L’accord sur le nucléaire des puissances mondiales avec l’Iran conduira à une guerre et à une course régionale « cauchemardesque » aux armes nucléaires, a averti le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans une allocution sur internet aux Juifs américains et canadiens mardi soir.

Netanyahu, qui a cherché à convaincre le Congrès américain de s’opposer à l’accord, a accusé les soutiens de l’accord dans l’administration de répandre « de la désinformation sur l’accord et sur la position d’Israël » dans une tentative de rassembler leur soutien.

Il a souligné plusieurs « problèmes majeurs » dans l’accord et a affirmé qu’il ne « bloque pas le chemin de l’Iran vers la bombe », mais plutôt le « prépare ».

L’accord, un aboutissment du projet de politique étrangère du président américain Barack Obama, donne à l’Iran « deux voies vers la bombe », permettant à Téhéran d’obtenir une bombe soit en respectant l’accord et en attendant qu’il s’achève, soit en le violant, a averti Netanyahu.

La conférence des Présidents des Fédérations juives aux Etats-Unis et au Canada a encouragé les spectateurs à regarder l’allocution de Netanyahu sur des ordinateurs ou des téléphones portables ou par le biais de groupes de visionnage dans des institutions juives.

Lors de sa brève intervention de mardi, le Premier ministre a répondu à plusieurs questions qui avaient été envoyées à l’avance.

Une des questions était liée à l’alternative israélienne sur l’accord du nucléaire, l’administration a insisté qu’il n’y a pas d’alternative viable à l’accord et que les opposants n’avaient pas rien d’autre à offrir que la guerre.

« Augmenter les sanctions, augmenter la pression », a dit Netanyahu en présentant son alternative à l’accord, affirmant que l’Iran ne quitterait pas la table des négociations, même s’il était soumis à des sanctions plus dures, et accepterait des mesures plus strictes pour restreindre son programme nucléaire.

Il a ajouté que l’opposition à l’accord à travers tout le spectre politique israélien était significatif de sa nature « dangereuse ».

« Une énorme majorité des Israéliens » s’y oppose, a-t-il affirmant qu’il ne s’agissait pas d’une question partisane en Israël, et que cela ne devrait pas non plus être une question partisane aux Etats-Unis. « Dépassez la politique partisane. Jugez [l’accord] sur le fond, seulement sur le fond », a-t-il préconisé.

« Opposez-vous à cet accord dangereux », a-t-il supplié.

Netanyahu a accusé les soutiens de l’accord d’essayer « d’étouffer le débat » et a déclaré qu’il y a eu une fausse présentation de l’accord afin de gagner du soutien.

« L’accord apportera la guerre », a-t-il averti. « L’Iran peut respecter l’accord ou il peut tricher ». Dans tous les cas, il aura la bombe, a déclaré Netanyahu, avant d’ajouter, « des centaines de bombes ».

En outre, a-t-il souligné, en s’adressant au public, l’Iran a construit des missiles ballistiques intercontinentaux afin de « vous frapper », pas Israël.

Il a aussi prédit une course aux armes nucléaires au Moyen-Orient, « la partie la plus enflammable de la planète », dans le sillage de l’accord.

« Voilà la réel cauchemar », a ajouté Netanyahu.

« Voilà où tout cela va conduire, opposez-vous à ce mauvais accord ».

La communauté juive américaine est perçue comme un baromètre clef pour le destin de l’accord, alors que le Congrès dispose d’une période d’examen de l’accord de 60 jours, avant un vote crucial sur une résolution d’approbation ou de désapprobation en septembre.

Plusieurs organisations juives ont appelé les membres à faire de la pression sur leurs élus pour s’opposer à l’accord dont les critiques déclarent qu’il n’empêche pas Téhéran de devenir une puissance nucléaire à long terme.

D’autres organisations, comme le Comité Juif Américain, déclarent qu’ils revoient encore les détails de l’accord, et doivent prendre une position officielle dessus.

J Street a été à l’avant garde des défenseurs de l’accord, annonçant rapidement son soutien et expliquant qu’il présente la meilleure opportunité de restreindre le développement des centrifugeuses de l’Iran.

L’organisation de gauche était une des participantes à un récent appel de visioconférence avec Obama, au cours duquel le président a averti contre la puissance des très grands donateurs qui s’opposent à l’accord, et a appelé ses soutiens à s’exprimer publiquement en faveur de l’accord.

Rebbeca Shimoni Stoil a contribué à cet article.