Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a écarté les avertissements du Secrétaire d’Etat américain John Kerry, à propos des boycotts dimanche 2 février, affirmant que de tels actes sont « immoraux et injustifiés » et ne feront que  « repousser la paix ».

« Les tentatives de boycotter l’Etat d’Israël sont immorales et injustifiées, » a-t-il dit lors de la réunion de son gouvernement. « En dehors de cela, ces tentatives n’atteindront pas leur but. D’abord, cela retranche les Palestiniens dans leurs positions, remettant à plus tard la paix. Ensuite, aucune pression quelle qu’elle soit me fera abandonner les intérêts essentiels de l’Etat d’Israël, et en particulier s’il s’agit de la sécurité des citoyens israéliens, » a-t-il souligné.

Ces derniers jours, des banques et des fonds de pension de pays scandinaves et des Pays-Bas ont prévu d’arrêter de travailler avec des banques et des entreprises israéliennes en raison de leurs activités en Cisjordanie.

Kerry a prévenu qu’un échec affecterait Israël et sa capacité à être « un Etat démocratique pourvu de son caractère juif, élément central de son Histoire et de son avenir. »

Le Secrétaire d’Etat américain a aussi répondu aux critiques acerbes, dont il a été la cible durant le mois de janvier, de la part du ministre de la Défense, Moshe Yaalon, qui s’est excusé après avoir qualifié le comportement de Kerry « d’obsessionel et de messianique ». Kerry s’est dit « surpris » de ces accusations et plutôt qu’être fanatique et obsessionnel, lui et son équipe « travaillaient dur, pour éviter un échec qui s’avèrerait être inacceptable ».

En réponse aux avertissements liés aux menaces de boycott à l’encontre d’Israël, le ministre de l’Economie et du commerce israélien Naftali Bennett, a accusé Kerry d’inciter et de servir, tel un « porte-parole » des éléments antisémites qui cherchent à boycotter Israël.

Bennett s’est adressé à Kerry « et à l’ensemble de ses conseillers », via sa page Facebook, en publiant : « le peuple Juif est plus fort que ces menaces qui pèsent contre lui, » ajoutant que les Juifs « ne céderaient pas leur terre » en raison de la pression économique.

« Seule la sécurité apportera une stabilité économique, pas un Etat terroriste proche de l’aéroport de Ben Gurion. Nous attendons de nos amis du monde entier qu’ils restent à nos côtés pour affronter les menaces antisémites de boycott contre Israël et de ne pas être leur porte-parole. Dans tous les cas, nous avons su rester forts par le passé et nous le sommes toujours aujourd’hui, » a-t-il conclu.

Le ministre de la construction et du Logement Uri Ariel a rapidement répondu aux propos de Kerry. « Kerry a dit aujourd’hui que la prospérité et l’économie de l’Etat d’Israël sont une illusion, et que si les pourparlers de paix venaient à échouer, Israël serait boycotté. Mais la vérité, c’est que les seules illusions [qui existent] sont les slogans de paix que Kerry tente de vendre en Israël. Des slogans qui couvre Israël d’une menace existentielle, » peut-on lire sur sa page Facebook. « Les Palestiniens ne savent pas à quel point ils ont de la chance d’avoir un pareil médiateur aussi « impartial.» « Voilà à quoi ressemble la provocation. »

Pendant ce temps, la député du Likoud Tzipi Hotovely, a qualifié « les menaces [de Kerry] d’un boycott sans précédent », comme une manière « d’intimider Israël pour faire un effort afin d’imposer un accord dangereux et contraires aux positions israéliennes. »  Un tel accord, « compromettrait la sécurité d’Israël, » et serait « pire qu’un boycott économique. »

Ofir Akunis, député et speaker du Likoud à la Knesset, a aussi fustigé les remarques de Kerry – représentatives de « la politique agressive de Washington vis-à-vis d’Israël. » Il ajoute : « nous étions là avant Kerry, nous le serons aussi après son départ. »