Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a prédit lundi des « années difficiles » pour l’armée, à l’occasion de la prise de fonctions du nouveau chef d’état-major Gadi Eisenkot.

« Les quatre prochaines années seront encore plus difficiles que les quatre années qui viennent de s’écouler (alors que le général Benny Gantz était chef d’état-major) », a dit Netanyahu, lors de la cérémonie d’investiture du général Eisenkot.

« Le Moyen-Orient s’écroule, les Etats se délitent, et dans ce vacuum prospère un empire, l’Iran, qui aspire à se doter de l’arme nucléaire (…) », a déclaré Netanyahu, citant aussi « les forces de l’islam extrémiste qui s’infiltrent dans toutes les fissures du Moyen-Orient ».

Gadi Eisenkot, le 21e chef d’état-major était jusqu’ici l’adjoint de Benny Gantz.

Agé de 54 ans, il a débuté sa carrière dans l’infanterie avant de devenir le secrétaire militaire du Premier ministre et ministre de la Défense Ehud Barak de 1999 à 2001. Durant cette période, il a participé à des négociations avec la Syrie, selon des médias israéliens.

Il a ensuite été commandant de la Cisjordanie puis de la région nord de 2006 à 2011. A cette époque, il avait écrit une « lettre personnelle » au Premier ministre Benjamin Netanyahu pour l’enjoindre de ne pas lancer d’attaque contre l’Iran, qu’Israël accuse de vouloir se doter de l’arme nucléaire.

Le général Eisenkot disait alors redouter la perspective d’une longue guerre contre la République islamique et le Hezbollah libanais ainsi qu’une détérioration des relations avec les Etats-Unis, grand allié d’Israël.

Mais le général Eisenkot est également connu comme le premier responsable militaire à avoir publiquement défendu la doctrine de dissuasion dite de « Dahiya », du nom du quartier chiite de Beyrouth, bastion du Hezbollah systématiquement pilonné par l’aviation israélienne durant la guerre de l’été 2006.

Peu après cette guerre, le général avait prévenu que ce qui « s’est passé à Dahiya arrivera dans chaque village à partir duquel on tirera vers Israël ».

« Nous allons réagir de façon disproportionnée et provoquer d’importants dégâts. De notre point de vue, il n’y a pas de villages civils, ce sont des bases militaires », avait affirmé le général Eisenkot.

En 2006, l’armée israélienne avait diffusé des tracts appelant la population civile à évacuer Dahiya. La même tactique a été utilisée lors des opérations menées l’été dernier dans la bande de Gaza.