Le Premier ministre Benjamin Netanyahu envisagerait de revenir sur sa promesse de campagne d’annuler la taxe sur la valeur ajoutée(TVA) de 18 % sur de nombreux produits alimentaires de première nécessité.

Selon la Dixième chaîne, l’opposition contre cette mesure n’a cessé d’augmenter depuis la fin de la campagne électorale, y compris au sein des institutions économiques les plus importantes d’Israël. La Banque d’Israël, le ministère des Finances, l’administration fiscale et les organismes financiers internationaux ont exprimé leur inquiétude. D’après ces institutions, la mesure n’aiderait pas les plus démunis à acheter des produits de base ; elles recommandent, à la place de cette mesure, l’instauration d’un impôt négatif sur le revenu.

Dans le sillage de cette opposition, qui a été partiellement exprimée (avec véhémence) en public, Netanyahu envisagerait de revenir sur sa promesse de campagne.

L’idée d’une TVA à 0 % sur les produits alimentaires – qui aurait été instaurée pour les denrées de base, telles que les œufs, le lait et le pain – a été proposée pour la première fois lors de la campagne électorale par le chef du parti Shas Aryeh Deri.

L’adoption de cette idée par Netanyahu lors d’un discours en décembre a été perçue comme un signal vers les parties ultra-orthodoxes qui avaient été exclus de son précédent gouvernement qu’il a ensuite considéré comme des partenaires potentiels pour le futur gouvernement.

Selon les critiques, la TVA de 0% permettra uniquement aux consommateurs d’économiser quelques dizaines de shekels par mois. Les économies s’appliqueraient sans distinction de revenus, conduisant à des centaines de millions de shekels perdus pour le budget de l’Etat alors que les consommateurs riches et de la classe moyenne bénéficieraient de cette mesure.

Les responsables du ministère des Finances seraient actuellement en train d’exhorter discrètement le Premier ministre de remplacer la TVA de 0 % par un impôt négatif qui redistribuerait le milliard de shekels – qui serait perdu chaque année par trésor public en raison de la baisse de la TVA – directement aux travailleurs avec des bas-salaires.

On ignore si le Shas acceptera ce renoncement, en particulier dans les deux semaines à venir au cours desquelles le programme du prochain gouvernement sera négocié dans le cadre des négociations de formation de la coalition.