Au deuxième jour d’un fragile cessez-le-feu en Syrie, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche que si Israël était heureux de la perspective d’une fin des hostilités là-bas, toute solution à long terme devrait aussi assurer la sécurité de l’Etat juif.

« Nous nous félicitons des efforts déployés pour parvenir à un cessez-le-feu stable, à long terme et réel en Syrie, » a-t-il dit lors du conseil des ministres hebdomadaire à Jérusalem. « Tout ce qui met fin au terrible carnage là-bas est important, d’abord et avant tout d’un point de vue humain. »

Le fragile cessez-le-feu en Syrie est entré dimanche dans sa deuxième journée, avec des zones de combat dans tout le pays en grande partie calme pour la première fois depuis cinq ans malgré quelques violations sporadiques. La trêve temporaire, négociée par Washington et Moscou, est considérée comme une étape cruciale pour mettre fin à un conflit qui a fait 270 000 morts et déplacé plus de la moitié de la population.

« Mais dans le même temps il est important que les choses soient claires, » a continué Netanyahu , »tout arrangement en Syrie doit comprendre la fin de l’agression iranienne contre Israël à partir du territoire syrien. »

On estime que des agents iraniens opèrent depuis la partie syrienne du plateau du Golan depuis plusieurs années, cherchant des moyens d’attaquer Israël. Parralèlement, le Hezbollah basé au Liban, un groupe lié à l’Iran qui a combattu les forces rebelles aux côtés de l’armée syrienne, a menacé de commettre des attaques transfrontalières.

Jérusalem a longtemps averti que l’Iran fournissait au Hezbollah des armes sophistiquées dans le but de l’aider dans sa lutte contre Israël. L’aviation israélienne a lancé plusieurs frappes aériennes au cours des dernières années afin de contrecarrer ces livraisons, selon des sources étrangères.

« Nous n’accepterons pas la fourniture d’armes sophistiquées au Hezbollah à partir de la Syrie ou du Liban, nous n’accepterons pas la création d’un deuxième front terroriste sur le plateau du Golan », a prévenu le Premier ministre.

« Tout ceci constitue les lignes rouges tracées par l’Etat d’Israël et elles le resteront », a ajouté le Premier ministre.

Le 19 décembre 2015, le terroriste libanais Samir Kuntar a été tué dans un raid aérien sur un bâtiment près de Damas, ce qui a incité le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah à jurer de se venger contre Israël.

Israël n’avait pas officiellement révendiqué l’attaque, bien que ses responsables aient exprimé leur satisfaction concernant la mort de Kuntar. Au lendemain de l’incident, Nasrallah a affirmé qu’Israël a peut-être coordonné l’attaque avec les rebelles « terroristes » syriens opérant dans la région. Le régime d’Assad a également accusé des « groupes terroristes » d’être responsables du raid.

Des enfants syriens jouant sur un toboggan dans un parc dans la ville de Douma tenue par les forces rebelles, à l'est de la capitale Damas, le 27 février 2016 (Crédit photo: Sameer Al-Doumy / AFP)

Des enfants syriens jouant sur un toboggan dans un parc dans la ville de Douma tenue par les forces rebelles, à l’est de la capitale Damas, le 27 février 2016 (Crédit photo: Sameer Al-Doumy / AFP)

En janvier, Israël avait bombardé la frontière libanaise pendant plusieurs jours consécutifs, dans le but de dissuader une attaque du Hezbollah à la suite des menaces de Nasrallah. Le 16 février, le chef du Hezbollah avait averti que son groupe pouvait vaincre l’Etat juif dans un futur conflit en ciblant les réservoirs d’ammoniaque de Haïfa, entraînant des pertes massives.

« Ce serait exactement comme une bombe atomique, et nous pouvons dire que le Liban a aujourd’hui une bombe atomique, car toute roquette qui pourrait frapper ces réservoirs est capable de créer un effet de bombe nucléaire », a-t-il déclaré dans un rare discours.

Trois jours plus tard, le ministre israélien de la Défense Moshe Yaalon a déclaré que « l’Iran a essayé d’ouvrir un front de terreur» contre Israël sur le plateau du Golan. Il a ajouté que s’il avait à choisir « entre l’Iran et l’Etat islamique, je choisis l’Etat islamique. »

Moshe Yaalon s’était montré lundi sceptique sur les chances d’un cessez-le-feu en Syrie. « Il m’est difficile de voir un cessez-le-feu stable alors que Daesh (l’organisation de l’Etat islamique) et le Front al-Nosra (la branche d’Al-Qaïda en Syrie) ne sont pas partie prenante du processus et que les Russes disent : ‘tant que ces deux organisations agiront nous les frapperons’.

L’AFP a contribué à cet article.