Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ne s’engagera pas à mettre en œuvre les réformes drastiques de Tsahal recommandées par la Commission Locker instituée par l’Etat, en expliquant lundi qu’il étudierait le rapport en même temps que les différentes recommandations présentées par l’armée et laissera le cabinet décider quelle proposition adoptée.

Le Rapport Locker, commandé par Netanyahu en 2014, appelle à des coupes budgétaires du plan de dépenses de l’armée, une forte réduction de la durée du service obligatoire et un budget fixe de cinq ans pour l’armée israélienne pour planifier de futurs conflits. Il a été rendu public mardi dernier, déclenchant une salve de critiques et la colère des hauts gradés de l’armée.

Le rapport propose également des réductions du fameux régime des retraites généreux du ministère de la Défense et la réduction de la durée du service militaire pour les soldats non-combattant de trois à deux ans d’ici 2020.

L’armée a produit son propre plan de réorganisation, qui appelle à des réductions modérées et laisse le régime de retraite en place.

« [Le chef de la Commission] Yohanan Locker a fait un excellent travail, mais l’armée israélienne a également fait un travail important », a déclaré Netanyahu.

« Je vais étudier le rapport Locker et le plan pluriannuel de Tsahal pour voir celui qui est le plus optimal. Nous allons le présenter à un vote du cabinet ».

Le Rapport Locker a également recommandé un budget annuel fixe de milliards de 59 milliards de shekels sur les cinq prochaines années – le budget de la défense augmente traditionnellement de plusieurs milliards de shekels chaque année, avec des ajouts supplémentaires allant bien au-delà du budget officiel – et a appelé à une surveillance plus étroite de la main-d’œuvre la branche armée, selon les médias.

Le rapport, qui a été présenté à Netanyahu il y a trois semaines, a suscité une réaction furieuse des responsables militaires, qui préviennent que la mise en œuvre de ses recommandations nuirait aux capacités de l’armée israélienne et dissuaderait des individus talentueux et prometteurs d’avoir une carrière dans le service.

Un fonctionnaire anonyme a affirmé que le rapport était « une balle entre les yeux de l’armée israélienne » et un plan « adapté pour la Suisse » pas pour Israël.

L’armée avait un jour plus tôt mis en avant son propre plan de réorganisation.

Appelé le plan « Gidéon », il laisserait les pensions des fonctionnaires de carrière inchangées, avec certaines réformes ; des réductions du personnel de réserve de l’armée ; une réduction de 6 % du personnel du quartier général qui concernerait tous les services ; la relégation de certains emplois vers le secteur civil ; et plusieurs réformes structurelles dans les unités de combat.