Alors que Likud dégringole dans les sondages, Benjamin Netanyahu a admis jeudi qu’ « il y a réel danger » qu’il soit évincé du poste de Premier ministre.

Si le Likud « n’arrive pas à rattraper le retard qu’il a dans les sondages les prochains jours, a-t-il mis en garde sur la Deuxième chaîne. Il y a un danger certain que Tzipi Livni et [Isaac] Herzog deviennent [les prochains] Premier ministre », en faisant référence aux leaders de l’Union sioniste.

Cependant, affirme-t-il, je ne regrette pas d’avoir organisé ces élections « parce que le gouvernement [précédent] ne marchait plus »

Admettant que « je n’ai pas fait assez » pour faire baisser les prix des logements, une question importante dans ces élections, Netanyahu a affirmé qu’il était pourtant certain que la majorité du « camp national » et « la majorité de la population » veut le voir garder son poste.

Il a exhorté ces Israéliens à ne pas voter pour de petits partis. « S’ils veulent m’avoir comme Premier ministre, leur a expliqué Netanyahu, la seule manière de s’assurer de cela est de voter pour le Likud ».

Cette interview survient dans la cadre d’un blitz médiatique lancé jeudi par Netanyahu, où il s’est adressé au peuple israélien par le biais de différents médias – même s’il n’est pas intervenu sur la Dixième chaîne – dans l’espoir de redonner une impulsion à son parti qui dégringole dans les sondages, se plaçant derrière l’Union sioniste qui caracole en tête.

Même si les sondages sont positifs pour l’Union sioniste d’Herzog et révèle que le parti de l’opposition battrait le Likud, le parti au gouvernement, de trois ou quatre sièges, les analystes affirment pourtant que le parti de l’Union sioniste aurait potentiellement plus de difficultés à former une coalition.

Netanyahu a assuré au micro de la Deuxième chaîne que des dizaines de millions de dollars venant d’Etat européen et de la gauche de pays étrangers avaient été envoyés pour empêcher sa réélection. « Il y a des gouvernements qui veulent renverser la droite, ils s’opposent à moi », s’est-il insurgé.

Il a également évoqué une grande « coalition » de forces, qui inclut une partie des médias israéliens, qui chercherait à renverser la droite israélienne du pouvoir et installer un gouvernement qui abandonnerait le territoire aux Palestiniens. « Tout terrain abandonné sera saisi par des extrémistes islamiques », a-t-il mis en garde.

Il a écarté la notion de partage du poste de Premier ministre dans un gouvernement d’union avec l’Union sioniste. « Je ne vais pas faire tourner le poste de premier ministre, a promis Netanyahu. Cela doit être évité ».

Lorsqu’on lui a demandé s’il quitterait la politique s’il perdait le 17 mars, il a répondu : « Je ne pense pas à la possibilité de partir. Je m’occupe de gagner [pour le moment] ».

Herzog, dont le parti gagnerait, selon les sondages, avec 24 à 25 sièges contre 21 pour le Likud de Netanyahu, a déclaré dans une interview diffusée dans la même émission que, « je n’ai pas l’intention de partager le poste de Premier ministre avec Netanyahu ; J’ai l’intention de le remplacer … Netanyahu a reconnu qu’il avait échoué ».

« J’ai l’intention de gagner », affirme Herzog, exhortant les Israéliens à
« voter pour le Camp sioniste … et me permettre de construire une coalition forte … Si vous voulez du changement, si vous voulez de l’espoir, suivez-moi ».

Isaac Herzog dans un marché dans la ville de Lod le 3 mars 2015 (Crédit : AFP/GIL COHEN-MAGEN)

Isaac Herzog dans un marché dans la ville de Lod le 3 mars 2015 (Crédit : AFP/GIL COHEN-MAGEN)

Lorsqu’on lui a demandé s’il avait suffisamment d’expérience pour le poste, Herzog a souligné qu’il avait eu cinq postes ministériels dans lesquels il avait réussi, et était « prêt pour ce poste… Nous avons vu que le Premier ministre avec de l’expérience n’a presque rien réalisé ».

Herzog a affirmé que sa promesse de faire tourner le poste de Premier ministre avec Livni après deux ans tenait toujours, et que leur partenariat avait « engendré la révolution politique qui se déroule devant vos yeux maintenant ».

Interrogé pour savoir s’il céderait de la souveraineté aux Palestiniens à Jérusalem, Herzog a déclaré que Netanyahu avait « affaibli Jérusalem », alors qu’il soutenait « une Jérusalem unifiée … Mon père a été le premier gouverneur de Jérusalem en 1967. Netanyahu ne devrait pas me faire de prêches au sujet de Jérusalem … L’homme qui a amené la division dans Jérusalem, n’en plaise à Dieu, dans l’ordre du jour était
Netanyahu ».

