Israël ne relâchera aucun prisonnier palestinien sans rien qui en vaille la peine en échange, a assuré le Premier ministre Benjamin Netanyahu dimanche.

Netanyahu faisait en effet référence à la nouvelle de ce week-end, selon laquelle Jérusalem libérerait 400 détenus supplémentaires si les Palestiniens acceptaient de prolonger les négociations. Les pourparlers de paix devraient normalement prendre fin le 29 avril prochain.

La question des prisonniers sera résolue dans les prochains jours lorsqu’ « elle sera fermée ou qu’elle éclatera, » a indiqué Netanyahu lors d’une réunion avec des députés, dont la plupart sont opposés à la libération.

« Dans tous les cas, il n’y aura pas d’accord sans rien recevoir [en échange] qui en vaille la peine, » a ajouté le Premier ministre.

Tout accord comprenant une libération de prisonniers devra obtenir l’approbation du gouvernement, a assuré Netanyahu. Il a indiqué que les délibérations concernant la libération des prisonniers supplémentaires pourrait prendre plusieurs jours.

Samedi, Jérusalem a refusé de libérer le groupe de 26 détenus palestiniens qui devaient être libérés. Cette libération avait été prévue en juillet en préparation des négociations.

Quatorze Arabes israéliens devaient être relâchés, ce qui avait consterné plusieurs membres du gouvernement.

Israël a refusé de libérer les 26 prisonniers, à moins que les négociations ne soient prolongées.

Selon le Times of Israel, Israël avait offert de libérer jusqu’à 400 prisonniers, choisis par l’État juif, en échange de la prolongation des négociations et la promesse des Palestiniens de ne pas s’adresser à l’ONU.

Les pourparlers étant sur le point de s’effondrer, Washington essaye de faire accepter un accord-cadre aux deux parties, qui prolongerait les négociations jusqu’à la fin de l’année.

Mais l’affaire s’est compliquée quand Israël n’a pas respecté son engagement à libérer le dernier groupe de prisonniers palestiniens comme prévu l’été dernier afin de relancer les négociations.

Israël a annoncé aux Palestiniens vendredi, via l’intermédiaire d’un médiateur américain, qu’il ne libérerait pas le quatrième et dernier groupe de prisonniers. Le Département d’État américain a indiqué faire des efforts « intenses » pour solutionner le désaccord.

Les Palestiniens ne veulent pas discuter de la prolongation des pourparlers tant que les prisonniers ne sont pas libérés. Mais Israël refuse de les libérer sans l’engagement des Palestiniens à poursuivre les négociations.

Issa Karake, le ministre palestinien des Prisonniers, a indiqué samedi à l’AFP que la crise se résoudrait probablement très vite.

« Les efforts pour résoudre la crise sont tels que je pense que tout sera plus clair dans 24 heures, » a-t-il affirmé.

L’accord qui a permis la reprise en juillet des négociations après trois ans de suspension prévoit la libération, en quatre contingents, de 104 prisonniers incarcérés par Israël avant les accords israélo-palestiniens de 1993, en contrepartie de la suspension de toute démarche palestinienne pour adhérer aux organisations internationales, y compris les juridictions à compétence mondiale.

Israël a jusqu’à présent libéré 78 des prisonniers et le dernier groupe devait être libéré le 29 mars.

l’AFP a contribué à cet article.