Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a appelé jeudi matin les Etats-Unis à apposer leur veto à une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qui demande un arrêt immédiat des constructions dans les implantations israéliennes.

« Les Etats-Unis doivent apposer leur veto à une résolution anti-Israël au Conseil de sécurité des Nations unies jeudi », a écrit Netanyahu sur Twitter.

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit voter jeudi sur un projet de résolution proposé par l’Egypte, qui déclare que toutes les implantations existantes n’ont « pas de validité légale » et sont « une violation flagrante » du droit international, et demande qu’ « Israël cesse immédiatement et complètement toute activité de colonisation en territoire palestinien occupé, dont Jérusalem Est. »

Mettre fin aux implantations est « essentiel pour sauver la solution à deux Etats », affirme le projet de résolution, qui appelle à prendre des mesures « immédiatement pour renverser la tendance négative sur le terrain ».

Selon le projet de résolution égyptien, les implantations « mettent gravement en péril la viabilité de la solution à deux Etats », qui ferait coexister Israël avec un Etat palestinien.

Une résolution similaire s’était heurtée au veto des Etats-Unis en 2011 et la probabilité que la proposition égyptienne aboutisse est incertaine.

Le Conseil de sécurité des Nations unies réuni à l'ONU, à New York, le 22 juillet 2014. (Crédit : Kena Betancur/Getty Images/AFP)

Le Conseil de sécurité des Nations unies réuni à l’ONU, à New York, le 22 juillet 2014. (Crédit : Kena Betancur/Getty Images/AFP)

Le texte demande aussi des « mesures immédiates » pour empêcher les actes de violence contre les civils, mais n’appelle pas explicitement les Palestiniens à arrêter l’incitation au terrorisme, comme le demande Israël.

Des diplomates des Nations unies spéculent depuis plusieurs semaines sur un possible changement d’orientation de l’administration du président sortant Barack Obama. Ils se demandent notamment si, à quelque jours du départ d’Obama de la Maison Blanche, les Etats-Unis pourraient ne pas mettre leur veto à un tel projet de résolution.

L’administration Obama exprime depuis longtemps sa frustration sur la politique d’implantation israélienne, mais certains responsables américains ont déclaré ces dernières semaines que le président se méfiait de la mise en place d’un changement de politique spectaculaire, comme une mesure contre Israël aux Nations unies, qui pourrait être annulée par la future administration Trump.

L’Egypte a présenté sa version mercredi soir, et un vote a été prévu à 15h00 (22h00 heure israélienne) jeudi.

Les Nations unies, tout comme les Etats-Unis et une grande partie de la communauté internationale, considèrent que les implantations sont illégales au regard du droit international et ont appelé à plusieurs reprises Israël à y mettre fin. Malgré cela, des responsables onusiens ont constaté une augmentation des constructions en territoires palestiniens ces derniers mois.

L’ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, Danny Danon, a qualifié le projet de résolution de « sommet d’absurdité et d’hypocrisie ».

Danny Danon, ambassadeur d'Israël auprès des Nations unies, devant le Conseil de sécurité, le 19 octobre 2016. (Crédit : Nations unies)

Danny Danon, ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, devant le Conseil de sécurité, le 19 octobre 2016. (Crédit : Nations unies)

« Une résolution comme celle-ci ne fera pas progresser le processus [de paix], mais ne servira que de récompense décernée par l’ONU à la politique palestinienne d’incitation [à la violence] et au terrorisme. »

« Il est étrange que, alors que des milliers de personnes sont massacrées en Syrie, le Conseil de sécurité passe son temps à censurer la seule démocratie du Moyen Orient. Ces derniers mois, nous avons travaillé avec les états membres du Conseil de sécurité et utilisé tous les moyens à notre disposition pour empêcher le vote de cette résolution », a déclaré Danon.

« Nous nous attendons à ce que notre plus grand allié ne permette pas que cette résolution partiale et anti-israélienne soit adoptée par le Conseil de sécurité », a déclaré le diplomate dans un communiqué.

Les implantations israéliennes sont considérées par une grande partie de la communauté internationale comme un frein majeur au processus de paix israélo-palestinien, les constructions étant effectuées sur des terres que les Palestiniens revendiquent pour former l’état auquel ils aspirent.

Netanyahu affirme qu’elles ne sont pas un obstacle à la paix, et que leur statut peut être résolu dans le cadre d’un accord de paix avec les Palestiniens, mais que ceux-ci doivent reconnaitre Israël comme Etat juif. Il affirme que c’est leur échec à agir ainsi qui est la racine du conflit israélo-palestinien.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry devant le Forum Saban à Washington, D.C., le 4 décembre 2016. (Crédit : Ralph Aswang, via JTA)

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry devant le Forum Saban à Washington, D.C., le 4 décembre 2016. (Crédit : Ralph Aswang, via JTA)

Au contraire, le secrétaire d’Etat américain sortant John Kerry a déclaré au début du mois que les implantations étaient un « obstacle » à la paix. Les implantations, a dit Kerry au Forum Saban, « ne sont pas la cause du conflit. Mais […] si vous avez beaucoup de personnes qui sont situées stratégiquement dans des avant-postes et des implantations dans une région pour qu’il ne puisse pas y avoir d’état palestinien continu, elles vont être un obstacle à la paix. »

Kerry a déclaré qu’il était certain que la construction dans les implantations n’avait pour objectif que de servir d’obstacle. « Je ne peux pas accepter l’idée qu’elles n’affectent pas le processus de paix, qu’elles ne sont pas un obstacle à la possibilité de faire la paix », a dit le chef de la diplomatie américaine.

A cette occasion, Kerry avait refusé de s’engager à apposer le veto américain à toute résolution des Nations unies visant à mettre en place un Etat palestinien, ne le promettant que « si c’est une résolution injuste et de parti-pris conçue pour délégitimer Israël. »