D’après un haut responsable du cabinet du Premier ministre, Benjamin Netanyahu n’a aucunement l’intention de démanteler les implantations juives de Cisjordanie et ne forcera pas les colons à partir, même dans le cas d’un accord de paix durable avec les Palestiniens.

En effet, ce dernier préfère leur laisser le choix : rester en Cisjordanie sous administration palestinienne, ou s’installer dans un territoire israélien.

Cette exigence constituera sans aucun doute un obstacle de taille aux négociations de paix avec les Palestiniens. Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas ayant catégoriquement rejeté l’idée que des Israéliens – civils ou militaires – puissent rester dans le futur Etat palestinien.

Interviewé par le Times of Israel, le haut responsable israélien proche de Benjamin Netanyahu a réagi au discours de ce dernier, prononcé le 24 janvier à Davos, en Suisse, lors d’une conférence de presse. « Je l’ai dit dans le passé et je le répète aujourd’hui : je n’ai pas l’intention de supprimer la moindre colonie, [et] je ne compte déplacer aucun Israélien », a signalé le Premier ministre israélien.

Celui-ci était en train de répondre à une question concernant la vallée du Jourdain, tout en restant évasif. Il était difficile de déterminer s’il ne parlait que de la vallée du Jourdain ou de la Cisjordanie.

D’après le responsable israélien, le message du Premier ministre était clair : il parlait bien de toute la Cisjordanie. Quant à son refus de faire partir les colons, il entend maintenir sa position sur le long terme, même après la création d’un Etat palestinien.

Cette conférence de presse marque la première intervention publique sur le sujet de Benjamin Netanyahu, depuis le début des négociations en août dernier.

Une petite fille fille à Negohot, près d'Hébron, en Cisjordanie (Crédit : Roy Sharon/Flash90)

Une petite fille fille à Negohot, près d’Hébron, en Cisjordanie (Crédit : Roy Sharon/Flash90)

« Ses propos restent inchangés : les colonies qui se trouveront à l’intérieur des frontières du futur Etat palestinien ne seront pas démantelées », explique le haut responsable. « De la même façon qu’il existe une minorité arabe en Israël, le Premier ministre ne voit pas pourquoi la Palestine ne pourrait pas avoir de minorités juives. Les juifs vivant en Cisjordanie devraient avoir la liberté de choisir s’ils veulent rester ou non. »

« De la même façon qu’il existe une minorité arabe en Israël, le Premier ministre ne voit pas pourquoi la Palestine ne pourrait pas avoir de minorités juives. Les juifs vivant en Cisjordanie devraient avoir la liberté de choisir s’ils veulent rester ou non. »

Benjamin Netanyahu

Le haut responsable note que cette position a été rendue publique pour la première fois en mai 2011 devant les membres du Congrès à Washington. « Le statut des colonies sera défini pendant les négociations », avait alors déclaré le Premier ministre israélien. « Dans n’importe quel accord de paix, certaines colonies se retrouveront inévitablement hors des frontières israéliennes. Lors de ce discours, il n’a pas dit que les colons devraient décider eux-mêmes là où ils veulent vivre. C’est une position qu’il a précisé ces dernières semaines.

Pendant son séjour à Davos, Netanyahu s’est entretenu à trois reprises avec le secrétaire d’Etat américain John Kerry. Ce dernier a annoncé qu’il présenterait bientôt un document qui fixerait le cadre des négociations de paix, en définirait l’objectif et toutes les questions clés. Il fournirait aussi quelques directives aux négociateurs, afin de les aider à parvenir à un accord final.

Selon le responsable israélien, il est peu probable que Washington donne suite à la demande de Benjamin Netanyahu concernant le sort des colonies. A Davos, John Kerry a déclaré qu’il n’y aura aucun soldat israélien dans le futur Etat palestinien.

Donner le choix aux colons de décider où ils veulent vivre est une idée qui a été suggérée pour la première fois en 2006 par l’ancien Premier ministre israélien Ehud Olmert. « Tous les colons qui vivent dans les territoires qui seront évacués doivent décider s’ils veulent vivre dans un Etat juif, l’Etat d’Israël, ou un Etat palestinien », avait-il déclaré.

Jusqu’à ce jour, Benjamin Netanyahu est un fervent opposant du plan désengagement de Gaza initié par Ariel Sharon en 2005. L’ancien Premier ministre avait ordonné l’évacuation de tous les colons de Gaza et la démolition de leurs habitations.