Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche que des membres de l’équipe de Joe Biden arrivaient en Israël avant une possible visite du vice-président américain.

Citant des médias annonçant que Biden considérait de visiter Israël ces prochains jours, Netanyahu a confirmé pendant la réunion hebdomadaire du cabinet que l’équipe du vice-président arrivait en Israël, bien qu’aucune date n’ait été fixée pour une visite officielle.

Le mois dernier, Biden a rencontré Netanyahu à Davos, en Suisse, peu après la levée des sanctions iraniennes par les Etats-Unis dans le cadre de l’accord nucléaire. Les Etats-Unis ont cherché à apaiser les inquiétudes israéliennes concernant cet accord via des discussions sur un nouvel accord à long terme sur l’aide militaire américaine à Israël.

Selon le bureau de Netanyahu, les deux hommes ont discuté de sécurité et d’intérêts stratégiques au Moyen Orient ainsi que d’énergie.

« La rencontre a été amicale et chaleureuse et a eu lieu dans une excellente atmosphère » avait déclaré à l’époque un fonctionnaire du bureau du Premier ministre.

La dernière visite de Biden en Israël avait déclenché un froid diplomatique avec Washington en 2010, quand Israël avait annoncé des projets de construction dans les implantations pendant la visite de Biden.

Samedi, l’ambassadrice des Etats-Unis aux Nations Unies, Samantha Power, est arrivée en Israël pour une série de discussions diplomatiques de haut niveau visant à reprendre les négociations de paix israélo-palestiniennes, sur la base d’une solution à deux états.

Pendant la réunion du cabinet dimanche, Netanyahu a parlé de la récente baisse des tensions entre Jérusalem et l’Union européenne, qui avaient été déclenchées par la décision de l’Union d’étiqueter les produits importés des implantations de Cisjordanie, comme d’un « pas dans la bonne direction ».

Vendredi, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon a déclaré que les deux parties avaient « surmonté la crise » après que la représentante pour l’UE des Affaires étrangères ait assuré Netanyahu que la directive « n’était pas une mesure politique pour déterminer les futures frontières ou boycotter Israël ».

Le président Barack Obama pourrait rencontrer Netanyahu le mois prochain pour conclure une importante aide de 10 ans, a déclaré jeudi l’ambassadeur américain en Israël.

Le président américain Barack Obama, à droite, et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se serrent la main lors d'une réunion dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 9 novembre 2015 (Crédit : AFP / Saul Loeb)

Le président américain Barack Obama, à droite, et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se serrent la main lors d’une réunion dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 9 novembre 2015 (Crédit : AFP / Saul Loeb)

Jérusalem et Washington ont tenté de s’entendre sur les détails de l’accord d’aide militaire avant que l’accord actuel de 3 milliards de dollars annuel n’expire en 2018.

La Maison Blanche aurait voulu conclure l’accord avant qu’Obama ne quitte le Bureau ovale dans 11 mois, mais Netanyahu a signifié qu’il considérait attendre un meilleur accord avec le prochain président, qui sera élu en novembre prochain et prendra ses fonctions en janvier 2017.

« Il y a une chance [qu’Obama et Netanyahu se rencontrent] », a déclaré jeudi soir l’ambassadeur Dan Shapiro à la Deuxième chaîne. « Cependant, il y a toujours des problèmes d’emplois du temps. Nous verrons dans les prochaines semaines comment cela s’organise. »

Netanyahu devrait être aux Etats-Unis pour la conférence politique annuelle du lobby pro-israélien AIPAC entre le 20 et le 22 mars prochain.

L'ambassadeur américain en Israël Dan Shapiro (Crédit : Flash90)

L’ambassadeur américain en Israël Dan Shapiro (Crédit : Flash90)

Shapiro a déclaré qu’il était « optimiste » vis-à-vis de l’accord.

« C’est un effort compliqué qui prend en compte les besoins de sécurité d’Israël et les limitations budgétaires des Etats-Unis », a-t-il déclaré en hébreu.

Il a également déclaré que les Etats-Unis et Israël avaient une « excellente opportunité » de signer l’accord d’aide militaire. Il répondait à une question sur la demande des Etats-Unis à Netanyahu de signer l’accord avant le départ d’Obama en janvier 2017.

Dimanche, Netanyahu a déclaré à ses ministres pendant la réunion hebdomadaire du cabinet que « peut-être n’arriverons-nous pas à atteindre un accord avec cette administration et devrons-nous en atteindre un avec la prochaine administration ».

En réponse, un officiel américain anonyme avait prévenu que la situation financière des Etats-Unis ne s’améliorerait probablement pas dans les deux prochaines années.

« Israël ne trouvera certainement pas un président plus engagé envers la sécurité d’Israël que le président Obama », a déclaré ce fonctionnaire au quotidien Haaretz.

Netanyahu souhaiterait que l’aide annuelle du protocole d’entente passe de 3 à 4 milliards de dollars par an, en supplément de centaines de millions de dollars d’aide du Congrès, a déclaré un fonctionnaire israélien à Reuters. Une source du Congrès a déclaré à l’agence que les Etats-Unis proposaient 3,7 milliards de dollars par an.

En novembre, quand les deux parties s’étaient rencontrées pour négocier un nouvel accord d’aide de 10 ans, des sources du Congrès américain avaient déclaré à Reuters qu’Israël demanderait 5 milliards de dollars par an, à partir de 2017. Les sources avaient à l’époque estimé que la Maison Blanche et Israël s’accorderaient finalement sur une somme entre 4 et 5 milliards de dollars (par an).

La semaine dernière, une délégation américaine menée par Yael Lampert, la responsable d’Israël au conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, s’était rendue à Jérusalem pour une troisième série de négociations.

Des discussions à plus haut niveau entre les deux pays avaient commencé quand le ministre israélien de la Défense Moshe Yaalon avait rencontré son homologue américain Ashton Carter début janvier.