’incroyable décision d’arrêter la construction et la planification dans la région centrale. Nous avons commencé à traiter ce problème il y a deux ans, mais le traitement a été arrêté parce que nous avons un parti à la mode qui était plus important que nous, a-t-il dit en faisant référence à Yesh Atid. Lapid a bloqué la décision d’évacuer les bases de l’armée des zones avec un besoin [d’espace de vie] et j’ai dû m’en séparer et prendre la décision de continuer. »

Quand on l’a questionné sur le fait qu’il a lui-même nommé Lapid au poste de ministre des Finances, Netanyahu a déclaré que cette décision n’était pas vraiment libre.

« Je crois que sa nomination nous a été imposée dans une grande mesure », explique-t-il.

Après la diffusion de l’entretien, Yesh Atid a riposté avec une déclaration accusant Netanyahu d’avoir fait du tort au pays pendant son mandat.

« Netanyahu est dans un état de panique parce qu’il a conduit Israël vers une augmentation dramatique du coût de la vie et une augmentation de 80% du coût du logement, pouvait-on lire dans la déclaration. Il laisse derrière lui un pays moins sûr avec des relations délicates dans la communauté internationale y compris avec notre meilleur allié stratégique, les Etats-Unis. »

Pourtant, malgré la critique, le Premier ministre n’a pas exclu d’accueillir Lapid, et son parti, dans une future coalition.

« Je ne n’écarte ni n’interdis rien », a-t-il déclaré, faisant écho à une déclaration similaire de Lapid sur Netanyahu un jour plus tôt.

Netanyahu a aussi déclaré qu’il avait l’intention de conserver les taxes à leur niveau actuel s’il devait être réélu.

Netanyahu a nié avoir promis à Naftali Bennett, chef du parti religieux national HaBayit HaYehudi et ministre de l’Economie, le poste de ministre de la défense.

« Nous n’avons pas d’accord, et je n’ai rien promis », a-t-il déclaré avant de saluer le travail de l’actuel ministre de la Défense Moshe Yaalon.

« Je pense que nous avons un ministre de la Défense exceptionnel », a-t-il déclaré.

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