Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifié mardi d’ « absurde » une nouvelle résolution de l’UNESCO qui semble nier le lien historique entre Jérusalem et les Juifs en présentant Israël comme une « puissance occupante » dans la Ville sainte.

Ce texte a été adopté au siège de l’UNESCO à Paris par 22 voix contre 10, et 23 abstentions. Il doit être entériné vendredi par le conseil exécutif de l’agence onusienne.

Le texte de mardi « rappelle que toutes les mesures […] prises par Israël, une puissance occupante, qui ont altéré ou visent à altérer le statut de la Ville sainte de Jérusalem », notamment la loi d’annexion de Jérusalem Est, conquise en 1967, par Israël sont « nulles et non avenues et doivent être annulées ».

Israël considère l’ensemble de Jérusalem comme sa capitale unifiée, ce que la communauté internationale n’a jamais reconnu, alors que les Palestiniens veulent faire de Jérusalem Est la capitale de l’état auquel ils aspirent.

Le Dôme du Rocher, à gauche, sur le complexe appelé al-Haram al-Sharif par les musulmans et mont du Temple par les juifs, et le mur Occidental, site le plus saint du judaïsme, dans la Vieille Ville de Jérusalem, en octobre 2007. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Le Dôme du Rocher, à gauche, sur le complexe appelé al-Haram al-Sharif par les musulmans et mont du Temple par les juifs, et le mur Occidental, site le plus saint du judaïsme, dans la Vieille Ville de Jérusalem, en octobre 2007. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Netanyahu a critiqué l’initiative de l’UNESCO, tout en se félicitant d’un succès diplomatique remporté par son pays au fil des mois concernant les différentes résolutions de l’agence onusienne sur Jérusalem.

« Le nombre de pays qui ont soutenu cette proposition absurde ne cesse de diminuer. Il y a un an, 32 états l’avaient soutenue, il y a six mois, ce chiffre est descendu à 26 et cette fois-ci ils ne sont plus que 22 », a ajouté le Premier ministre.

« Mon objectif est de n’avoir aucun vote sur Israël à l’UNESCO », a dit Netanyahu.

« L’année dernière, l’UNESCO a dit que le peuple juif n’avait aucune relation avec le mont du Temple, a-t-il rappelé. Vous imaginez ? » Il a ri à cette idée, avant de poursuivre. « Il y a 3 000 ans, Salomon a construit le Temple là-bas, et il y a un an l’UNESCO a dit que nous n’avions aucune relation avec le mont du Temple. »

Les responsables israéliens ont condamné mardi le résultat du vote, mais, comme Netanyahu, se sont félicités d’une victoire diplomatique pour Israël.

Avigdor Liberman, ministre de la Défense, pendant la cérémonie de Yom HaZikaron au cimetière militaire  Kiryat Shaul de Tel Aviv, le 1er mai 2017. (Crédit : Ariel Harmoni/ministre de la Défense)

Avigdor Liberman, ministre de la Défense, pendant la cérémonie de Yom HaZikaron au cimetière militaire
Kiryat Shaul de Tel Aviv, le 1er mai 2017. (Crédit : Ariel Harmoni/ministre de la Défense)

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a estimé que ce vote « revient à nier la souveraineté d’Israël sur l’ensemble de Jérusalem et à présenter notre pays comme un pays occupant, le jour où nous célébrons notre indépendance. »

La vice-ministre des Affaires étrangères Tzipi Hotovely a déclaré dans un communiqué que l’UNESCO « continue de falsifier l’histoire. »

La résolution, a-t-elle écrit, « ne blesse que la pertinence de l’organisation qui est censée protéger l’héritage et la culture et qui, encore et encore, abuse pourtant de sa position quand il s’agit d’Israël. Israël n’a pas besoin de l’approbation d’institutions politiques pour sa connexion historique et incontestée à notre capitale éternelle, Jérusalem, une connexion qui a 3 000 ans et s’exprime dans chaque pierre de la ville. »

« Israël apprécie les pays qui s’en sont tenus à la vérité et n’ont pas versé dans la politique qui déforme l’Histoire », a-t-elle ajouté.

Sur Twitter, le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan a remercié les pays qui ont voté contre la résolution.

« Vous êtes du bon côté de l’Histoire et de la vérité », a-t-il écrit.

Les politiciens de l’opposition ont pour leur part affirmé que ce vote, le jour même de Yom HaAtsmaout, était « antisémite ».

Isaac Herzog, le chef de l’opposition, a déclaré dans un communiqué que « la résolution de l’UNECO d’aujourd’hui [mardi] contre Israël est une honte antisémite et anti-israélienne qui déforme l’historie du peuple juif et sa connexion inébranlable à sa capitale éternelle Jérusalem. C’est une triste décision, sans aucune norme ou validité, qui trouvera sa voie vers la corbeille de l’histoire, tout comme les accusations que le sionisme est un racisme. »

Yair Lapid, président et député du parti Yesh Atid, a déclaré dans un communiqué que « la résolution est infondée et antisémite ».

« Personne, pas même l’UNESCO, ne peut réécrire l’histoire juive. Certainement pas le jour où Israël célèbre 69 ans d’indépendance en tant que pays démocratique et fort. Jérusalem est la capitale éternelle d’Israël, elle l’a toujours été et le sera toujours », a-t-il déclaré.

« Une fois encore, nous avons vu aujourd’hui une série de représentants des Nations unies qui, au lieu de suivre la vérité, capitule devant la campagne antisémite qui est menée par les organisations anti-Israël, a-t-il ajouté.

Le président Reuven Rivlin allume la flamme du souvenir avec la veuve d'un soldat israélien mort au combat, Hagi Ben Ari, pendant la cérémonie officielle de Yom HaZikaron au mur Occidental, à Jérusalem, le 30 avril 2017. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)

Le président Reuven Rivlin allume la flamme du souvenir avec la veuve d’un soldat israélien mort au combat, Hagi Ben Ari, pendant la cérémonie officielle de Yom HaZikaron au mur Occidental, à Jérusalem, le 30 avril 2017. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

Devant les diplomates et Netanyahu, le président Reuven Rivlin a souligné que depuis la fondation d’Israël, les diplomates ont rencontré les hauts responsables israéliens à Jérusalem, même si leurs ambassades sont situées à Tel Aviv.

« Il est temps de mettre fin à cette absurdité. Il est temps de reconnaitre Jérusalem, la capitale officielle de l’Etat d’Israël. De facto, pas simplement de jure. Il est temps de déplacer toutes les ambassades officielles ici. A Jérusalem. »

Le ministère des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne a pour sa part estimé dans un communiqué que le vote de la résolution constituait une « victoire du droit international ».

« La résolution réaffirme la centralité de Jérusalem pour l’héritage mondial ainsi que la nécessité de faire face aux dangers des pratiques illégales d’Israël, la puissance occupante […], qui menacent l’intégrité culturelle et historique de sites d’une valeur inestimable », a ajouté le ministère.