Suite à l’accord d’union entre le Fatah et le Hamas, le Hamas n’a pas l’intention de modérer sa position contre Israël, a averti le Premier ministre Benjamin Netanyahu dimanche matin. En outre, a-t-il ajouté, au lieu que l’Autorité palestinienne prenne le contrôle de la bande de Gaza, des signes montrent que c’est le Hamas qui se prépare à gagner plus de pouvoir en Cisjordanie.

Plutôt que ce soit l’AP qui prenne le contrôle de la bande de Gaza, « nous voyons de plus en plus de signes que l’opposé se produira, c’est-à-dire que le Hamas étendra son contrôle sur les zones de l’Autorité palestinienne en Judée-Samarie », a déclaré le Premier ministre, utilisant les termes bibliques pour désigner ces régions.

A la fin de la semaine dernière, la direction du Hamas « a réitéré son intention de détruire l’Etat d’Israël », et ceux qui pensaient que le gouvernement d’union palestinien modérerait le mouvement islamique se « trompent », a déclaré Netanyahu en amont de la réunion hebdomadaire du cabinet.

Lundi, le président de l’AP Mahmoud Abbas a prêté serment devant le nouveau gouvernement, fruit d’un pacte d’union entre le tempéré mouvement du Fatah et l’extrémiste Hamas, après une lutte de sept ans. Le Hamas contrôle Gaza depuis 2007, tandis que le Fatah maintient son emprise sur la Cisjordanie.

Israël a d’ores et déjà déclaré qu’il boycotterait le gouvernement et appelé la communauté internationale à l’imiter.

Dimanche, le président Shimon Peres, qui se trouve à Rome pour une prière de la paix avec Abbas au Vatican, a déclaré que le pacte d’union était voué à l’échec. « Vous ne pouvez mélanger le feu et l’eau dans le même verre », a-t-il déclaré.

S’adressant aux ministres israéliens, Netanyahu a renouvelé son appel pour exercer une pression internationale sur Abbas afin de dissoudre l’accord d’union avec le Hamas, alléguant que les racines du conflit israélo-palestinien et les perspectives de paix sont en jeu.

Selon le Premier ministre, même avec le Hamas au sein du gouvernement palestinien, Abbas « est tenu d’honorer tous ses accords précédents », notamment « l’accord de démilitarisation des zones sous contrôle du gouvernement palestinien, y compris, évidemment, la bande de Gaza. »

Dans ses déclarations, Netanyahu a salué l’initiative récente du gouvernement australien de ne plus se référer à Jérusalem-Est comme à un territoire « occupé », une décision qu’il a qualifiée de courageuse et rafraîchissante.