Dans son discours du jeudi 23 janvier à Davos, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait part des difficultés que son gouvernement rencontre quand il s’agit du conflit avec les Palestiniens : d’une part, éviter à tout prix la solution d’un Etat binational, regroupant Israéliens et Palestiniens.

D’autre part, empêcher le futur Etat palestinien d’être sous l’égide de l’Iran. « La moitié de la société palestinienne est sous leur influence », a-t-il déclaré, faisant référence au Hamas dans la bande de Gaza.

Lors de son allocution au sommet annuel du Forum économique mondial à Davos, en Suisse, Benjamin Netanyahu a déclaré qu’Israël voulait la paix, mais qu’il ne pouvait l’obtenir sans l’aide d’un fort leadership palestinien et des Etats-Unis.

Parallèlement aux événements liés au Forum, Benjamin Netanyahu s’entretiendra avec le secrétaire d’Etat américain John Kerry, qui tente de relancer les négociations de paix depuis le mois de juillet dernier.

Lors d’une session questions-réponses après son discours, le Premier ministre israélien a expliqué que le programme nucléaire iranien et la montée de l’islamisme étaient une préoccupation commune pour Israël et les pays du monde arabe.

« Les gouvernements arabes sont aussi préoccupés par l’arsenal nucléaire de l’Iran et par les Frères musulmans » Benjamin Netanyahu

« Les gouvernements arabes sont aussi préoccupés par l’arsenal nucléaire de l’Iran et par les Frères musulmans », a-t-il observé. « Ces nations ne voient pas Israël comme un ennemi mais comme un allié potentiel pour combattre ces menaces. Ils n’ont pas été rassurés par le discours du président Rouhani. Ils l’ont bien compris. Nous aurions tous préféré qu’il y ait un véritable changement en Iran. »

Quelques heures plus tôt, le président iranien a appelé à l’amélioration des relations avec la communauté internationale, arguant que son pays n’avait jamais cherché à obtenir l’arme nucléaire.

Pour Benjamin Netanyahu, le discours de Hassan Rouhani est « à mille lieux de ce qu’il se passe en réalité ». Il a ajouté que le processus de paix avec les Palestiniens pourrait avancer plus vite si l’Iran changeait vraiment sa politique.

Par ailleurs, il a précisé qu’une coopération économique entre Israéliens et Palestiniens était nécessaire pour mener à bien ces négociations et s’est prononcé en faveur d’ « un accord de paix sincère, véritable et fiable ».

« J’espère que c’est aussi le cas pour Mahmoud Abbas [le président de l’Autorité palestinienne]», a-t-il ajouté. « Une coopération économique avec les Palestiniens est la première étape avant un accord de paix politique. Cette dynamique existe déjà entre certains entrepreneurs israéliens et palestiniens. »

Le Premier ministre israélien a aussi exprimé son mécontentement suite aux récentes initiatives européennes visant à sanctionner les colonies en Cisjordanie.

« Si l’Europe est perçue comme un moyen de pression supplémentaire sur Israël, cela va durcir la position palestinienne. »