Il a annoncé qu’il chercherait à reprendre les pourparlers de paix avec les Palestiniens, mais, incluant les Etats arabes modérés dans les négociations.

Répondant aux plaintes de Netanyahu sur le financement étranger des efforts visant à l’évincer, Herzog a noté que le milliardaire américain Sheldon Adelson finance un journal quotidien gratuit qui soutient le Premier ministre. Il a rejeté les affirmations selon lesquelles les gouvernements étrangers cherchaient à renverser le Premier ministre.

Dans une interview accordée à la Première chaîne, Herzog a déclaré que les implantations de Gush Etzion étaient « aussi importantes » que Tel Aviv et que « toutes les implantations seront sous la souveraineté israélienne dans un accord permanent » avec les Palestiniens.

Néanmoins, les implantations en dehors des blocs devraient être évacuées, et il ne devrait pas y avoir de nouveaux investissements dans ces implantations, a précisé Herzog.

Plus tôt jeudi, Herzog a lancé sa campagne sur le marché Carmel de Tel Aviv, alors que d’autres candidats ont intensifié leurs différentes batailles pour consolider le soutien populaire  au cours de cette même journée.

L’orthodoxe-nationaliste de HaBayit HaYehudi, Naftali Bennett, par exemple, a fustigé Moshe Kahlon de Koulanou pour s’être ostensiblement déplacer vers la gauche : « Pour faire du social, vous n’avez pas besoin d’être de gauche », a déclaré Bennett.

Kahlon, pour sa part, est allé dans la ville de Kiryat Gat, dans le sud d’Israël, pour révéler ce qu’il appelle être les fausses allégations de son rival centriste et ancien ministre des Finances Yair Lapid de Yesh Atid sur des supposés milliers de mises en chantier de logement dans la région.

Il avait des caméras sur place qui ont filmé les champs vides. Yesh Atid a immédiatement publié des images de camions à proximité des premières étapes de la construction.

Yair Lapid de Yesh Atid dans un meeting de campagne le 12 mars 2015 à Holon (Crédit : Autorisation)

Yair Lapid de Yesh Atid dans un meeting de campagne le 12 mars 2015 à Holon (Crédit : Autorisation)

Lors d’un meeting de campagne en présence de plus de 2 000 personnes jeudi soir, selon Yesh atid, Lapid a expliqué que mardi prochain « doit être le dernier jour de Netanyahu en tant que Premier ministre d’Israël. Non pas parce qu’il est de droite, non pas parce qu’il est du Likud, mais parce qu’il ne s’implique pas. Parce qu’il a arrêté de se soucier des citoyens d’Israël et tout ce dont il se soucie est son travail, et son cortège de voitures et de garder un mur de verre à l’épreuve des balles entre lui et les vrais problèmes du peuple d’Israël ».

Lapid a poursuivi : « les rues brûlent » avec le soutien de Yesh Atid, et qu’ils s’en sortiront mieux que ce que les sondages prédisent. En effet, selon leurs prédictions, Yesh Atid remporteraient 12 à 14 sièges. « C’est encore mieux que la dernière fois. Cela a à nouveau échappé au radar… Nous l’avons tous senti au cours de ces deux dernières semaines. Il y a des gens qui m’ont affirmé, ‘Je suis venu à vous’, d’autres qui disent : ‘je n’ai pas voté pour vous la dernière fois, mais cette fois nous sommes avec vous’, et les gens qui disent ‘il est temps de changer Israël’ ».

Le dirigeant de l' Union sioniste Isaac Herzog et l'ancien président Shimon Peres le 24 novembre 2013 (Crédit : Mark Neyman/GPO/FLASH90)

Le dirigeant de l’ Union sioniste Isaac Herzog et l’ancien président Shimon Peres le 24 novembre 2013 (Crédit : Mark Neyman/GPO/FLASH90)

L’ancien président et ex-Premier ministre Shimon Peres a apporté jeudi son soutien à Isaac Herzog pour le poste de Premier ministre.

Dans sa déclaration annonçant son soutien, Peres, qui a passé la majorité de sa carrière politique au parti travailliste, a salué Herzog comme « un leader pondéré qui est fiable, responsable et plein de dévouement pour le peuple israélien ».

En réponse, le Likud a déclaré dans un communiqué : « Il est évident que Peres, un homme de gauche, soutienne Buji et Tzipi [Herzog et Livni]. Il est l’architecte des accords d’Oslo, un partisan enthousiaste du désengagement, et un promoteur du retrait de la Cisjordanie. »