Israël continuera à anticiper les plans de l’ennemi contre l’Etat juif, a promis le Premier ministre Benjamin Netanyahu dimanche, tout en évitant de confirmer publiquement la participation du pays dans un raid aérien en Syrie le mois dernier, qui a fait au moins sept morts côté Hezbollah et iranien.

« Nous avons prouvé que personne n’est à l’abri de notre intention de déjouer des attaques contre nous. Ainsi, nous avons agi et donc nous continuerons d’agir », a-t-il déclaré au début de la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem.

Ces commentaires constituent l’indice le plus fort d’un haut responsable israélien suggérant qu’Israël aurait mené l’attaque du 18 janvier sur le côté syrien du plateau du Golan, qui a tué six agents du Hezbollah et un général iranien, Mohammed Ali Allahdadi.

Dans les semaines suivant l’attaque, le Hezbollah et l’Iran ont menacé de graves conséquences pour Israël.

Mercredi, une cellule du Hezbollah a tiré cinq roquettes antitanks Kornet sur un convoi de commandants d’infanterie de Tsahal, le long de la frontière nord, tuant deux soldats et en blessant sept.

« Aujourd’hui, le cabinet sera informé des événements récents à notre frontière nord, » a déclaré Netanyahu au début de la réunion.

« Vendredi, le ministre de la Défense [Moshe Yaalon] et moi avons rendu visite à nos soldats blessés dans l’attaque terroriste à la frontière nord. J’ai été très impressionné par leur détermination, ainsi que par leur désir de rejoindre leurs camarades à l’avant et de défendre notre pays ».

Les échanges de tirs à la frontière nord le mois dernier ont mis en lumière le rôle croissant de l’Iran dans le conflit en Syrie et, via son représentant le Hezbollah, à la frontière nord d’Israël avec le Liban.

Israël est témoin de « tentatives iraniennes d’ouvrir un autre front contre nous sur le plateau du Golan, en plus du front au sud du Liban », a déclaré Netanyahu dimanche.

Les médias libanais ont rapporté ce week-end qu’un haut général iranien a rencontré le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, le mois dernier suite au raid aérien du 18 janvier.

Qassem Soleimani, le chef obscur de la Force Qods du Corps des Gardiens de la révolution iranien, a également visité les tombes de combattants du Hezbollah tués dans l’attaque sur le plateau du Golan.

Selon les informations de la Deuxième chaîne, Soleimani était présent dans le convoi touché dans la frappe aérienne du 18 janvier, mais cela n’a pas été confirmé.

Parmi les morts de l’attaque du Golan, Jihad Mughniyeh, fils de l’ancien chef militaire du Hezbollah Imad Mughniyeh, qui était recherché en Europe et aux États-Unis pour des activités terroristes et a été éliminé en Syrie en février 2008 lors d’une opération qui aurait été menée par Israël et éventuellement d’autres agences de renseignements occidentales.