Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rejeté dimanche après-midi le refus du Hamas d’être impliqué dans l’enlèvement des étudiants de yeshiva Eyal Yifrach, Naftali Frenkel, et Gil-ad Shaar, disant qu’Israël savait « pertinemment » que le Hamas était responsable.

« Le refus du Hamas ne change pas ce fait. Et cette attaque ne devrait surprendre personne parce que le Hamas ne fait pas de son ordre du jour un mystère. Le Hamas s’est engagé pour la destruction d’Israël et pour mener des attaques terroristes contre des civils israéliens – y compris des enfants », a-t-il affirmé.

Netanyahu a annoncé dimanche matin que le Hamas était responsable de l’enlèvement des trois adolescents en Cisjordanie, qui s’est produit jeudi soir, des allégations qui ont été rapidement rejetées d’un revers de main par un porte-parole de l’organisation basée à Gaza comme étant
« stupide » et « visant à briser le Hamas. »

Dans un briefing destiné à la presse étrangère dimanche après-midi, le Premier ministre a rejeté l’argument, le qualifiant d' »absurde », selon lequel l’Autorité palestinienne ne peut être tenue pour responsable de l’attaque en raison du fait que la région du Gush Etzion, où les adolescents ont été enlevés, était sous le contrôle sécuritaire israélien.

Le Premier ministre a répété à plusieurs reprises, à la fois dans un discours samedi soir et dimanche dans son allocution, que l’Autorité palestinienne doit assumer l’entière responsabilité du sort des trois adolescents.

« Quand un attentat a lieu à Tel Aviv ou à Londres ou à New York – tous ces endroits ont été la cible de terroristes – la question n’est pas le lieu. La question est son origine. Les ravisseurs dans ce cas ont agi dans le territoire contrôlé par l’Autorité palestinienne, et l’AP ne peut s’exonérer de sa responsabilité », a déclaré Netanyahu.

Il a ajouté qu’Israël fera tout ce qui est possible pour ramener les garçons chez eux sains et saufs.

Le Premier ministre a souligné qu’Israël avait mis en garde la communauté internationale sur les répercussions de la récente formation d’un gouvernement d’union nationale Hamas-Fatah, composé de technocrates, et a averti que, tout comme le Hamas avait pris le contrôle de Gaza, il augmenterait le terrorisme en Cisjordanie.

Israël a renforcé de manière significative sa présence sécuritaire à Hébron, dimanche après-midi et un bouclage a été imposé sur la ville, où l’armée israélienne a concentré ses efforts pour traquer les terroristes. Plus de 80 Palestiniens, dont un certain nombre de responsables du Hamas, ont été placés en détention dans la nuit de samedi.

Avec les arrestations en masse et les fermetures de Hébron, la répression d’Israël sur les ravisseurs est une « punition collective contre l’ensemble du peuple palestinien », a déclaré dimanche un porte-parole du gouvernement palestinien d’union nationale, selon l’Agence palestinienne Maan.

« Le gouvernement israélien ne peut pas tenir les Palestiniens pour responsables de la sécurité dans les territoires occupés qui ne sont pas sous souveraineté palestinienne et qui abritent des dizaines de colonies et d’avant-postes », a déclaré Ehab Bessaiso dans un communiqué.

Le dimanche après-midi, la périphérie de Hébron a été bloquée, tandis que des bulldozers ont été déployés le long d’autres routes pour en empêcher l’accès, a signalé le site Ynet. Des sources palestiniennes ont déclaré que l’armée avait déjà empêché l’entrée ou la sortie dans la ville, qui se situe à 30 kilomètres au sud de Jérusalem.

L’armée israélienne a également déployé des troupes supplémentaires dans la région, où sont censés se trouver les adolescents. Un bataillon supplémentaire de forces d’infanterie a été envoyé à Hébron pour renforcer les forces déjà présentes et les unités spéciales qui exploitent des ballons d’observation ont également reçu l’ordre de prendre des positions sur la ville.

Des centaines de soldats du bataillon Shimshon auraient interrompu leurs exercices d’entraînement sur le plateau du Golan et se dirigeaient vers la Cisjordanie, où ils peuvent également être déployés autour de Hébron. Dimanche après-midi, quelque 2 500 soldats avaient été envoyés à la ville, selon Ynet.

D’après les sources palestiniennes, les services de renseignements palestiniens ont reçu un avis de l’enlèvement seulement 12 heures après l’événement, et depuis lors, ont maintenu la communication avec le côté israélien, avec une coordination active entre les deux forces de sécurité.

Bessaiso, le porte-parole palestinien, a lancé un appel à la « communauté internationale et à toutes les organisations internationales des droits de l’Homme pour protéger le peuple palestinien contre l’escalade israélienne ».

Bassaiso a condamné les fermetures de Hébron, les mesures empêchant les visites aux prisonniers politiques palestiniens détenus en Israël, et « d’autres procédures d’oppression. »