Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a critiqué vendredi la liste travailliste-Hatnua – connue sous le nom du camp sioniste.

Il les accuse d’être « antisionistes » et de représenter la « gauche radicale » et a affirmé que son parti, le likud, ne siègerait pas dans une coalition aux côtés de ce parti.

Dans une déclaration différente publiée sur sa page Facebook, Netanayhu a aussi critiqué la politique étrangère du parti qu’il trouve trop conciliant envers les Palestiniens.

« Le parti travailliste a choisi une liste radicale de gauche et antisioniste », affirme Netanyahu pour caractériser la liste. Le Premier ministre poursuit en expliquant qu’il y existe « un énorme gouffre » entre son parti, le Likud, et la liste du camp sioniste.

« Nous ne joindrons pas nos forces au sein d’une coalition avec des personnes qui affirment : ‘les femmes israéliennes n’ont pas besoin d’envoyer leur enfant à l’armée’ et que la ‘Haktiva est une chanson raciste’ ». Netanyahu fait ici référence à des commentaires faits par les députées Merav Michaeli et Stav Shaffir, toutes deux issues du camp sioniste.

Sur sa page Facebook, Netanyahu s’est attaqué au parti qui se plie aux exigences de la communauté internationale.

« Il est facile de recevoir les éloges de la communauté internationale. Tout ce que vous avez à faire est de céder à la pression internationale et d’accepter d’établir un deuxième Hamastan près de Tel Aviv et Jérusalem, comme Tzipi [Livni] et [Isaac] Boujie [Herzog] veulent faire », ajoute-t-il en référence à un possible retrait de Cisjordanie qui permettrait d’ouvrir la voie à un Etat palestinien.

« Ce n’est pas ma voie », poursuit-il, et ajoute qu’il « protègera la sécurité d’Israël et ses intérêts nationaux » en tant que Premier ministre.

Plus tôt dans la journée, Tzipi Livni, la numéro 2 du camp sioniste, a sous-entendu que la liste travailliste-Hatnuah n’accepterait pas de former un gouvernement d’unité avec le parti du Premier ministre, Benjamin Netanyahu.

Lors d’une interview accordée à la radio de l’armée, l’ancienne ministre de la Justice s’est emportée contre Netanyahu et le dirigeant de HaBayit HaYehudi, Naftali Bennett. Elle en a aussi profité pour répondre aux critiques qui soulignent qu’il manque dans la liste de son parti une personne issue du milieu la sécurité, qui agit comme caution.

« L’unité n’est pas une question technique où l’on distribue des portefeuilles, elle doit tourner autour d’une approche [unifiée] », a-t-telle analysé.

« Les voies de Netanyahu et de Bennett sont un chemin qui mènera au déclin de l’Etat d’Israël dans tous ses aspects. Il est important de comprendre qui et quels blocs participent à ces élections – il y a le bloc de la droite radicale, qui inclut le Likud et Bennett, dont la voie est claire. Leur voie n’est pas notre voie ».

A ce jour, le président du parti, Herzog, et Livni n’ont jamais publiquement écarté la possibilité qu’ils puissent former une coalition avec le Likud.

Livni a fait ses remarques au moment même où trois sondages indiquent que le camp sioniste pourrait faire un meilleur score que le Likud lors des élections législatives en mars, même si la différence entre les deux partis n’est que minime.

Un sondage de Maariv publié vendredi révèle que le parti de centre-gauche pourrait obtenir trois sièges de plus que le Likud (25 et 22 respectivement).

Un sondage de la Dixième chaîne accorde 24 sièges à la liste travailliste-Hatnua et 20 au Likud alors qu’un sondage de la Deuxième chaîne indique que le camp sioniste aurait 25 sièges et le Likud 23.

Lors de l’interview de vendredi, Livni a aussi répondu aux rumeurs selon lesquelles, un candidat avec un passé militaire – probablement un homme – serait placé à la onzième place de la liste, en affirmant qu’une candidate peut-être tout aussi qualifiée pour gérer les questions sécuritaires.

Sept des 25 premières places de la liste du parti ont été accordées à des femmes.

« Etant une personne qui a siégé pendant près de 10 ans au cabinet de sécurité, qui a été l’une des trois personnes les plus importantes du pays à avoir pris des décisions – au sujet des guerres, des opérations, même les opérations secrètes – je continuerai à lutter contre l’idée que les femmes ne peuvent pas apporter de solutions sécuritaires : elles le peuvent – et savent comment », argue Livni.