Le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’a aucune intention d’approuver le déploiement de l’OTAN, ni celui d’aucune autre force armée pour remplacer l’armée israélienne dans la vallée du Jourdain, dans le cadre d’un accord de paix permanent avec les Palestiniens, ont annoncé des responsables israéliens, samedi soir.

Selon la chaîne télévisée israélienne Channel 2, ces responsables affirment que Benjamin Netanyahu a insisté sur le fait que « seule l’armée israélienne » peut apporter la sécurité dans la vallée du Jourdain pour Israël ou autre part ailleurs en Cisjordanie, si cela s’avère être nécessaire.

Ces affirmations ont été faites quelques heures après que le secrétaire d’État américain John Kerry ait confié au Washington Post que la question du déploiement d’une force terrestre neutre en Palestine ou autour de la zone était « quelque chose dont les deux parties [devaient] discuter. »

John Kerry, reconnaît que « Netanyahu s’est montré clair sur le fait qu’il ne [voulait] pas de l’OTAN [dans la vallée du Jourdain]. »

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a, en revanche, annoncé qu’il était d’accord pour remplacer l’armée israélienne par des forces de l’OTAN et assurer ainsi les besoins en sécurité d’Israël.

Aussi, un retrait des troupes israéliennes de la vallée du Jourdain et celles postées ailleurs pourraient s’étaler sur cinq ans si un accord était conclu.

Israël craint que les frontières poreuses séparant la Jordanie et un futur Etat palestinien ne laissent place à un transfert d’armes et de terroristes qui menaceraient Israël.

L’ancien Premier ministre Ehud Olmert, a déclaré vendredi qu’il aurait retiré l’armée israélienne de la vallée du Jourdain dans le cadre d’un accord de paix qu’il négociait avec Mahmoud Abbas pendant son mandat.

« Il y avait un modèle pour une solution, » a-t-il dit lors d’une interview à Channel 2, qui avait été accepté par Israël : les Palestiniens et la Jordanie, sans présence israélienne dans la vallée du Jourdain, mais avec des mesures d’urgence pour un déploiement de forces israéliennes en cas de nécessité.

M. Olmert s’est plaint, lors de l’interview, qu’il ne savait toujours pas pourquoi Mahmoud Abbas n’avait pas accepté son offre en 2008.

John Kerry cherche à finaliser un accord-cadre selon lequel Israël et les Palestiniens continueraient les pourparlers de paix au-delà de la limite des neuf mois qu’il s’était donné.

Il a confirmé au Washington Post que Benjamin Netanyahu et Mahmoud Abbas auraient la possibilité d’ « exprimer leurs réserves » quant aux conditions de l’accord-cadre. Ce serait en effet pour eux « leur seul moyen d’être capables politiquement de faire avancer les négociations. »

M. Kerry veut faire accepter son accord-cadre avant la fin du mois, couvrant toutes les questions essentielles des négociations.

Benjamin Netanyahu doit assister à la conférence annuelle du lobby américain pro-Israëlien AIPAC à Washington et rencontrera probablement le président américain, Barack Obama, à la Maison Blanche, comme cela a été le cas, les années précédentes.