Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est entretenu mardi avec le président russe Vladimir Poutine au téléphone au sujet de l’accord de cessez-le-feu dans la guerre civile et de la présence iranienne à proximité des frontières d’Israël avec le pays déchiré par la guerre, a précisé le Bureau du Premier ministre.

La conversation était la dernière en date dans une série de contacts de haut niveau entre Israël et la Russie, au milieu de tensions entre les pays concernant la permission accordée à l’Iran et aux milices chiites soutenues par Téhéran de maintenir un bastion en Syrie et de la frontière israélienne.

« La conversation a duré environ une demi-heure ; on a abordé la question syrienne et la tentative de l’Iran de s’implanter en Syrie, a précisé le bureau de Netanyahu dans un communiqué. Netanyahu a insité sur la sécurité israélienne et a réitéré son opposition à l’implantation de l’Iran en Syrie ».

La conversation est intervenue un jour après que l’ambassadeur de Moscou en Israël a déclaré que la présence militaire en Syrie s’inscrivait seulement dans « la guerre contre le terrorisme ».

L’ambassadeur russe en Israël, Alexander Petrovich Shin, à la résidence présidentielle à Jérusalem. le 9 novembre 2015. (Crédit : Isaac Harari/Flash90)

« La Russie respecte les préoccupations israéliennes en matière de sécurité nationale », a écrit Alexander Shin dans un message publié sur sa page Facebook.

Plus tôt mardi, le Kremlin a communiqué que Poutine avait rencontré le président syrien Bachar el-Assad la veille dans la station balnéaire russe de Sotchi dans la mer Noire.

La rencontre à Sotchi, qui a duré trois heures, précédait un sommet entre les présidents de l’Iran, de la Russie et de la Turquie prévu mercredi pour le même événement. L’Iran et de la Russie ont été les principaux soutiens de la guerre civile alors que la Turquie soutient l’opposition.

Bashar el Assad et Vladimir Poutine, le 20 novembre 2017 (Crédit : capture d’écran télévision d’état russe

Poutine et Netanyahu se sont rencontrés en face à face pour la dernière fois en août, même s’ils auraient parlé au téléphone à plusieurs reprises depuis lors.

Le 17 octobre, Netanyahu a rencontré le ministre russe de la Défense Sergei Shoigu à Jérusalem, où les deux hommes ont discuté de la tentative de la République islamique de s’établir militairement en Syrie.

« L’Iran doit comprendre qu’Israël ne permettra pas cela », a déclaré Netanyahu à Shoigu, selon son bureau.

Selon un officiel israélien anonyme, avec l’accord de cessez-le-feu syrien, les milices associées à l’Iran pourraient garder leurs positions à une distance très proche (5 km) de la frontière dans ceraines zones, a annoncé Reuters la semaine dernière.

La semaine dernière, le ministre israélien de la Défense Avidgor Liberman a dit qu’Israël ne tolérera pas la présence de l’Iran en Syrie dans le cadre de l’accord américano-russe, tout particulièrement à proximité de la frontière israélienne.

« Nous ne permettrons tout simplement pas l’implantation chiite et iranienne en Syrie. Et nous ne permettrons pas à l’ensemble de la Syrie de devenir une base avancée contre l’Etat d’Israël. Quiconque ne comprenant pas cela – devrait le comprendre », a dit Liberman.

Benjamin Netanyahu (d) et Sergueï Choïgou, le 17 octobre 2017 à Jérusalem (Crédit : Haim Zach/GPO)

La veille, le ministre des Affaires étrangères Sergeï Lavrov a déclaré aux journalistes que les conditions du cessez-le-feu n’incluaient pas un engagement russe pour s’assurer que les milices liées à l’Iran se retireraient de Syrie.

L’Armée de l’Air israélienne a mené de nombreuses frappes aériennes en Syrie contre de convois d’armement à destination du groupe terroriste du Hezbollah soutenu par l’Iran, même si elle revendique rarement des raids individuels.

Le Hezbollah a envoyé des milliers de ses combattants pour aider les forces d’Assad à réprimer l’insurrection, qui dure depuis 6 ans.

Plus tôt ce mois, la BBC, citant un responsable occidental de la sécurité, a annoncé que l’Iran installait une base permanente sur un site utilisé par l’armée syrienne à proximité d’el-Kiswah, à 14 kilomètres au sud de Damas, et à 50 kilomètres de la frontière israélienne.

Avigdor Liberman, à gauche, avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, à Moscou, le 26 janvier 2015. (Crédit : Vasily Maximov/AFP)