Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est lancé dans une diatribe contre le chef suprême iranien Ali Khamenei ce dimanche.

Selon lui, le discours enflammé prononcé par l’ayatollah, dans lequel il promet de continuer la lutte contre les Etats-Unis et Israël, prouve que Téhéran a bien l’intention de poursuivre son soutien au terrorisme.

Le commentaire, fait à l’occasion de la réunion hebdomadaire du cabinet de Netanyahu, était sa première intervention depuis que Khamenei a prononcé son discours de samedi, après l’accord sur le nucléaire entre l’Iran et grandes les puissances la semaine dernière laissant entrevoir un dégel des relations entre l’Iran et l’Occident.

Mais le Premier ministre affirme que le discours de Khamenei montre bien que Téhéran n’a pas l’intention d’assouplir ses positions anti-occidentales.

« Si quelqu’un pense que les concessions exceptionnelles de l’Iran auraient un impact sur sa politique, ils en ont eu pour leurs frais en entendant le discours belliqueux et provocateur du leader iranien Khamenei, » a affirmé Netanyahu.

Khamenei a déclaré dans un discours prononcé samedi que l’accord nucléaire avec les grandes puissances ne changerait ni la politique de l’Iran vis-à-vis de « l’arrogant gouvernement américain » ni sa politique de soutien à ses « amis » dans la région : les peuples opprimés de la Palestine, du Yémen, les gouvernements syrien et irakien, les peuples opprimés de Bahreïn et les combattants passionnés de la résistance au Liban et en Palestine. »

« Les Iraniens ne cherchent même pas à cacher le fait qu’ils vont profiter des dizaines de milliards de dollars qu’ils recevront dans le cadre de cet accord afin d’armer les terroristes », a déclaré le Premier ministre.

L’accord nucléaire conclu entre l’Iran et les puissances mondiales la semaine dernière à Vienne permettrait de dégager des milliards en avoirs iraniens gelés dans le cadre des sanctions internationales.

Netanyahu a qualifié l’accord d’ « erreur historique » et critiqué les puissances mondiales pour avoir levé les sanctions sans exiger des dirigeants iraniens l’arrêt de leur soutien au terrorisme.

« Ils ont dit déclaré sans hésitation qu’ils continueront leur combat contre les Etats-Unis et leurs alliés, et au premier rang desquels l’on trouve bien sûr Israël » a déclaré M. Netanyahu.

 Ali Khamenei s'exprimant à Téhéran le 18 juillet (Capture écran d'Iran Press TV)

Ali Khamenei s’exprimant à Téhéran le 18 juillet (Capture écran d’Iran Press TV)

Khamenei a soutenu qu’un accord plus large avec les Etats-Unis est peu probable, optant pour une position différente de celle du président modéré Hassan Rouhani, qui avait déclaré auparavant que l’accord de Vienne pourrait « étape par étape, battre en brèche le mur de méfiance » qui sépare l’Iran des États-Unis.

L’Iran a fourni des fonds et des conseillers militaires pour soutenir le conflit qui oppose depuis quatre ans le président syrien Bashar el-Assad aux rebelles, qu’il affirme être armés par les pays du Golfe. Téhéran dote également en fonds et en armes le groupe terroriste libanais chiite du Hezbollah, ainsi que les groupes terroristes palestiniens du Hamas et du Jihad islamique.