Les dirigeants palestiniens ne veulent pas faire de compromis pour la paix, ils mettent en doute l’efficacité des négociations diplomatiques, a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans un entretien publié jeudi.

S’adressant à Jeffrey Goldberg de Bloomberg, Netanyahu a rejeté la faute de l’échec des négociations de paix sur l’Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas et a fait allusion au fait qu’Israël pourrait prendre des mesures unilatérales en quittant la Cisjordanie.

Netanyahu a également apporté son soutien à la décision de l’administration Obama de ne pas attaquer la Syrie en Août en qualifiant la destruction de armes chimiques qui en a suivi de « rayon de lumière dans une région très sombre. »

Dans sa première déclaration à la presse depuis la fin des processus de paix à la fin du mois dernier, le Premier ministre a formulé avec un regard pessimiste sur la possibilité d’une reprise des négociations.

« Les négociations sont toujours préférables. Depuis Oslo, six Premiers ministres ont échoué dans leur objectif d’une solution négociée, a-t-il déclaré.

Ils ont toujours pensé que nous étions au bord de la réussite, et ensuite [Yasser] Arafat s’est défilé, Mahmoud Abbas s’est défilé, parce qu’ils ne peuvent pas conclure ces négociations. Nous n’avons pas de dirigeants palestiniens qui soient prêts à le faire. Les conditions minimales nécessaires à n’importe quel gouvernement israélien ne peuvent pas être satisfaites par les Palestiniens. »

Interrogé sur la possibilité d’un retrait unilatéral de la Cisjordanie, Netanyahu a reconnu que l’idée prenait de l’ampleur dans l’appareil politique. Il a néanmoins averti qu’Israël ne prendrait pas le risque d’un autre Gaza où le Hamas s’est imposé après le retrait unilatéral d’Israël.

« De nombreux Israéliens se demandent si certaines actions unilatérales pourraient théoriquement avoir du sens. Pour autant, les gens reconnaissent que le retrait unilatéral de Gaza n’a pas amélioré la situation et n’a pas fait avancer la paix, a-t-il déclaré. »

Les négociations ont échoué après neuf mois depuis avril dans un climat de récriminations mutuelles. Chaque partie a refusé d’être à la hauteur de ses engagements d’avant négociations.

Tandis que Netanyahu soutient les efforts du Secrétaire d’Etat John Kerry pour ramener les deux parties à la table de négociations, il a critiqué Abbas de ne pas prendre au sérieux les Américains.

« Qu’a fait Abbas ? Rien. Il a refusé de soutenir les efforts de Kerry d’essayer de discuter des questions fondamentales. Il a donné une dimension internationale au conflit », a-t-il déclaré, en faisant référence à la décision du dirigeant palestinien de poser une candidature à 15 traités internationaux. Jérusalem avait déclaré que cela allait en contradiction à l’engament palestinien de ne pas poser une candidature aux Nations Unies.

Concernant la Syrie, Netanyahu a expliqué qu’il soutenait la décision du président américain Barack Obama de ne pas mener des frappes sur Damas après une attaque chimique dévastatrice.

Il a déclaré qu’il « avait apprécié l’effort » de contraindre le président Syrie Bashar el Assad d’abandonner son stock d’armes chimiques. Pourtant, Netanyahu a souligné qu’Assad n’avait pas rendu toutes ses armes ce qui préoccupe Israël.

« Nous sommes préoccupés du fait qu’il peut ne pas avoir déclaré tout son stock. Néanmoins, ce qui a été enlevé est conséquent. Nous parlons d’environ 90%, a-t-il souligné. »

Tout en mettant en relief les différences de point de vue au sujet du programme nucléaire iranien, le Premier ministre s’est également félicité de la coopération défensive avec les Etats-Unis. Cette coopération n’a pas souffert sous la direction du Secrétaire à la défense Chuck Hagel, perçu par certains comme anti Israël.

« La relation a vraiment été bonne. Notre coopération défensive et notre partage de renseignements ont été très conséquents des deux côtés. Notre travail sur la défense anti-missile et anti roquette ont été très bonnes… Cela ne nous empêche pas d’avoir des divergences sur l’Iran. »

L’entretien a été publié vendredi matin en Israël, une heure avant que Netanyahu ne donne à l’ancien maire de New York Michael Bloomberg, propriétaire de l’empire médiatique Bloomberg, un prix d’un million de dollars.

Bloomberg, milliardaire, a déclaré qu’il donnerait ce prix à une association caritative.