Alors que ses partenaires de la coalition se disputent et se menacent après que la ministre de la Justice Tzipi Livni ait tenté de torpiller une proposition de loi clé, le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a décidé d’organiser, puis d’annuler, une réunion d’urgence du Likud lundi. Il souhaitait consulter son parti en vue d’une éventuelle élection anticipée, selon les médias hébreux.

Le ministre des Transport, Yisrael Katz, le ministre de l’Intérieur, GIlad Erdan, Le ministre des Renseignements, Yuval Steinitz et le président de la coalition Zeev Elkin devaient participer à cette réunion avant qu’elle ne soit annulée, selon le quotidien israélien Haaretz.

L’importance de cette réunion a été minimisée par des sources anonymes. Elles ont affirmé que cette réunion était purement informelle. Pourtant, une source proche de Netanyahu révèle que cette réunion a été organisée suite aux rumeurs selon lesquelles Yair Lapid, ministre des Finances et chef du parti Yesh Atid, tentait de former une autre coalition avec des législateurs haredim.

Lapid essaie désespérément de faire passer son projet de loi controversé sur l’achat des biens immobiliers non soumis à la TVA. Le vote de ce projet de loi est important car s’il ne passe pas, le parti Yesh Atid indique qu’il se retirera de la coalition. Leur effort pour faire voter cette loi a pris un coup lorsqu’Avidgor Liberman, ministre des Affaires étrangères et chef du parti Israël Beytenu, a réussi à faire annuler le vote de la commission qui devait avoir lieu lundi. Cette manœuvre a créé une tension au sein de la coalition.

Une source issue de la coalition soutient à Haaretz que « Netanayhu veut la tenue des élections. C’est clair ».

Plus tôt dans la journée, le ministre de l’Economie, Naftali Bennett, qui dirige le parti HaBayit HaYehudi, a mis en garde contre le fait que si le projet de loi pour définir juridiquement Israël comme un Etat juif ne passe pas, « la coalition n’existera plus ».

« Lorsque nous avions formé le gouvernement, nous nous étions mis d’accord sur le fait que la loi « Etat juif » sera votée », ajoute-t-il.

Liberman a mis un frein au projet de loi « Zéro TVA » de Lapid. Ce projet de loi permettrait aux personnes achetant un premier bien immobilier de ne pas être soumises à la TVA. Lors d’une réunion de la commission des Finances de la Knesset, Liberman a indiqué que son parti ne voterait pas en faveur de cette loi. La commission était censée voter lundi.

Le ministre de l'Économie, Naftali Bennett, lors de la 7ème édition de la conférence annuelle de l'INSS à Tel Aviv, le 28 janvier 2014 (Crédit : Flash90)

Le ministre de l’Économie, Naftali Bennett, lors de la 7ème édition de la conférence annuelle de l’INSS à Tel Aviv, le 28 janvier 2014 (Crédit : Flash90)

Bennett et Liberman ont apparemment agi de la sorte en représailles. Ils souhaitaient se venger de Livni qui, avec le soutien du parti Yesh Atid, a utilisé les pouvoirs qui lui sont dévolus grâce à sa fonction de présidente de la commission des Lois pour faire échouer le vote sur le projet de loi relatif à l’ « Etat juif ». Elle a ainsi pu empêcher que cette loi soit présentée à la Knesset.

Netanyahu a annoncé que ce projet de loi ne sera pas présenté pour une deuxième lecture à la commission des Lois, comme le souhaite Livni. Il sera présenté lors de la réunion plénière du cabinet du gouvernement la semaine prochaine. Le cabinet a le pouvoir de soumettre la loi lors d’une session plénière à la Knesset pour qu’elle soit soumise à un vote.

Tzipi Livni le 2 novembre 2014. (Crédit : Alex Kolomoisky/Flash90/pool)

Tzipi Livni le 2 novembre 2014. (Crédit : Alex Kolomoisky/Flash90/pool)

Cependant, les mesures prises par le Premier ministre n’ont pas été à la hauteur des attentes de Bennett. Ce dernier a accusé les partis Yesh Atid et Hatnuah de rompre les engagements pris par la coalition. Il a aussi ajouté qu’HaBayit HaYehudi ne voterait plus en faveur des propositions ou des projets de lois issus de ces deux partis, qui sont ses partenaires dans la coalition.

Le désaccord entre Livni et Netanyahu souligne les dissensions grandissantes qui pèsent sur la coalition. Les branches de la gauche et du centre de la coalition exercent une certaine pression sur Netanyahu. Ils lui reprochent notamment la manière dont il a géré l’échec des négociations de paix avec les Palestiniens et le rôle qu’il a joué lors des tensions grandissantes avec les citoyens arabes israéliens.