Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que les actions des Palestiniens – le dépôt d’une candidature pour l’entrée à la Cour Pénale Internationale et la volonté de créer l’Etat palestinien de façon unilatérale par le biais des Nations Unies – ont fait tomber les perspectives de paix de la table, rendant la possibilité d’un Etat palestinien non pertinente pour les temps à venir.

S’adressant à la Deuxième chaîne d’information, Netanyahu a aussi écarté la possibilité de faire évacuer les habitants des implantations dans son prochain mandat (s’il est réélu), en expliquant que les Palestiniens ont rendu un accord de paix impossible.

« Je ne vois pas [l’évacuation des habitants d’implantations] comme quelque chose de concret pour le moment parce que chaque territoire que nous quittons sera saisi… Je ne veux pas que cela se produise », a-t-il déclaré.

Il a indiqué qu’il voulait une solution avec les Palestiniens, mais que la solution à deux États était impossible pour le moment étant donné la stratégie palestinienne.

Interrogé pour savoir s’il soutenait la création d’un État palestinien, y compris le démantèlement des implantations, Netanyahu a répondu : « Avec les conditions qu’ils veulent, actuellement, c’est tout simplement hors de question. Chaque territoire que nous évacuerions dans la réalité actuelle, et tout le monde le comprend, sera immédiatement saisi [par des forces extrémistes]. »

Netanyahu a déclaré que la stratégie palestinienne avait « totalement épuisé » sa volonté de travailler pour une solution à deux États comme il l’avait déclaré dans un discours marquant de 2009 à l’Université Bar-Ilan.

« Je ne veux pas d’un Etat binational… mais les Palestiniens ont choisi la confrontation. Ils vont aux Nations unies, à la Cour Pénale Internationale pour poursuivre des soldats israéliens, des commandants et des criminels de guerre. Devrions-nous sérieusement leur donner le territoire ? Fermer les yeux ? Nous l’avons déjà fait à Gaza. Nous avons vu ce qui s’est passé. Le Hamas a gagné. »

La semaine dernière, les dirigeants palestiniens ont déposé les documents pour rejoindre la CPI, une décision qui pourrait ouvrir la voie à de futures poursuites contre des dirigeants israéliens ou des commandants de l’armée pour crimes de guerre.

La décision a suivi l’échec palestinien de remporter une majorité au Conseil de Sécurité des Nations unies pour une résolution imposant une date limite de trois ans à un retrait total des Israéliens vers les frontières de 1967 en Cisjordanie et à Jérusalem.

La décision d’adhésion à la CPI a été fortement condamné à Jérusalem et Washington, avec le gel des transferts de taxes d’Israël vers les Palestiniens.

Aux Etats-Unis, des officiels du Congrès ont déclaré qu’ils envisageaient de couper les aides de paiement à Ramallah et l’administration Obama a déclaré qu’elle prenait en considération l’arrêt éventuel du financement de l’Autorité palestinienne.

Evoquant les questions intérieures, Netanyahu a détourné la critique pour l’augmentation des prix du logement. Il a rejeté la faute sur le gouvernement de 2006-2009 du Premier ministre Ehud Olmert, et les échecs de Yair Lapid, chef du parti Yesh Atid, qui a servi en tant ministre des Finances sous Netanyahu jusqu’en novembre dernier.

« Pourquoi les prix des appartements ont-ils autant augmenté ? Parce que le gouvernement Olmert a pris l’incroyable décision d’arrêter la construction et la planification dans la région centrale. Nous avons commencé à traiter ce problème il y a deux ans, mais le traitement a été arrêté parce que nous avons un parti à la mode qui était plus important que nous, a-t-il dit en faisant référence à Yesh Atid. Lapid a bloqué la décision d’évacuer les bases de l’armée des zones avec un besoin [d’espace de vie] et j’ai dû m’en séparer et prendre la décision de continuer. »

Quand on l’a questionné sur le fait qu’il a lui-même nommé Lapid au poste de ministre des Finances, Netanyahu a déclaré que cette décision n’était pas vraiment libre.

« Je crois que sa nomination nous a été imposée dans une grande mesure », explique-t-il.

Après la diffusion de l’entretien, Yesh Atid a riposté avec une déclaration accusant Netanyahu d’avoir fait du tort au pays pendant son mandat.

« Netanyahu est dans un état de panique parce qu’il a conduit Israël vers une augmentation dramatique du coût de la vie et une augmentation de 80% du coût du logement, pouvait-on lire dans la déclaration. Il laisse derrière lui un pays moins sûr avec des relations délicates dans la communauté internationale y compris avec notre meilleur allié stratégique, les Etats-Unis. »

Pourtant, malgré la critique, le Premier ministre n’a pas exclu d’accueillir Lapid, et son parti, dans une future coalition.

« Je ne n’écarte ni n’interdis rien », a-t-il déclaré, faisant écho à une déclaration similaire de Lapid sur Netanyahu un jour plus tôt.

Netanyahu a aussi déclaré qu’il avait l’intention de conserver les taxes à leur niveau actuel s’il devait être réélu.

Netanyahu a nié avoir promis à Naftali Bennett, chef du parti religieux national HaBayit HaYehudi et ministre de l’Economie, le poste de ministre de la défense.

« Nous n’avons pas d’accord, et je n’ai rien promis », a-t-il déclaré avant de saluer le travail de l’actuel ministre de la Défense Moshe Yaalon.

« Je pense que nous avons un ministre de la Défense exceptionnel », a-t-il déclaré.