Le gouvernement israélien ne forcera pas les résidents juifs de Cisjordanie à quitter leurs maisons, même en cas d’accord de paix avec les Palestiniens, a affirmé vendredi le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans une interview à la télévision israélienne.

Le Premier ministre a clairement fait savoir qu’en cas d’accord, Israël ne pourrait pas étendre sa souveraineté et y inclure l’ensemble des implantations, mais il a maintenu qu’il n’y aurait pas « d’acte d’évacuation. »

C’est la première fois que Netanyahu déclare officiellement qu’il n’acceptera pas une répétition de l’évacuation de Gaza de 2005, décrétée par le Premier ministre Ariel Sharon, décédé en janvier. A l’époque, Netanyahu s’était opposé à la mesure.

Comment, en posant de telles limites, espérer atteindre un accord avec les Palestiniens et est-ce que le Premier ministre s’attend à ce que les habitants des implantations quittent volontairement leurs maisons ?

Netanyahu a répondu en disant que le tracé précis des frontières, en cas de solution à deux Etats, n’était pas encore défini, et qu’il ne souhaitait pas « entrer dans les détails » d’un arrangement sur la question des résidents juifs des implantations.

« Bien sûr, certaines implantations ne feront pas partie de l’accord, tout le monde est conscient de cela », a affirmé Netanyahu. « Je ferai en sorte que [leur nombre] soit aussi limité que possible, si nous arrivons à ce stade. » Il a également promis qu’aucun Israélien ne serait « abandonné. »

Le mois dernier, le Times of Israel révélait, à l’appui d’informations confiées par des sources haut placées au sein du Bureau du Premier ministre, que Netanyahu se battrait pour que les habitants juifs d’implantations éloignées de la future frontière puissent choisir entre rester sur place et vivre sous souveraineté palestinienne ou être relocalisés dans des zones sous souveraineté israélienne.

Dans l’interview sur la Deuxième chaîne, Netanyahu a précisé qu’il était sincère dans sa volonté d’atteindre un accord permanent avec les Palestiniens. Israël doit rester un Etat juif et démocratique, a-t-il précisé, mais il doit également s’assurer que les extrémistes proches de l’Iran ne tirent pas profit d’un arrangement.

Les Israéliens «  ne veulent pas d’un Etat iranien » en Cisjordanie, comme cela s’est produit à Gaza, où les islamistes du Hamas ont pris le pouvoir après le retrait d’Israël.

Le Premier ministre a par ailleurs estimé que Mahmoud Abbas et l’Autorité palestinienne étaient loin d’être prêts à une paix dans des conditions viables.

Il leur faudrait pour cela reconnaître Israël comme Etat juif, abandonner leur exigence d’un « droit au retour » pour des millions de réfugiés et accepter la « fin du conflit », ce qui n’est pour l’heure pas le cas, selon le Premier ministre.

D’après Netanyahu, il faudra au moins un an de plus pour parvenir à un accord de paix avec les Palestiniens.

Au sujet des déclarations incendiaires de Barack Obama à son égard, dans une interview donnée par le président américain à Bloomberg à la veille d’une rencontre bilatérale lundi, Netanyahu a simplement affirmé que « beaucoup de gens disent beaucoup de choses ».

Il a précisé qu’il « avait résisté à la pression » auparavant et qu’il avait fait de même aux Etats-Unis cette semaine, mais n’a pas développé. Il a préféré retenir sa rencontre « positive » avec Obama à la Maison Blanche plutôt que l’interview très critique.

Dans une autre interview sur la Dixième chaîne, Netanyahu a déclaré ne pas avoir « offert » de gel des constructions dans les implantations en vue de prolonger les négociations, mais n’a pas totalement balayé l’idée.

Il a toutefois rappelé que le gel des constructions en 2009-2010 n’avait permis aucune avancée diplomatique.

Le Premier ministre a ajouté que « l’accord-cadre », actuellement élaboré par le secrétaire d’Etat américain John Kerry, refléterait « les positions américaines » et qu’Israël et les Palestiniens pourraient s’opposer à certaines des conditions. « Nous n’avons pas à accepter tout ce qu’ils écrivent. »

Il a également affirmé qu’il comptait faire en sorte que Jérusalem reste la capitale indivisible de l’Etat d’Israël.